6 questions à Thierry Aucoc, v.-p. Europe et Amériques chez Emirates

Dans le cadre du lancement de l’A350 d’Emirates à Montréal, nous avons échangé avec Thierry Aucoc, vice-président principal, opérations commerciales, Europe et Amériques chez Emirates.


Hier, Montréal est officiellement devenue la première ville à accueillir l’A350 d’Emirates, parmi les 19 destinations desservies par le transporteur dans les Amériques.

Cet appareil de dernière génération propose un aménagement de cabine moderne avec des plafonds plus hauts et des allées plus larges, créant un environnement spacieux et aéré. Il remplace le Boeing 777 sur cette desserte et il assure une liaison quotidienne au départ et à l’arrivée de Montréal.

Pour en savoir plus à ce sujet, nous avons rencontré Thierry Aucoc, vice-président principal, opérations commerciales, Europe et Amériques chez Emirates, qui a bien voulu répondre à quelques questions.


Profession Voyages : Est-ce que votre A350 diffère beaucoup des autres appareils que vous utilisez dans votre flotte?

Thierry Aucoc : Quand ils mettent en service un nouvel appareil, la plupart des transporteurs reprennent simplement la configuration de leurs autres appareils et ils la plaquent sur leurs nouveaux avions. Pas nous.

Par exemple, quand nous avons commencé à utiliser l’Airbus A380, nous nous sommes dit que ce serait une belle occasion de faire les choses différemment : nouvel avion, nouvel esprit, changeons tout!

Nous avons donc aménagé de grandes salles de bain et des douches en première classe, inclus un petit bar à bord et des suites qui se ferment et configuré la classe affaires en 1-2-1, entre autres choses. Non seulement nous sommes arrivés avec un nouvel avion, mais nous y avons intégré un nouveau concept.

Dans le cas de l’A350, nous ne sommes évidemment pas les premiers à l’utiliser, mais nous nous sommes dit que nous allions faire quelque chose de spécial au niveau du look and feel, des couleurs, des détails, des écrans, des sièges « Mercedes » (ils font penser aux sièges de la classe S de Mercedes). Nous avons particulièrement mis l’accent sur notre classe Premium Economy, qui est presque une classe Affaires.

 

PV : En quoi l’A350 répond-il bien au marché québécois?

TA : Montréal est la première et l’unique destination – pour l’instant – de notre A350 sur les Amériques. Notre flotte en compte déjà 16 exemplaires, et nous en attendons 27 autres d’ici la fin de l’année.

C’est un avion long-courrier très efficace, avec une consommation de carburant bien inférieure à celle des avions d’anciennes générations, y compris les 777. Il jouit d’une très grande autonomie, il est silencieux et correspond à nos besoins pour des vols de 12-13 h (comme Montréal-Dubai). En outre, sa taille et sa capacité correspondent à notre volume d’affaires à Montréal, où nous offrons un vol par jour, uniquement avec des A350.

Nous préférons utiliser un même appareil sur une même destination pour maintenir l’unicité et la cohérence de notre service : si quelqu’un vole en Premium Economy sur l’A350 à l’aller, nous voulons qu’il puisse bénéficier du même niveau d’expérience au retour.

 

PV : Jusqu’à quel point le marché québécois peut-il contribuer à augmenter l’achalandage à Dubaï?

TA : À l’heure actuelle, Dubaï est la quatrième ville la plus visitée au monde. C’est une destination fascinante où j’habite depuis 13 ans, qui continue de pousser comme un champignon et qui suscite toujours plus la curiosité, y compris au Québec. Il faut aussi savoir qu’un tiers des passagers qui atterrissent à Dubaï sont en transit pour une autre destination.

Déjà, l’aéroport de Dubaï accueille près de 100 millions de passagers par année, et quand le nouvel aéroport sera inauguré en 2032 ou 2033, on s’attend à accueillir ultimement 250 millions de passagers annuellement; tous les marchés contribueront donc à cet achalandage.

Par ailleurs, nous ne voulons pas uniquement faire voyager les Québécois vers Dubaï, nous voulons aussi que les touristes étrangers viennent à Montréal. Pour plusieurs, c’est une ville attirante qui, avec la ville de Québec, intrigue de plus en plus de voyageurs provenant de marchés que nous desservons. La destination est intéressante toute l’année, la population est très sympathique, on y mange très bien… autant de facteurs qui attirent.

 

PV : Présentement, vous desservez deux villes au Canada, Montréal et Toronto. Avez-vous des projets d’expansion au pays, surtout avec votre futur aéroport?

TA : Le Canada est un pays immense, avec des populations assez concentrées dans l’est et l’ouest. Nous ne sommes pas fermés à l’idée de nous étendre vers l’ouest, mais pour ce faire, il nous faut agrandir notre flotte.

Or, nous sommes limités dans notre capacité par le nombre d’appareils qui sont à notre disposition. Ainsi, nous attendons toujours la livraison de nos Boeing 777X, dont les premiers exemplaires auraient dû entrer en opération dès 2021.

 

PV : Est-ce que les voyageurs qui transitent par Dubaï profitent beaucoup de votre programme d’escale?

TA : En effet, ils utilisent de plus en plus Dubai Experience, qui permet de bénéficier d’une escale sans frais à Dubaï jusqu’à 48 h, et de profiter d’une centaine d’expériences sur place, de forfaits et de spéciaux à bas prix, et de nuitées à l’hôtel à des prix qui défient toute concurrence

Nous incitons d’ailleurs les conseillers en voyages à parler à leurs clients de cette option et de leur vendre, car c’est tout à leur avantage. Si les conseillers font des propositions intéressantes à leurs clients, ceux-ci vont les remercier et ils leur demeureront fidèles. En plus, ce programme leur permet de vendre plus facilement un siège sur Emirates puisqu’il leur offre un avantage non négligeable par rapport à d’autres transporteurs aériens.

 

PV : Avez-vous d’autres conseils à donner aux agents de voyages pour mieux vendre Emirates?

TA : Je leur suggère de parler à leurs clients de la qualité de notre compagnie aérienne et de notre service. Nous faisons de grands efforts pour former notre personnel, qui compte d’ailleurs beaucoup de Canadiens : 180 agents de bord – y compris des francophones – et 120 pilotes viennent d’ici.

Nous investissons aussi énormément pour rénover nos appareils – 5 milliards $ en tout! –, offrir des repas et des vins exceptionnels et, globalement, proposer une expérience en vol hors pair. Même si celle-ci a un prix, nous nous positionnons comme une compagnie aérienne haut de gamme, et c’est ce marché qui nous intéresse.

Je considère que nous possédons le brand le plus fort de toute l’industrie aérienne, et que les passagers qui volent avec nous se rappellent de leur expérience, sont fiers de l’avoir vécue et qu’ils veulent en parler aux autres à la moindre occasion.

Tout ça est très bon pour les conseillers en voyages, qui se retrouvent avec beaucoup de valeur ajoutée à vendre à leurs clients, et ils en sortent grandis à tout coup. Nous travaillons d’ailleurs beaucoup avec les conseillers et les agences, qui écoulent près des deux tiers de notre inventaire. Et nous tenons à ce que ça demeure comme ça.

Info : emirates.com