Des salons d’aéroport aux nuits en plein ciel en passant par de fins petits plats, la classe affaires de Turkish Airlines offre une expérience hors pair. Nous l’avons essayée, quatre fois plutôt qu’une, en janvier dernier.
Passer de Montréal à Johannesburg en avion n’est pas une mince affaire : en tout, on frise la vingtaine d’heures de vol, en plus du temps de transit, si on passe par Istanbul.
Heureusement, il y a moyen de se faciliter la vie et de ne (presque) pas voir le temps passer : voyager à bord de la classe affaires de Turkish Airlines, plusieurs fois primée.

Outre, il va sans dire, les détenteurs d’un billet en classe affaires, cet espace privilégié est aussi accessible à d’autres catégories de passagers, qu’ils se voient surclassés, qu’ils utilisent des points Miles & Smiles de Turkish Airlines ou qu’ils se prévalent de leur statut particulier de Star Alliance.

Un accès privilégié à Istanbul
De Montréal, l’expérience commence au salon d’affaires Feuille d’érable d’Air Canada (ou celui d’Air France, si on se bouscule dans le premier). Mais à Istanbul, quand on prend part au Stopover program de Turkish Airlines et qu’on revient à l’immense aéroport pour son deuxième segment de vol, l’expérience prend une autre dimension.

Dès qu’on débarque du taxi, la porte 5 de l’aéroport est entièrement réservée aux passagers en classe Affaires, dès l’extérieur. Une entrée en matière qui en dit long sur l’importance que le transporteur accorde à cette catégorie.

Après un premier contrôle préalable, les passagers admissibles sont dirigés au fond de l’aérogare, où une vaste aire d’enregistrement attitrée a été aménagée sous forme de salon : fauteuils, canapés, tables et plantes créent un environnement inédit devant les comptoirs, où on laisse ses bagages – jusqu’à 32 kg en classe affaires.

Passez donc au salon!
Ensuite, qu’on ait franchi (rapidement) les contrôles de sécurité ou qu’on soit en transit, on a accès à un immense salon d’affaires. Situé devant la porte E1, sur une mezzanine dominant en hauteur l’une des grandes ailes de l’aéroport, il impressionne dès l’arrivée par son écran géant et son splendide cadre design, chic et aéré.

Près de l’entrée, plusieurs casiers de rangement permettent de se délester d’un bagage encombrant alors que juste à côté, une dizaine de chambrettes sont disponibles pour ceux qui voudraient piquer un somme entre deux vols, après avoir pris une douche (ou pas), également disponible sur place.

De l’autre côté du salon, on a droit à une succession d’aires de repos, de travail et de restauration. Un espace consacré aux nouvelles du monde présente douze écrans télé qu’on peut syntoniser en portant des écouteurs.

D’autres passagers préféreront laisser leur veston froissé au service de repassage ou abandonner leur dos au masseur qui se promène dans les allées à la recherche de muscles endoloris.

Bonne chère à profusion
Côté gastronomie, on a l’embarras du choix : comptoir à pizzas turques, cuisines ouvertes avec mets cuisinés selon l’inspiration du moment, et un exceptionnel bar à salades qui semblent avoir été concoctées dans les cuisines des sultans.

Çà et là, des frigos et des chariots en libre-service proposent boissons alcoolisées ou non, tandis que des comptoirs offrent une variété de jus savoureux (citron menthe, grenade-framboise, etc.), de thés exquis (il faut se laisser tenter par le rooibos-menthe-lavande-jus de datte) et de décadentes pâtisseries – une fois qu’on y a goûté, on peine à s’empêcher de s’en empiffrer.

Embarquement immédiat
Une fois à bord, l’expérience se poursuit sur une même note, que ce soit entre Montréal et Istanbul ou vers Johannesburg.

Sur les quatre vols essayés, la classe affaires des Airbus A350-900 est aménagée en 1-2-1, ce qui permet à ses 32 passagers d’avoir un accès direct au couloir. Même les sièges centraux, qui sont collés l’un contre l’autre, sont configurés de façon telle que les deux passagers sont bien séparés et bénéficient de beaucoup d’intimité.

En vol, le Wi-Fi à bord est assez bon et régulier pour envoyer des courriels ou surfer sur les réseaux sociaux, mais pas toujours pour passer un appel – et c’est bien tant mieux, car personne n’a envie de côtoyer quelqu’un qui gère ses affaires à haute voix à 10 000 mètres d’altitude, ou d’entendre son interlocuteur sur le haut-parleur.

Sous l’écran 4K de 18 pouces, où on présente une grande variété de films et de séries, le siège-lit de 193 cm se glisse d’une simple commande du doigt après s’être aplati à 180 degrés.
Avant qu’ils s’endorment, les passagers ont cependant droit à un succulent repas servi avec beaucoup de décorum et d’apparat – même si on peut choisir l’heure du repas, suivant le temps qu’il reste avant l’atterrissage.

À table…
D’abord, le Flying Chef en résidence, coiffé de son authentique toque, passe remettre les menus puis revient vite prendre les commandes.

Après quelques délicieux petits amuse-gueules turcs, le toqué des airs repasse avec son chariot où trône une soupière et de succulents mezzés et, en prime, un petit lanternon pour créer un peu d’ambiance – l’un de ces petits détails qui font la différence.

Vient ensuite le plat de résistance; en quatre vols, tous les choix étaient appétissants : filet de bœuf dans son jus de romarin, pavé de saumon et mousseline de céleri-rave, poulet grillé au citron, tagliatelles à la burrata, filet d’abadèche du Cap (un poisson sud-africain) et ses épinards sautés, linguine sauce au homard, kuru fasulye (un plat de haricots sauce tomate turc)… Avant de passer au p’tit déj’, avant l’atterrissage.

Pas surprenant que Turkish Airlines ait remporté la première place au monde dans la catégorie « meilleure restauration en classe affaires », en plus de celui de « meilleure classe affaires d’Europe », aux Skytrax Awards 2025.
… et au lit!
Si la cuisine aérienne de Turkish Airlines couvre autant des classiques turcs que des plats internationaux, conçus pour bien se prêter aux conditions en altitude, les portions sont si généreuses qu’il faut savoir se contrôler pour ne pas alourdir son estomac et nuire au sommeil réparateur qui approche.
Quand arrive ce moment, un agent de bord vient faire le lit du passager en ajoutant un drap-contour matelassé, avant de le recouvrir d’un édredon juste assez lourd pour être enveloppant, et de coiffer le tout d’un oreiller (vraiment) moelleux.

Une fois la lumière tamisée et la luminosité baissée, la vaisselle ramassée, les plateaux repliés et les dents brossées, l’appel du sommeil se fait bientôt sentir. Difficile, dans de telles conditions et avec un bon masque fourni avec le nécessaire de toilette Lanvin, de ne pas rapidement sombrer dans les bras de Morphée.
N’est-ce pas là la première chose qu’on recherche, par-dessus tout, en s’offrant la classe affaires?
