Les transporteurs encouragent à réserver tôt avant que les tarifs s’envolent

Dans le cadre du sommet A4E, les transporteurs européens se sont joints aux autres compagnies aériennes pour avertir les voyageurs d’une hausse des tarifs aériens imminente.


Les dirigeants des plus grandes compagnies aériennes européennes sont présentement réunies au sommet Airlines for Europe (A4E), à Bruxelles, et le coût du carburant d’aviation ainsi que son impact sur les tarifs aériens ont largement dominé les échanges, les discours et les panels.

Michael O’Leary, directeur général de Ryanair, a déclaré que « si le détroit d’Ormuz reste fermé, les prix du pétrole resteront élevés et je pense que cela se traduira inévitablement par des tarifs plus élevés ».

Pas de pénurie en vue mais…

« Je ne prévois cependant pas de problèmes d’approvisionnement en carburant aviation ni d’annulations de vols, de poursuivre le coloré PDG. Il est très difficile d’imaginer les États-Unis et Israël maintenir ce niveau d’attrition au-delà de cinq ou six semaines. »

Le PDG de Deutsche Lufthansa AG, Carsten Spohr, a pour sa part souligné que les compagnies aériennes auront du mal à absorber les coûts supplémentaires du carburant sans mesures d’atténuation. « Le bénéfice moyen dans mon entreprise est d’environ 10 euros par passager », a-t-il dit.

Également au sommet A4E, le directeur général de IATA, Willie Walsh, a déclaré qu’il n’y a « aucun gagnant » dans la situation actuelle. « Tout le monde va en ressentir l’impact, dit-il. Il y a du carburant aviation produit au Moyen-Orient qui est envoyé en Amérique du Nord, du carburant qui part en Asie. »

Bientôt moins de capacité?

Willie Walsh a aussi indiqué que même si la demande de voyages aériens reste forte, le conflit en cours et les coûts du carburant pourraient, à terme, pousser les transporteurs à réduire leur capacité.

Les principales compagnies états-uniennes affirment ne pas s’attendre à une baisse notable de leurs bénéfices trimestriels, malgré l’envolée des prix du carburant d’aviation liée à la guerre au Moyen-Orient, qui leur ajoute des centaines de millions de dollars en dépenses.

Les dirigeants de Delta Air Lines, American Airlines et United Airlines ont indiqué aux investisseurs plus tôt cette semaine que la vigueur des ventes de billets contribue à compenser ces coûts plus élevés, les trois transporteurs ayant enregistré des réservations record cette année.

Selon eux, les voyageurs achètent maintenant pour verrouiller des tarifs plus bas avant que les compagnies n’ajustent davantage leurs prix à l’approche de la haute saison estivale.

Tarifs en hausse

Air New Zealand, SAS et Qantas ont été parmi les premières à annoncer des hausses tarifaires.

Le porte-parole d’Air Canada, Peter Fitzpatrick, a pour sa part souligné que « toutes les compagnies aériennes sont soumises à la volatilité actuelle » et que le prix des réservations varie constamment, en partie en réaction à ces fluctuations. Air Canada a dépensé plus de 5,1 milliards de dollars en carburant en 2024, soit 24 % de ses coûts d’exploitation, son principal poste de dépense.

La porte-parole de WestJet, Julia Kaiser, a quant à elle déclaré que « la récente hausse marquée due à la situation en Iran a déjà rendu l’exploitation des vols plus coûteuse. Sur cette base, de nouveaux ajustements tarifaires seront probablement nécessaires ».

Air Transat a déjà commencé à appliquer des surtaxes carburant plus élevées pour ses vols vers l’Europe, alors que les prix du carburant aviation grimpent.

« Nous augmentons aussi actuellement les tarifs sur les dates de pointe et les routes où nous voyons moins de concurrence », a indiqué la PDG de Transat A.T., Annick Guérard, aux analystes lors d’une conférence téléphonique.

Avec des informations de La Presse Canadienne et The Associated Press.