La Chaire de tourisme Transat dévoile les comportements des Québécois en voyage

Ils ont manifestement le gène du voyage dans leur ADN, et ils continuent de vouloir voyager, que ce soit chez eux ou ailleurs. Compte-rendu de la dernière enquête annuelle de la Chaire.


Depuis 2020, la Chaire de tourisme Transat de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (ESG UQAM) mène une enquête annuelle afin de suivre l’évolution des habitudes de voyage des Québécois.

Les résultats de l’enquête Tendances et comportements des voyageurs québécois, effectuée en 2025 par le nouveau Cercle de la Chaire, qui est composé de 17 partenaires régionaux, sectoriels, provinciaux et fédéraux, viennent d’être dévoilés.

« Le processus est novateur : la Chaire a réussi à fédérer de nombreux partenaires de l’industrie, dont 11 régions du Québec, explique Marc-Antoine Vachon, professeur au Département de marketing et titulaire de la Chaire de tourisme Transat. Le Cercle est une opportunité provoquée par notre équipe pour décloisonner le travail des forces vives du tourisme québécois : tout le monde était à la table et se posait des questions sur leurs besoins. »

En plus de permettre de rassembler un grand échantillon de plus 3 000 répondants, cette collaboration apporte des réflexions qui ajoutent à la pertinence et au potentiel d’utilisation des résultats issus de cette étude, estime M. Vachon. « Ça nous permet de mieux anticiper les tendances du marché touristique. »

 

Des constats réjouissants

Codirigée par Marc-Antoine Vachon et Pascale Marceau, professeure au Département de marketing et membre de la Chaire, l’étude démontre que l’industrie du tourisme dans les régions québécoises est résiliente et en bonne santé : 77 % des personnes ayant fait un voyage au cours de la dernière année ont choisi le Québec pour l’un de leurs séjours, et 71 % ont déclaré vouloir retourner séjourner dans la région visitée.

Huit personnes sur dix recommanderaient à un proche de faire un voyage dans la région où ils ont séjourné, et 78 % des répondantes et répondants se disent plutôt ou tout à fait satisfaits de leur voyage principal au Québec.

 

L’amour du voyage dans l’ADN

Les Québécois aiment voyager et sont prêts à dépenser : la proportion de personnes considérant le voyage comme une dépense prioritaire a augmenté de 5 % au cours des quatre dernières années. Qui plus est, seuls 29 % ont l’intention de choisir des hébergements ou des restaurants plus abordables qu’à l’habitude – ce chiffre s’élevait à 41 % il y a deux ans.

« Les gens considèrent de plus en plus le voyage comme un investissement pour leur santé et leur bien-être, et non pas comme une dépense, remarque Marc-Antoine Vachon. Pas moins de 62 % des personnes sondées indiquent d’ailleurs qu’il contribue de façon importante à leur santé mentale. Les gens ont besoin de se faire du bien, et ils ne veulent pas sacrifier l’expérience au nom du portefeuille. »

L’étude montre également que l’industrie touristique québécoise ne doit pas s’asseoir sur ses lauriers : elle doit continuer à s’adapter aux besoins changeants des touristes de sa propre province.

 

Stabilité vers l’étranger

Les voyages internationaux demeurent globalement stables depuis trois ans (36 % en 2025), malgré la forte baisse observée pour les séjours aux États-Unis (-10 points en un an).

Un premier recul en quatre ans est cependant observé dans les voyages estivaux au Québec (71 % en 2025 contre 79 % en 2024). On note aussi une hausse marquée des voyages hors Québec l’été dernier (31 % contre 25 % en 2024).

Du côté de leurs habitude de voyage, toutes destinations confondues, les Québécois effectuent de 2 à 3 voyages par année (y compris au Québec) et ils apprécient particulièrement partir en couple, sans enfants (55 %), mais aussi en famille avec leur descendance (40 %). Le quart des Québécois (24 %) aiment également prendre des vacances ou voyager entre amis, contre 17 % en solo.

 

Le Canada au lieu des États-Unis?

On rapporte que 52 % de ceux qui avaient l’habitude de voyager aux États-Unis ont choisi de remplacer leur visite annuelle au sud de la frontière par un voyage ailleurs au Canada, surtout en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Selon l’étude, le Québec, à titre de deuxième choix, a de la compétition.

« L’ampleur des gens qui allaient régulièrement aux États-Unis et qui se cherchent maintenant des alternatives représente une nouvelle donnée, indique le titulaire de la Chaire. Et si, pour eux, le reste du Canada passe avant le Québec, il y a peut-être une réflexion à avoir pour trouver des façons de les attirer ici. »

Enfin, les habitudes de voyage continuent de se transformer depuis la pandémie de la COVID-19 : les séjours à l’extérieur du domicile s’étirent grâce au télétravail, et l’intelligence artificielle joue de plus en plus un rôle important dans la planification des déplacements et des activités.

Pour consulter le rapport dans son entièreté, c’est par ici.