L’OMS prend les choses très au sérieux et orchestre une intervention multipays tout en exhortant les gens à ne pas céder à la panique.
Mercredi matin, le MV Hondius, ce navire de croisière au centre d’une éclosion mortelle de hantavirus et qui est immobilisé au large du Cap-Vert avec près de 150 personnes à bord, attendait toujours de pouvoir mettre le cap sur les îles Canaries. L’OMS indique que les passagers sont en isolement dans leurs cabines.
Pendant ce temps, les autorités sanitaires d’Afrique du Sud et de Suisse ont identifié une souche du virus qui peut, dans de rares cas, se transmettre entre humains.
Trois passagers sont morts et plusieurs autres ont été infectés par le hantavirus à bord du MV Hondius, un navire battant pavillon néerlandais. Le hantavirus se propage habituellement par inhalation de déjections de rongeurs contaminées.
Le navire a quitté l’Argentine le 1er avril pour une croisière dans l’Atlantique, avec des escales prévues en Antarctique, aux îles Falkland et dans d’autres endroits. Cependant, l’itinéraire a été modifié en raison de la situation à bord.
Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que trois patients présentant des cas présumés de hantavirus ont été évacués du navire et sont en route vers les Pays-Bas.
Première confirmation du virus Andes
Les autorités sanitaires sud-africaines ont annoncé avoir identifié la souche Andes du hantavirus chez deux passagers qui se trouvaient à bord du navire, tandis que les autorités suisses ont indiqué avoir détecté la même souche chez leur patient.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, le virus Andes, une espèce particulière de hantavirus, est présent en Amérique du Sud, principalement en Argentine et au Chili.
Le virus Andes peut se transmettre entre personnes, mais ce phénomène reste rare. Lorsque cela survient, la propagation demeure généralement limitée, car elle nécessite un contact étroit, par exemple dormir dans le même lit ou partager de la nourriture, selon les experts.
Le ministère sud-africain de la Santé a indiqué que ses résultats proviennent de tests effectués chez les passagers après leur évacuation du navire et leur transfert en Afrique du Sud.
Un Suisse infecté
Un communiqué de l’Office fédéral de la santé publique suisse indique qu’un homme « est rentré en Suisse après avoir voyagé sur le navire de croisière sur lequel plusieurs cas de hantavirus ont été recensés ». Il a lui aussi été infecté par la souche Andes.
L’Office de la santé suisse avait d’abord déclaré que le patient hospitalisé à Zurich était « rentré d’un voyage en Amérique du Sud » avec son épouse à la fin avril, sans précision. Simon Ming, porte-parole de l’Office, a précisé par courriel que le patient est descendu du navire lors de son escale à Sainte-Hélène, dans l’océan Atlantique Sud.
On ne savait pas immédiatement quand cela s’est produit ni comment il avait ensuite regagné la Suisse. L’épouse du patient ne présente aucun symptôme, mais s’isole par précaution, a indiqué le communiqué.
L’Office de la santé publique a affirmé que « le public suisse ne court présentement aucun risque ».
Quatre Canadiens à bord
Hier, Oceanwide Expeditions, la compagnie qui exploite le MV Hondius, a publié la liste des nationalités des personnes à bord du navire. La compagnie a confirmé que quatre passagers canadiens en font partie.
Dans toute cette histoire, le premier passager infecté, un Néerlandais de 70 ans, est mort à bord du navire le 11 avril. Il présentait des symptômes de fièvre, maux de tête, douleurs abdominales et diarrhée, ont indiqué les responsables. Son corps a été débarqué près de deux semaines plus tard sur le territoire britannique de Sainte-Hélène, à quelque 1 900 kilomètres des côtes africaines, et il attendait son rapatriement.
Son épouse de 69 ans a été transférée en Afrique du Sud en même temps, mais s’est effondrée à l’aéroport de Johannesburg puis est morte à l’hôpital, a annoncé le ministère sud-africain de la Santé. Elle tentait alors de prendre un vol de retour vers les Pays-Bas à l’aéroport international de Johannesburg, l’un des plus fréquentés d’Afrique.
Le navire a ensuite mis le cap sur l’île de l’Ascension, un avant-poste isolé de l’Atlantique, à environ 1 300 kilomètres plus au nord, où un Britannique malade a été débarqué et évacué vers l’Afrique du Sud le 27 avril. Il a ensuite été testé positif au hantavirus.
Un risque faible de propagation
L’OMS dit travailler avec les exploitants du navire pour surveiller de près la santé des passagers et des membres d’équipage. « À ce stade, le risque global pour la santé publique demeure faible », indiquent ses porte-parole.
Selon le ministère de la Santé espagnol, le médecin du bord fait partie des patients. Le ministère a indiqué mercredi que ce dernier, qui devait initialement être transporté par avion vers les îles Canaries, est désormais évacué directement vers les Pays-Bas « après l’amélioration de son état de santé ».
Pas de panique!
Pour l’heure, l’OMS coordonne une réponse multipays avec toutes les îles et tous les pays concernés pour contenir toute propagation supplémentaire de la maladie.
Le hantavirus ne dispose d’aucun traitement spécifique ou remède, mais une prise en charge médicale précoce peut augmenter les chances de survie.
Les hantavirus provoquent deux syndromes graves, selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies : le syndrome pulmonaire à hantavirus, qui touche les poumons, et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, qui touche les reins.
« Bien que grave dans certains cas, il ne se transmet pas facilement entre personnes », a déclaré lundi le Dr Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe, dans un communiqué. « Le risque pour le grand public demeure faible. Il n’y a aucune raison de paniquer ni d’imposer des restrictions de voyage. »
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Légende de la photo principale : Vue du navire de croisière m/v Hondius ancré dans un port de Praia, au Cap-Vert, le 4 mai 2026 (AP Photo/Arilson Almeida)