Le virus avait retenu l’attention du public, l’an dernier, après la mort de Betsy Arakawa, l’épouse du défunt acteur Gene Hackman.
L’éclosion d’une maladie rare transmise par les rongeurs, à bord du navire de croisière MV Hondius, a causé la mort de trois passagers et en a rendu d’autres malades, ravivant dans la mémoire collective le terrible souvenir de la pandémie de COVID-19.
Tandis que les passagers ont commencé à quitter le navire après avoir été minutieusement inspectés, les autorités sanitaires mondiales affirment que le risque pour le grand public demeure faible, car le germe ne se propage pas facilement entre les personnes.
« Ce n’est pas le nouveau COVID, mais c’est une maladie infectieuse sérieuse », a déclaré Maria Van Kerkhove, directrice de la préparation aux épidémies et pandémies à l’Organisation mondiale de la santé. « La plupart des gens n’y seront jamais exposés. »
Une propagation aérienne
Le virus se propage généralement lorsque des personnes inhalent des résidus contaminés de déjections de rongeurs. Les hantavirus existent depuis des siècles et seraient présents partout dans le monde.
La maladie a retenu l’attention de nouveau l’an dernier après la mort, au Nouveau-Mexique, de Betsy Arakawa, l’épouse du défunt acteur Gene Hackman, à la suite d’une infection à hantavirus.
L’éclosion pourrait provenir d’Argentine
Des enquêtes détaillées sur l’éclosion à bord du navire de croisière sont en cours, notamment pour en déterminer la source.
Des enquêteurs en Argentine soupçonnent que les cas ont d’abord été contractés lors d’une sortie d’observation d’oiseaux à Ushuaia, à l’extrémité sud du pays, ont indiqué deux responsables à l’AP.
L’Argentine a constaté une hausse des cas de hantavirus que de nombreux chercheurs en santé publique locale attribuent au changement climatique. Les autorités ont ainsi trouvé des traces du virus Andes, une variante du hantavirus présente en Amérique du Sud.
Un virus rarement transmis par les humains
Le hantavirus est principalement transmis par contact avec des rongeurs ou leur urine, leur salive ou leurs excréments, en particulier lorsque ces matières sont perturbées et deviennent aériennes, ce qui pose un risque d’inhalation.
Les personnes sont généralement exposées au hantavirus autour de leur domicile, de leurs chalets ou de leurs remises, surtout lors du nettoyage d’espaces clos mal ventilés ou en explorant des zones où l’on trouve des déjections de souris.
Des symptômes semblables à ceux de la grippe
L’infection peut progresser rapidement et devenir mortelle. Les experts indiquent qu’elle peut débuter par de la fièvre, des frissons, des douleurs musculaires et parfois un mal de tête, comme la grippe.
Les symptômes du syndrome pulmonaire à hantavirus apparaissent généralement entre une et huit semaines après un contact avec un rongeur infecté. Au fil de l’infection, les patients peuvent ressentir une sensation d’oppression dans la poitrine, alors que les poumons se remplissent de liquide.
L’autre syndrome causé par le hantavirus — appelé fièvre hémorragique avec syndrome rénal, qui peut provoquer des saignements, une forte fièvre et une insuffisance rénale — se développe habituellement une à deux semaines après l’exposition.
Les taux de mortalité varient selon le type de hantavirus responsable. Le syndrome pulmonaire à hantavirus est fatal chez environ 35 % des personnes infectées, tandis que le taux de mortalité de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal varie de 1 % à 15 %, selon les autorités médicales.
Les infections sont relativement rares
Les infections à hantavirus sont relativement rares à l’échelle mondiale. L’OMS a signalé qu’en 2025, huit pays des Amériques avaient recensé 229 cas et 59 décès.
Le ministère de la Santé de l’Argentine a indiqué que le hantavirus avait causé 28 décès à l’échelle nationale l’an dernier. Mardi, le ministère a rapporté 101 infections depuis juin 2025, soit environ le double du nombre de cas pour la même période l’année précédente.
Aux États-Unis, les autorités fédérales de la santé ont commencé à surveiller le virus après une éclosion en 1993 dans la région des Four Corners — où se rencontrent l’Arizona, le Colorado, le Nouveau-Mexique et l’Utah. C’est un médecin perspicace du Service de la santé des Autochtones qui a d’abord remarqué un schéma de décès chez de jeunes patients.
La plupart des cas aux États-Unis se trouvent dans les États de l’Ouest. Le Nouveau-Mexique et l’Arizona sont des foyers probables, du fait d’un risque accru de rencontre entre souris et humains dans les zones rurales.
Le virus Andes fait partie des hantavirus
Le terme hantavirus désigne une large famille de virus, avec différentes variantes selon les pays. Presque aucun n’a été identifié comme se transmettant de personne à personne, à l’exception possible du virus Andes, qui a été confirmé dans l’éclosion actuelle.
La transmission entre humains reste difficile et nécessite un contact « étroit et prolongé », selon l’OMS.
« Nous n’avons jamais observé de grandes transmissions interhumaines d’infection à hantavirus auparavant, et rien ne laisse penser qu’une vaste éclosion pourrait survenir à partir de ce cas », a déclaré Steven Bradfute, professeur agrégé et directeur adjoint du Center for Global Health du Centre des sciences de la santé de l’Université du Nouveau-Mexique, spécialisé dans la recherche sur le hantavirus.
De nombreuses inconnues subsistent
Il n’existe pas de traitement ou de cure spécifique, mais une prise en charge médicale rapide augmente les chances de survie.
Malgré des années de recherche, de nombreuses questions restent sans réponse, notamment la question de savoir pourquoi l’infection peut être bénigne chez certaines personnes et grave chez d’autres, et comment les anticorps se développent. Certains chercheurs suivent des patients sur de longues périodes dans l’espoir de trouver un traitement.
« Dans les Amériques, l’infection à hantavirus est très sérieuse, mais aussi assez rare », a déclaré Bradfute. « Et pendant un temps, cela a probablement limité la recherche, faute de priorités de financement, mais je sais qu’il existe présentement beaucoup d’intérêt pour financer les travaux sur le hantavirus. »
Ce que les chercheurs savent en revanche, c’est que l’exposition aux rongeurs est déterminante.
La meilleure façon d’éviter le germe est donc de réduire au minimum le contact avec les rongeurs et leurs déjections. Il faut utiliser des gants de protection et une solution d’eau de Javel pour nettoyer celles-ci. Les experts en santé publique déconseillent de balayer ou d’utiliser un aspirateur, car cela peut projeter des particules virales dans l’air.