Le réseau réclame un engagement clair des différents partis politiques pour assurer la pérennité des infrastructures aéroportuaires locales et régionales.
À l’approche des élections provinciales, le Réseau québécois des aéroports (RQA) exhorte les formations politiques à prendre position en faveur du financement des infrastructures aéroportuaires locales et régionales.
« Avec des besoins estimés à des centaines de millions de dollars, la pression financière sur plusieurs aéroports devient insoutenable, menaçant directement la viabilité d’une partie importante du réseau et fragilisant par le fait même des communautés régionales entières », estime le RQA.
Le temps presse
Alors que le débat sur les transports demeure largement centré sur les routes et la mobilité urbaine, les infrastructures aéroportuaires locales et régionales continue d’être négligées.
Pourtant, sur un territoire aussi vaste que le Québec, elles sont essentielles pour maintenir les communautés connectées. Le RQA réitère donc sa demande d’un plancher minimal de 100 M$ pour répondre aux besoins les plus urgents et éviter que des infrastructures déjà fortement dégradées n’atteignent un seuil critique.
« Nous avons prévenu le gouvernement à maintes reprises, et nous comprenons difficilement que l’urgence d’investir dans les infrastructures aéroportuaires n’ait toujours pas été reconnue », explique Serge Côté, directeur général du RQA.
« On ne peut pas attendre qu’une piste devienne inutilisable, qu’un équipement essentiel tombe en panne ou qu’un aéroport soit forcé de réduire ses opérations avant d’agir, poursuit M. Côté. À ce stade, ce ne serait plus seulement un problème d’infrastructures : ce serait un problème de sécurité, d’isolement et de développement économique pour des communautés entières. »
Un PAAR sans PAQIAR
Depuis 2022, Québec mise notamment sur le Programme d’accès aérien aux régions (PAAR) afin d’améliorer l’accessibilité du transport aérien régional.
Or, le Programme d’aide québécois pour les infrastructures aéroportuaires régionales (PAQIAR), qui soutenait le maintien et la modernisation des installations, a pris fin la même année sans être remplacé.
Le transport aérien régional se trouve par le fait même dans une situation paradoxale : le gouvernement soutient financièrement les déplacements régionaux, sans assurer le financement structurant des infrastructures qui les rendent possibles.
« Le PAAR répond à un besoin réel et contribue à améliorer l’accessibilité du transport aérien régional, poursuit Serge Côté. Mais une piste qui se détériore ou qui n’est plus adaptée aux appareils d’aujourd’hui ne se remet pas à niveau avec des billets à rabais. Le prochain gouvernement doit aller au bout de la logique : soutenir non seulement l’accès au transport aérien, mais aussi les infrastructures qui le rendent possible. »
Agir avant le point de rupture
Pistes à rénover ou à rallonger, équipements critiques à remplacer, installations à mettre aux normes : derrière ces besoins très concrets, ce sont des communautés entières qui dépendent de leur aéroport pour les évacuations aéromédicales, les interventions d’urgence, les déplacements, le tourisme et l’activité économique. Lorsque la viabilité d’un aéroport est compromise, c’est toute une région qui voit son accessibilité, sa sécurité et son dynamisme menacés.
À l’approche des élections, le RQA demande donc aux formations politiques qui aspirent à former le prochain gouvernement de s’engager à mettre en place un programme pluriannuel, récurrent et prévisible. L’enveloppe minimale de 100 M$ réclamée par le RQA vise à intervenir sur les besoins les plus urgents avant que certaines infrastructures ne franchissent un point de non-retour.
Cette demande sera également portée sur le terrain, puisque les membres du RQA interpelleront les candidats et candidates de leur circonscription afin d’illustrer concrètement les besoins de leur aéroport et leurs impacts sur la communauté.
« Il faut mesurer ce que signifierait la perte d’un aéroport québécois : des interventions d’urgence plus complexes, des entreprises moins bien connectées, des visiteurs qui se tournent ailleurs et une communauté qui s’isole davantage, conclut Serge Côté. La disparition d’un aéroport ne se résume pas à la perte d’une piste : c’est toute une région qui perd un lien vital avec le reste du Québec. Le prochain gouvernement doit agir rapidement avant que la détérioration de nos infrastructures ne devienne irréversible. »
À propos du RQA
Le Réseau québécois des aéroports est une association regroupant les propriétaires et exploitants des principaux aéroports au Québec, des fournisseurs et experts-conseils ainsi que des représentants d’organisations gouvernementales. Il contribue notamment à la viabilité, au développement et à la sécurité des aéroports.
Info : reseauquebecoisdesaeroports.ca