Les pilotes de Porter demandent la conciliation fédérale

La demande survient dans le cadre des négociations de leur première convention collective avec le transporteur.


 Les pilotes de Porter, représentés par l’Air Line Pilots Association International (ALPA), viennent de déposer un avis de différend auprès du ministre du Travail afin de demander l’aide du Service fédéral de médiation et de conciliation.

Les pilotes avaient déposé leur avis de négocier en septembre 2025. Cette décision constitue une étape importante du processus de négociation visant à permettre aux pilotes de Porter d’obtenir leur première convention collective à titre de membres de l’ALPA.

« Après des mois d’attente sans avancée significative, il est clair que l’entreprise n’est pas disposée à participer à de véritables négociations, postule le commandant Brian Smith, président du conseil exécutif principal (MEC) de l’ALPA chez Porter. Comme la direction de Porter n’a pas présenté de propositions substantielles pour répondre à ces préoccupations, la conciliation est devenue une étape nécessaire pour nous permettre d’obtenir une convention conforme aux normes de l’industrie, qui offrira à nos membres et à leurs familles la prévisibilité et la stabilité qu’ils méritent. »

« En tant que président du MEC, j’ai entendu très clairement que nos pilotes ont besoin de conditions de travail fiables, prévisibles et stables qui leur permettent de concilier leur vie familiale avec les exigences de leur profession », d’ajouter le commandant Smith.

Pour lui, la direction du transporteur est demeurée concentrée sur son expansion rapide tout en s’appuyant fortement sur le professionnalisme, le dévouement, la souplesse et la bonne volonté des pilotes pour soutenir cette croissance. « Pendant ce temps, dit le commandant Smith, elle n’a pas veillé à ce que les conditions de travail évoluent également afin de répondre aux besoins des pilotes de Porter. Nos pilotes se retrouvent donc maintenant à travailler dans des conditions de plus en plus imprévisibles, qui sont largement en-deçà des normes de l’industrie. »

 

Réplique de Porter

De son côté, le transporteur dit faire preuve de bonne diligence depuis le début des négociations.

« Porter travaille de bonne foi à la conclusion d’une première convention collective avec l’ALPA depuis le début des négociations substantielles, au début de 2026, indique-t-il. Ce n’est qu’au cours des dernières semaines que l’ALPA a présenté des propositions sur des enjeux clés, notamment les règles relatives aux horaires et les salaires. »

Bien que le transporteur estime qu’il est prématuré de demander la conciliation, il assure avoir comme objectif de « conclure une première convention collective avec l’ALPA qui reconnaisse la contribution des pilotes et favorise une croissance à long terme mutuellement bénéfique pour l’ensemble des membres de l’équipe. »

Du reste, Porter soutient avoir toujours travaillé directement avec ses pilotes afin de veiller à ce que les pratiques en vigueur dans l’industrie, en plus des exigences réglementaires, soient intégrées à l’ensemble de ses activités.

« Ce processus se poursuit maintenant que les pilotes sont représentés par l’ALPA, et nous sommes convaincus qu’ils partagent notre volonté de bâtir sur ces fondations établies depuis des décennies, dans l’intérêt supérieur de leurs membres », de conclure la compagnie aérienne.

 

Scénarios à venir

Rappelons qu’en vertu du Code canadien du travail, la partie qui souhaite recourir à la conciliation doit d’abord déposer un avis à cet effet. Une période pouvant aller jusqu’à 15 jours s’écoule avant la nomination d’un conciliateur, après quoi les négociations se poursuivent pendant 60 jours.

Cette période peut être prolongée avec l’accord des deux parties. Si aucune entente n’est conclue, une période de réflexion de 21 jours s’ensuit. Durant cette période, le ministre du Travail peut nommer un médiateur afin de continuer à aider les parties à parvenir à une entente.