Depuis l’annonce de l’intention de Mark Carney de privatiser en partie les quatre grands aéroports canadiens, des voix ne cessent de s’élever pour s’y opposer.
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) demande au gouvernement fédéral de ne pas confier la gestion des principaux aéroports canadiens à des investisseurs privés, affirmant que la privatisation entraînera une hausse des coûts pour le public voyageur et une pression accrue sur le personnel aéroportuaire.
Les aéroports du Canada sont des infrastructures publiques essentielles, dit le SCFP. Leur raison d’être est de servir les passagères et passagers, les travailleurs et les communautés, et non de générer des profits pour des investisseurs privés.
Céder le contrôle de nos infrastructures de transport stratégiques ne cadre tout simplement pas avec l’objectif que le gouvernement dit s’être donné de bâtir une économie canadienne plus forte, plus résiliente et plus souveraine.
Des exemples à ne pas suivre
Des tentatives similaires ailleurs dans le monde ont démontré clairement qui fait les frais de la privatisation des aéroports.
Après la privatisation de l’aéroport de Perth, les frais imposés aux compagnies aériennes pour chaque passagère ou passager – des coûts ultimement refilés au public voyageur – ont bondi de plus de 60 %, tandis que l’aéroport de Sydney a fini par supprimer 40 % de ses effectifs.
Selon le SCFP, les investisseurs privés n’injecteront pas des milliards de dollars dans les aéroports canadiens par souci de l’intérêt public. Ils s’attendront à un rendement, et cet argent devra forcément venir de quelque part. La population canadienne paie déjà trop cher pour ses déplacements en avion. Pendant ce temps, le personnel aéroportuaire est déjà confronté à la précarité d’emploi et à des attaques répétées contre les salaires et les conditions de travail. La privatisation ne fera qu’aggraver ces problèmes.
Des OBNL qui marchent
Les administrations aéroportuaires canadiennes sont sans but lucratif et attirent déjà des investissements privés tout en réinvestissant leurs excédents dans les infrastructures des aéroports. Elles versent également environ 525 millions de dollars par année au gouvernement fédéral sous forme de loyers.
Le SCFP demande donc au gouvernement fédéral d’abandonner son plus récent projet de privatisation et de garder les aéroports du pays dans le giron public.
« La privatisation des aéroports n’est pas une solution miracle : les investisseurs privés s’attendront à un rendement et c’est la population canadienne qui en fera les frais, indique Mark Hancock, président national du SCFP. Il y aura donc de la pression pour augmenter les prix, couper dans le personnel et couper les coins ronds dans les services essentiels pour le public voyageur. »
« Les gens qui travaillent dans le secteur du transport aérien au Canada vous le diront : la dernière chose dont on a besoin, c’est d’une nouvelle couche de profiteurs qui s’enrichissent sur le dos des personnes déjà sous-payées et surchargées de travail qui font rouler ce secteur, d’ajouter Wesley Lesosky, président de la Division du transport aérien du SCFP. Le plan du gouvernement rendra les voyages en avion plus difficiles et plus coûteux pour absolument tout le monde, sauf les grands investisseurs institutionnels qui comptent faire des profits grâce à ce projet. »