Paola Negroni et Giuseppe Marinoni

Ça roule pour la Lombardie!

En plein Championnats du monde de cyclisme sur route à Montréal, la Lombardie met l’accent sur le tourisme à vélo.


Hier soir, la Lombardie a profité de la vague vélo qui déferle présentement sur Montréal pour faire valoir les atours cyclables de cette région du nord de l’Italie.

C’est par un temps radieux, baigné d’une lumière magique, qu’une délégation lombarde a ainsi organisé un événement promotionnel festif et gourmand, présenté par la Chambre de commerce italienne au Canada au sommet de la Tour du Port de Montréal.

Francesco Biondi Morra di Belforte, directeur général de la Chambre de commerce italienne au Canada, a pris la parole.

« Ce qui rend la Lombardie unique, c’est sa capacité à offrir d’innombrables expériences, adaptées aux attentes des voyageurs les plus exigeants, a lancé d’emblée Paola Negroni, directrice générale du tourisme de la Région de Lombardie. Sport, nature, culture, gastronomie et qualité de vie sont les nombreux visages d’un territoire qui regarde au-delà de ses frontières. »

Paola Negroni, directrice générale du tourisme de la région Lombardie.

Pour l’occasion, un invité particulièrement prestigieux a fait une apparition : Giuseppe Marinoni, vénérable fabricant de vélos italo-montréalais de l’entreprise du même nom, et figure emblématique du cyclisme québécois.

Après l’événement de la Lombardie, dont il est par ailleurs originaire, l’honorable quasi-nonagénaire a d’ailleurs été intronisé au Temple de la renommée du cyclisme canadien en tant que bâtisseur.

La présence de Giuseppe Marinoni, figure emblématique du cyclisme québécois, a attiré son lot d’admirateurs.

 

Une région plus que cyclable

En entrevue avec Profession Voyages, Paola Negroni a aussi souligné le caractère hautement cyclable de sa région.

« Nous avons pas moins de 4000 km de pistes et voies cyclables interconnectées, ce qui permet de vivre de belles découvertes et plusieurs expériences enlevantes à vélo, dit-elle. Notre région a tout, sauf la mer! »

Selon elle, l’automne et le printemps se prêtent particulièrement bien à la pratique du cyclotourisme en Lombardie, tant en raison de la météo clémente que pour la fréquentation touristique, moins intense que durant l’été.

Paola Negroni s’est adressée publiquement aux invités présents hier soir.

« À ce sujet, nos statistiques en provenance du Canada sont sans cesse en progression, y compris au Québec : il faut dire qu’outre la liaison annuelle Montréal-Milan avec Air Canada, la tenue des Jeux olympiques, l’hiver dernier, nous a donné beaucoup de visibilité », poursuit la directrice.

Entre autres invités présents sur place, des représentants de Vélo Québec Voyages ont confié travailler sur des circuits à vélo dans la région. « La Lombardie nous a approchés pour développer au moins un circuit, et nous sommes présentement en train d’étudier plusieurs scénarios possibles », indique Nathalie Lauzon, vice-président des opérations du voyagiste.

 

Pourquoi pédaler en Lombardie?

La Lombardie paraît particulièrement intéressante pour le cyclotourisme parce qu’elle réunit, sur un territoire relativement compact, plusieurs expériences qui sont souvent dissociées ailleurs.

D’abord, on y pédale pour l’incroyable diversité de paysages : on peut passer des Alpes aux lacs, des vignobles aux rizières, des collines à la plaine du Pô, sans changer de région.

Les lacs lombards sont d’ailleurs particulièrement spectaculaires et le vélo permet de les découvrir autrement qu’en voiture. Autour du lac de Côme par exemple, les itinéraires combinent villages, villas historiques, jardins, montagnes et rives du lac, avec des parcours allant de relativement faciles à très exigeants.

La Ciclovia dei Laghi est notamment fort intéressante : elle relie notamment les secteurs de Lecco, Côme et Varèse et permet de découvrir jusqu’à 14 lacs sur son tracé complet.

 

 

Cyclotourisme peinard ou sportif?

La Lombardie offre autant des voies cyclables relativement faciles à mouliner que des itinéraires destinés aux cyclistes aguerris. Par exemple, le Sentiero Valtellina suit l’Adda sur 114 km entre Colico et Bormio, avec une pente généralement douce et un parcours adapté au cyclotourisme.

À l’autre extrémité du spectre, on trouve les mythiques Stelvio, Gavia et Mortirolo, ainsi que le Ghisallo, haut lieu de la culture cycliste italienne.

Pour un voyage de plusieurs jours, la Valtellina est par ailleurs particulièrement séduisante. Le réseau Sentiero Valtellina + Valchiavenna totalise environ 150 km, avec montagnes, vignobles en terrasses, villages, gastronomie et patrimoine. Après avoir pédalé, on peut manger des pizzoccheri, de la bresaola et des fromages locaux, qu’on arrose des vins de la région.

 

Patrimoine et boustifaille

La Lombardie est beaucoup plus intéressante lorsqu’on ne la réduit pas à ses paysages.

Les itinéraires passent près de Bergame, Brescia, Mantoue, Pavie, Crémone, mais aussi non loin de châteaux, de monastères, de villas et de sites industriels historiques. Certains parcours permettent même de combiner plusieurs sites classés à l’UNESCO.

Lors de l’événement d’hier soir, le chef Marco Bertoldini, du restaurant Siamo Noi, avait prévu plusieurs stations mettant en vedette la succulente gastronomie lombarde.

Le parcours du Mincio, par exemple, relie le secteur du lac de Garde à Mantoue et traverse des paysages ruraux et humides avant d’arriver à une ville au patrimoine exceptionnel.

La gastronomie fait aussi partie intégrante du voyage, et c’est un gros avantage pour le cyclotourisme : le territoire traversé produit une bonne partie de ce qu’on mange. Entre deux coups de pédale, on peut ainsi déguster des vins de Valteline, du bresaola, des pizzoccheri, quantité de fromages, des riz et risotto dans la plaine…

L’itinéraire entre Ticino et Oglio, par exemple, traverse campagnes, parcs et villes historiques, avec notamment polenta et gorgonzola parmi les spécialités locales.

 

Une terre mythique du cyclisme

Pour un amateur de vélo de route, la Lombardie possède aussi une dimension presque patrimoniale. Le Giro d’Italia, les grands cols alpins, le Ghisallo, les virages mythiques et le Museo del Ciclismo Madonna del Ghisallo donnent à la région une identité cycliste qui dépasse largement les infrastructures touristiques.

Le Ghisallo est particulièrement intéressant parce qu’il permet de faire le lien entre cyclotourisme, histoire et culture populaire du vélo.

Pour donner un avant-goût du cyclotourisme en Lombardie, on avait installé un vélo stationnaire avec circuit cycliste reproduit par vidéo, hier soir.

Le plus beau, c’est que le réseau cyclable continue de se développer. Trois grandes véloroutes nationales traversent la Lombardie : Sole, Garda et VENTO. Le tronçon lombard de VENTO, qui suit principalement le Pô sur environ 730 km entre Turin et Venise, doit être complété d’ici décembre 2026, avec des ouvertures progressives.

La Ciclovia Garda fait également l’objet de travaux, notamment sur le tronçon Sirmione–Gardone Riviera, dont l’ouverture est prévue en 2026.

 

Milan, porte d’entrée

Autre avantage pour le marché québécos : Milan permet de combiner facilement séjour urbain et cyclotourisme, grâce à des vols depuis Montréal exploités à l’année par Air Canada.

Le parcours du Naviglio Grande forme notamment une belle manière de quitter Milan à vélo : le canal mène progressivement vers des secteurs plus ruraux et tranquilles, jusqu’au parc du Tessin.

Pour en savoir plus sur la Lombardie, consultez ce reportage que nous avons déjà produit ainsi que le site Web officiel de Tourisme Lombardie.