Dans le cadre d’un récent séjour en Corée du Sud, notre rédacteur en chef a eu l’occasion de tester la classe Signature d’Air Canada. Compte-rendu détaillé de son expérience à bord.
Voyager en classe affaires prend tout son sens, quand on doit s’astreindre à demeurer assis – ou couché, en l’espèce – pendant plus de 14 h.

Sur la liaison Montréal-Séoul d’Air Canada, mais aussi sur quantité d’autres vols très long-courriers, la classe Signature permet justement de vivre en douceur cette transition entre deux villes, tout en pouvant se régaler, dormir, travailler ou simplement oublier qu’on navigue dans un espace restreint, à 10 000 mètres d’altitude.

Arrivée tardive, transfert rapide
Dès mon arrivée à l’aéroport Montréal-Trudeau – que je me permets de retarder vu l’enregistrement prioritaire –, je procède rapidement vers le contrôle de sécurité, que je gagne illico par un couloir attitré, lui aussi prioritaire. Avec la classe Signature, les formalités deviennent moins laborieuses, et même mes bagages enregistrés arriveront plus vite sur le carrousel, une fois à destination, grâce à leur étiquette spéciale.
Une fois franchi les contrôles, je rejoins bien vite le Salon Feuille d’érable, situé près des portes 52 et 53. L’ambiance tranche avec celle de l’aérogare : éclairage tamisé, fauteuils confos, espaces de travail stylés, déco moderne, œuvres d’art déployées ici et là, Wi-Fi et bon buffet de mets locaux et internationaux – j’opte pour un smoked meat bien montréalais et une bière sans alcool italienne : la Corée est encore loin.

Siège hublots – avec un « s »

Après être monté rapido à bord de l’avion grâce à l’embarquement prioritaire, je m’installe sur mon siège, le tout premier en avant de l’avion. Ça me permet de fraterniser sans plus tarder avec l’agent de bord québécois en charge de ma rangée : en tout, trois francophones sont affectés à la section Signature du Boeing 787-9 Dreamliner où je prends place.
La cabine compte 30 sièges répartis sur huit rangées selon une configuration 1-2-1, et chaque passager dispose donc d’un accès direct à l’allée. Pour ma part, je suis côté hublots – hublots avec un « s », car j’en ai deux rien que pour moi, vu la disposition en diagonale du siège. En plus de lui conférer davantage d’intimité, cette disposition de mon siège-lit m’incite à toujours vouloir jeter un coup œil dehors – je me sens presque obligé d’observer le ciel et les nuages, par moments, ce qui contribue à favoriser ma détente.
Cela dit, le grand écran individuel et la vaste sélection de films m’incitent plutôt à noircir mes volets (une fonction disponible du bout des doigts sur les Dreamliner) et à enchaîner les longs-métrages : je travaillerai sur mon ordi et lirai sur la Corée plus tard, car j’ai plus d’une demi-journée normale devant moi.

Repas de haut vol
En terme de lecture, je préfère d’ailleurs entreprendre celle du menu, ce qui me permet de découvrir qu’il est signé Jérôme Ferrer, chef étoilé Michelin du restaurant montréalais Europea.
J’hésite entre le jarret d’agneau braisé sauce demi-glace à la grenade et la cuisse de poulet glacée au hoisin, mais j’opte finalement pour le dak-galbi au poulet coréen – autant me mettre tout de suite dans l’ambiance de Séoul.

Pour arroser le tout, la carte de vins a été concoctée par Véronique Rivest, Québécoise sacrée deuxième meilleure sommelière au monde en 2013, juste derrière Paolo Basso. Elle nous fait voyager de la péninsule du Niagara à la Nouvelle-Zélande en passant par la Grèce et la Champagne : ça me convient très bien, en attendant le soju coréen, quand je serai arrivé à destination.

Au lit!
Une fois repu et après avoir visionné deux longs-métrages coréens – la banque de films en comptait encore plus –, j’enfile le masque fourni dans la trousse de confort, et j’active la fonction « massage » du siège. Après avoir installé le surmatelas, j’incline le siège-lit à 180 degrés pour me laisser sombrer dans les bras de Morphée, la tête enfoncée dans mon oreiller et les poings fermés sous mon édredon douillet.

Conçu pour améliorer le confort en cabine, le 787 dispose notamment d’une pression en plus faible en altitude et d’une humidité généralement supérieure à celle de nombreux avions plus anciens. Ça ne garantit pas, en soi, une bonne nuit, mais les conditions sont évidemment plus favorables qu’en classe économique, surtout avec un siège-lit qui fait plus de 2 mètres une fois déployé. Résultat : moi qui dors très mal en avion, je roupille plus de cinq heures – autant dire un record.
Quand je me réveille, je consulte la carte interactive à l’écran : nous survolons l’Arctique, un raccourci qui nous évite bien des heures de vol additionnelles. J’en profite pour consulter mes courriels grâce au Wi-Fi fourni gratuitement aux membres Aéroplan, avant de commander un petit en-cas en attendant le p’tit déj’ : « une brochette de poulette et une salade d’algues et d’edamame, SVP », demandai-je à un agent de bord. Durant tout le périple, celui-ci s’est d’ailleurs montré particulièrement attentionné et réactif, et je n’ai pas eu à user mon index sur le bouton d’appel pour qu’il réponde à mes demandes.

Bientôt l’arrivée
À mesure que le vol approche de la Corée du Sud, l’équipage rallume progressivement l’éclairage tamisé de la cabine et prépare le dernier service. Pour le p’tit déj’, j’opte assurément pour la version asiatique : un porc japchae coréen avec ses « nouilles de verre » transparentes.
À travers le hublot, lui aussi bien transparent, la côte coréenne apparaît, puis la ville d’Incheon et les immenses installations de son aéroport international, l’un des plus réputés au monde. Après l’atterrissage à 18 h 14, je passe récupérer ma valise : pas d’attente, l’étiquette « prioritaire » a fait son œuvre. Relativement frais et dispos, j’emprunte le train qui me mènera au centre-ville : le soleil est en train de disparaître, la lumière est envoûtante, la soirée sera douce…
Pour en savoir plus sur la classe Signature, c’est par ici.





