Commissions d’Air Canada : « 3 %, c’est un peu comme une gifle »

Une semaine après l’annonce de la réduction des commissions, l’ACTA et l’ACITA continuent de mesurer l’impact de cette décision.


La réduction des commissions versées par Air Canada a désormais fait son chemin jusque dans les médias grand public, alors que les associations de défense des conseillers en voyages ACTA et ACITA (l’Association des agents de voyages indépendants du Canada) soulignent les conséquences négatives de cette décision pour les professionnels du voyage.

Tel que rapporté la semaine dernière, la réduction des commissions d’Air Canada entrera en vigueur le 1er juillet. Des conseillers en voyages nous ont confié qu’ils se sentent en colère, frustrés et déçus par cette décision du transporteur.

« Bien que l’impact varie d’une entreprise à l’autre, certains membres nous ont indiqué que ces changements pourraient avoir de graves répercussions sur la viabilité à long terme de leur agence, particulièrement lorsque les ventes d’Air Canada représentent une part importante de leur chiffre d’affaires », dit Suzanne Acton-Gervais, présidente de l’ACTA. Elle ajoute que les milliers de membres de l’association pourraient perdre environ le quart de leurs revenus liés à Air Canada à la suite de cette mesure.

 

Une baisse qui passe mal

Brenda Slater, cofondatrice de l’ACITA, indique que de nombreux conseillers ont déjà vu leurs commissions d’Air Canada être réduites de moitié, pour atteindre environ 4 % ou 5 %, voire moins. « Qu’ils disent maintenant, en gros : “Nous ne vous verserons plus que 3 %”, c’est un peu une gifle », dit Mme Slater.

Dans son communiqué publié la semaine dernière, Air Canada a expliqué qu’elle récupérera entre 50 % et 60 % de la hausse de ses coûts en carburant au deuxième trimestre. Le transporteur a également invoqué l’augmentation générale des coûts, l’incertitude croissante des marchés et l’arrivée de l’intelligence artificielle pour justifier la baisse de ses commissions.

Le porte-parole d’Air Canada, Peter Fitzpatrick, indique que la compagnie aérienne ne pouvait pas spéculer sur une éventuelle hausse des taux de commission lorsque les prix du carburant reviendront à des niveaux plus bas.

 

Mises en garde des agents

Brenda Slater a toutefois mis en garde Air Canada contre certaines conséquences imprévues.

« Ils doivent comprendre que les conseillers en voyages observent attentivement la situation et choisissent avec soin leurs fournisseurs en fonction de ceux qui offriront le meilleur service à leurs clients, mais aussi le meilleur soutien à leur réseau de distribution, dit-elle. S’ils choisissent de ne pas le faire, c’est leur décision Mais nous aussi, nous avons des choix à faire. »

Même si l’apaisement des tensions au Moyen-Orient a eu un effet positif sur les prix du pétrole, des experts du secteur préviennent qu’il pourrait s’écouler plusieurs mois avant que les tarifs aériens diminuent, si tant est qu’ils diminuent. Lors de la conférence téléphonique sur les résultats du premier trimestre de United Airlines, Andrew Nocella, vice-président exécutif et chef de la direction commerciale de ce transporteur, a ainsi déclaré que « plus longtemps les consommateurs paient ces prix et plus les compagnies aériennes s’habituent à cette source de revenus, et plus il est probable qu’elle se maintienne. »

 

L’exemple de Porter

Hier, Porter Airlines a annoncé qu’elle réduisait sa surcharge carburant, instaurée en mars dernier, de 40 $ à 20 $ pour les nouvelles réservations de vols-primes effectuées par les membres du programme VIPorter.

Suzanne Acton-Gervais estime que le poids de cette baisse des commissions pourrait toucher certains groupes de manière disproportionnée.

« Les agences de voyages et les conseillers en voyages sont majoritairement de petites et moyennes entreprises, rappelle-t-elle. Et la majorité des conseillers en voyages sont des femmes. »

Mme Acton-Gervais et Mme Slater ont également tenu à rappeler la valeur ajoutée qu’apportent les professionnels du voyage dans un contexte marqué par les perturbations fréquentes du secteur. Elles ont notamment évoqué leur rôle en gestion des risques ainsi que leur accessibilité, comparativement aux services à la clientèle parfois difficiles à joindre de certaines compagnies aériennes.

« Aujourd’hui, les gens remettent en question ces partenariats au sein de l’industrie, indique Mme Slater au sujet de ses collègues. On nous répète constamment que nous sommes des partenaires importants, mais les gestes posés ne donnent pas cette impression. »

Avec des informations de La Presse Canadienne.

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Légende de la photo principale : Des appareils d’Air Canada sont stationnés à l’aéroport international de Vancouver tandis qu’un vol de United Airlines en provenance de Chicago s’apprête à atterrir à Richmond, en Colombie-Britannique, le 18 août 2025 (La Presse Canadienne/Darryl Dyck).