Cuba : les touristes québécois toujours au rendez-vous

Malgré les menaces de Trump, une majorité de touristes québécois continuent de vouloir fréquenter la Isla Grande.


Depuis l’intervention états-unienne au Venezuela et les menaces de Trump et de son secrétaire d’État Marco Rubio, d’origine cubaine, la Isla Grande est sous le feu des projecteurs.

Déjà affaiblie par des problèmes économiques, d’infrastructures, de production électrique et d’approvisionnement, fortement dépendante de l’État vénézuélien partiellement déchu, voilà qu’elle est la cible de menaces d’invasion par le pays qui est à l’origine de plusieurs de ses problèmes en raison de son embargo.

« Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais inquiet », a ainsi lancé Marco Rubio, lors d’une conférence de presse à Mar-a-Lago.

 

Toujours debout

Mais Trump et Rubio ont beau jouer les intimidateurs, Cuba n’est pas encore tombée, même si Trump affirme que ce sera bientôt le cas.

Grandement approvisionnée en pétrole par le Venezuela, Cuba ne dispose cependant de réserves que pour environ 45 jours. Or, la production d’électricité dépend énormément de cet apport en hydrocarbures.

Le Mexique pourra suppléer aux baisses d’approvisionnement, mais jusqu’à quel point? Selon Radio-Canada, « la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a reconnu que le Mexique devient désormais un fournisseur important de pétrole à Cuba tout en assurant qu’elle n’enverra pas plus de pétrole et qu’il n’y a pas d’envoi particulier. »

Un élément rassurant : Mexico a toujours condamné l’embargo états-unien sur Cuba et a renforcé les livraisons de carburant lors des pires crises, rappelle Radio-Canada.

 

Les Québécois encore partants

Même si certains touristes d’ici ont joué de prudence en annulant leur séjour depuis l’intervention états-unienne à Cuba, la plupart des voyageurs québécois y ont maintenu leurs projets de voyage, rapportent autant La Presse que Radio-Canada.

Plusieurs le font parce qu’ils apprécient la Isla Grande, d’autres pour aider leurs amis qu’ils s’y sont fait au fil des ans, d’autres encore parce qu’ils sont conscients de l’importance de l’apport de leur présence à l’économie de l’île.

En outre, selon La Presse, « des dizaines de commentaires sur Facebook mentionnent qu’en ce moment, les vacanciers peuvent profiter d’un passage parfaitement normal, que le temps est bon, et que l’instabilité politique rapportée dans les médias ne se ressent pas sur le bord de la plage. »

Même son de cloche du côté du Saguenay – Lac-Saint-Jean, où Cuba demeure populaire auprès des voyageurs, rapporte encore  Radio-Canada. « Il y a une très forte sympathie envers les Cubains, indique une agente de voyages citée par le média d’État. Les Québécois souhaitent encourager la destination. La plupart des gens décident quand même de conserver leur projet de voyage et d’aller de l’avant. Sinon, oui, on a des plans B… »

Du reste, Affaires mondiales Canada, généralement très rapide sur la gâchette quand il s’agit d’émettre des avis sur la sécurité des Canadiens à l’étranger, n’a pas mis à jour ses conseils aux voyageurs à propos de Cuba depuis le 23 décembre, ce qui est fort bon signe.

Cela dit, la situation à Cuba demeure assurément à suivre au cours des prochaines semaines.