En dépit de la crise actuelle, les tarifs abordables n’ont pas entièrement disparu : la flexibilité, le bon moment et des destinations alternatives permettent encore d’économiser.
Les tensions au Moyen-Orient poussent les prix mondiaux du pétrole à la hausse, ajoutant une pression supplémentaire sur des tarifs aériens déjà élevés et compliquant la situation pour les Canadiens soucieux de leur budget.
Le carburant demeure l’une des dépenses les plus importantes pour les compagnies aériennes et, selon l’IATA, son coût a bondi de 116 % d’une année à l’autre pour la semaine se terminant le 27 mars.
Avec cette remontée, de plus en plus de transporteurs ajustent leurs tarifs, comme Porter Airlines, Air Transat et WestJet, qui ont introduit des surtaxes respectives de 40 $, 50 $ et 60 $. Vacances Air Canada a elle aussi imposé une surtaxe carburant de 50 $ par passager sur les forfaits soleil, tout comme Transat le fera sous peu.
Combinée à une forte demande estivale et à des coûts opérationnels continus, la situation crée un environnement tarifaire où les véritables aubaines deviennent plus difficiles à dénicher.
Néanmoins, les experts de l’industrie affirment que des occasions demeurent pour les Canadiens prêts à faire preuve de flexibilité.
Encore de l’espoir
« Bien qu’on ne constate pas de baisse généralisée des tarifs aériens pour l’instant – avec la hausse du carburant, la pression générale est à la hausse – on observe tout de même certaines exceptions », explique Heather Smith, directrice de succursale et experte en voyages chez Flight Centre Canada.
« C’est particulièrement vrai pour les destinations qu’on fréquente légèrement en dehors des périodes de pointe ou qui bénéficient d’options de correspondance plus flexibles, comme des villes européennes secondaires ou des aéroports alternatifs comme Bologne plutôt que Venise, ou encore Lyon plutôt que Paris », ajoute-t-elle.
La saisonnalité crée aussi des occasions. « Les destinations soleil comme le Mexique et les Caraïbes ont tendance à offrir de meilleurs prix durant les mois d’été, lorsque la demande se déplace vers l’Europe, précise l’experte. Pour les voyageurs flexibles, cela peut être une bonne occasion de trouver des aubaines. »
Transporteurs et tarification dynamique
Du point de vue des compagnies aériennes, la tarification demeure très dynamique, influencée par une multitude de facteurs, au-delà du carburant.
« Les tarifs aériens changent chaque jour et peuvent varier considérablement selon les dates de voyage, la demande et la capacité disponible, indique Sebastian Ponce, chef de la direction des revenus chez Transat. Dans le contexte actuel, le prix du carburant influence aussi la tarification, comme pour le reste de l’industrie. »
Malgré ces pressions, M. Ponce affirme qu’il est encore possible de trouver de bons tarifs pour ceux qui planifient de façon stratégique.
« Les voyageurs et les conseillers trouveront des aubaines selon la période de voyage, ajoute-t-il. Notre priorité reste les séjours de loisirs, et nous continuons de travailler fort pour offrir des prix concurrentiels et une excellente valeur globale, notamment des services aériens fiables et des infrastructures touristiques bien établies, surtout lorsque les clients sont flexibles sur les dates et réservent durant des périodes promotionnelles. »
Nouvelle liaison, nouvelle occasion tarifaire
De nouvelles liaisons et des offres promotionnelles constituent une autre voie d’économies, particulièrement pour les voyageurs ouverts à essayer de nouveaux aéroports ou de nouvelles destinations.
Selon Brad Cicero, porte-parole de Porter Airlines, les tarifs de lancement peuvent offrir des économies importantes. « Dans le cas de Porter, les tarifs introductifs sont souvent plus bas sur les nouvelles liaisons », dit-il.
Un exemple actuel, précise-t-il, est la tarification promotionnelle liée à l’ouverture prochaine de l’Aéroport métropolitain de Montréal (MET), où Porter accroît sa présence.
« L’exemple le plus notable est la promotion actuelle sur toutes les dessertes vers et depuis cet aéroport jusqu’au 7 avril, pour des voyages effectués d’ici le 24 juin », dit Brad Cicero, en rappelant que la compagnie aérienne exploitera 12 liaisons au Canada depuis cet aéroport, cet été.
Il ajoute que l’ouverture prochaine de liaisons vers Boston, Nashville et Austin offrira aussi des tarifs plus bas pendant les premières périodes de vente.
De « pas cher » à « de valeur »
Pour les conseillers en voyages, le contexte actuel nécessite de revoir la manière dont la valeur d’un séjour est présentée aux clients.
« L’accent est passé de “pas cher“ à “stratégie et valeur “ », explique Heather Smith. Cela inclut l’orientation des clients vers des aéroports alternatifs, des villes secondaires et des itinéraires plus flexibles combinant parfois avion et train.
Les destinations moins saturées peuvent aussi offrir de meilleurs prix tout en proposant des expériences plus immersives.
« Il y a une vraie occasion pour les conseillers d’aider les clients à trouver de meilleures expériences en termes de valeur ajoutée, pas seulement de bas prix », ajoute-t-elle.
Une flexibilité essentielle
Invitée à donner un conseil aux conseillers en voyages ayant des clients à la recherche d’une bonne affaire, Heather Smith recommande d’examiner des aéroports ou villes alternatifs, d’aller au-delà des grands hubs et d’opter pour des destinations émergentes ou moins saturées.
La flexibilité, souligne-t-elle, est le facteur le plus important pour obtenir un bon prix. « À court terme, les prix s’ajustent encore alors que les compagnies aériennes réagissent aux coûts plus élevés du carburant, et ces changements sont souvent introduits progressivement, explique Heather Smith. Le message clé est l’urgence et la flexibilité: réserver tôt et rester ouvert aux dates, aux itinéraires ou aux destinations est la meilleure façon d’obtenir de bons prix. Dans le contexte actuel, le prix d’aujourd’hui est souvent le meilleur qu’on puisse obtenir. »
Alors que l’incertitude géopolitique et les coûts en hausse devraient persister à court terme, le message de l’industrie est clair : les options abordables n’ont pas disparu, mais elles exigent une approche plus stratégique.