Hausse des prix des forfaits soleil : les « réservez tôt » gagnent en popularité

Face aux annulations à Cuba, on assiste à une escalade des prix sur d’autres destinations des Caraïbes. Raison de plus pour encourager les voyageurs à réserver tôt, à l’avenir.


De nombreux voyageurs canadiens, habitués à des prix très abordables pour les forfaits Cuba et à réserver à la dernière minute, reçoivent un électrochoc alors que les tarifs vers d’autres destinations des Caraïbes grimpent en flèche, cet hiver.

C’est la classique loi de l’offre et de la demande, mais essayez d’expliquer ça à des clients qui voient le prix de leur forfait plus que doubler (par personne!) au cours d’une seule journée.

 

Moins de rabais, plus d’augmentations

Au Québec, les rabais annuels se font rare ces temps-ci, contrairement aux autres années, et la redistribution des voyageurs qui allaient à Cuba vers d’autres destinations entraîne son lot de hausses de tarifs, rapporte le Journal de Montréal.

Sonia Warnet ne vend plus Cuba depuis l’an dernier, mais elle constate une hausse des prix pour la République dominicaine et le Mexique, depuis la semaine dernière. « Des forfaits qui se vendaient 2000 $ par personne sont rendus 400 ou 500 $ plus cher », constate la conseillère voyages en chef d’Exotentik Voyages, à Blainville.

Michael Gagnon, propriétaire des agences Conseillers en voyages de La Baie et Chicoutimi, vit la même situation. « Depuis l’annulation des vols sur Cuba, on a assisté à des hausses, mais rien de phénoménal : 15 ou 20 % en moyenne, dit-il. Pour la relâche, les prix sont toujours deux fois plus cher, et ça semble être le cas cette année aussi, mais pas plus ».

 

Des prix qui doublent en un jour

Du côté du ROC, on note cependant des cas de hausse extrême de prix, dans certains cas. « J’ai coté un forfait d’un voyagiste pour le Mexique à 1 601 $ par personne, raconte Robert Townshend, président de l’agence Total Advantage Travel & Tours, en Ontario. À la fin de la journée, il était rendu à 3 300 $ par personne. »

Michelle Whalen, de Michelle Whalen Travel, à London, dit avoir constaté les mêmes hausses vertigineuses. « Je cherchais pour des clients et je leur ai annoncé un prix de départ de 2 500 $ par personne. Mais maintenant, il semble qu’il faille ajouter au moins 500 ou 600 $ de plus par personne. »

 

Le mythe révolu des rabais de dernière minute?

Les clients de Mme Whalen voulaient s’évader en basse saison, à partir de la mi-avril. « Ils veulent vraiment partir, alors ils acceptent le prix. Mais c’est pour ça que les clients doivent réserver tôt, des mois à l’avance, et pas à la dernière minute », poursuit la conseillère en voyages.

« Des tas de gens ont dû annuler Cuba et se précipiter pour réserver autre chose à la dernière minute, et il y a donc moins d’inventaire sur le marché, ce qui fait grimper la demande. J’aimerais que les clients nous écoutent et arrêtent de réserver à la dernière minute, en poursuivant ce mythe du rabais de dernière minute. Les meilleurs prix, on les obtient vraiment tôt. »

 

Des départs maintenus

La seule consolation, s’il y en a une, c’est que les Canadiens refusent d’abandonner leurs projets de voyage. Ils changent simplement de destination.

« Je n’ai pas eu beaucoup de clients qui ont laissé tomber en disant: ‘Bon, on n’a plus les moyens de partir.’ L’hiver a été brutal et je n’ai vraiment pas vu de baisse des ventes malgré les prix. »

En temps normal, environ 750 000 Canadiens se rendent à Cuba chaque année, et la suspension des services vers la Isla Grande par les compagnies aériennes et les voyagistes canadiens est survenue au plus fort de la saison hivernale, après un avertissement cubain concernant l’arrêt du ravitaillement en carburant pour les compagnies aériennes internationales.

 

Statu quo des stratégies chez les voyagistes

Un récent reportage de CTV News mettait en lumière ces hausses tarifaires.

Certains pointent du doigt les voyagistes pour la montée des prix, mais ces fluctuations liées à l’offre et à la demande pourraient être moins attribuables aux voyagistes que les consommateurs ne le pensent.

« Aujourd’hui, plus de 90 % des hôtels sont directement connectés à nos fournisseurs, dit Nino Montagnese, vice-président de Vacances Air Canada. Ils gèrent leurs revenus en fonction des chambres qu’il leur reste. Nous n’avons absolument pas modifié notre stratégie de marge. L’avantage de cette connexion, c’est d’avoir un inventaire en temps réel, mais cela vient aussi avec des prix en temps réel. »

L’industrie a toujours préconisé la réservation hâtive pour obtenir les meilleurs prix. Interrogé à propos de la semaine de relâche et des dernières semaines de l’hiver 2026, Nino Montagnese renforce le message que les agents répètent depuis des années : « Honnêtement, si le client cherche quelque chose, je lui suggère de ne pas attendre. L’inventaire est limité et les prix montent. »

 

Même son de cloche chez Transat

Pendant ce temps, la porte-parole de Transat, Marie-Ève Vallières, indique que « nous n’avons apporté aucun changement à notre approche promotionnelle pour les forfaits Sud. Nos stratégies tarifaires évoluent selon un calendrier établi et en fonction de la demande sur l’ensemble de notre réseau. De plus, Transat et Air Transat ont lancé hier leurs promotions de février, une campagne prévue depuis plusieurs semaines, qui offrira des offres attrayantes sur des forfaits et des vols vers le Sud et l’Europe. »

Elle ajoute que Transat a aussi augmenté sa capacité vers plusieurs destinations des Caraïbes et du Mexique pour permettre aux voyageurs touchés par les annulations vers Cuba de rebooker leurs vacances soleil.

Le rapatriement par Transat de ses voyageurs à Cuba s’est conclu hier.