Journées d’action en vue pour les agents de bord de WestJet

La semaine prochaine, le personnel de cabine du transporteur canadien organise deux journées de protestation aux aéroports de Toronto et de Calgary.


Le 12 et 14 août, la composante WestJet du Syndicat de la fonction publique canadienne (SCFP), qui représente notamment les agents de bord de WestJet, organise deux journées de piquetage dans deux des plus importants aéroports du pays, ceux de Pearson (YYZ) et de Calgary (YYC).

Le SCFP craint ne pas en arriver à un règlement dans les délais impartis alors que les négociations avec le transporteur piétinent. Il se dit déterminé à parvenir à un règlement, mais d’importants problèmes persistent, et la période de conciliation entamée en avril se termine bientôt, soit le 11 juillet.

Si le processus en cours s’achève sans entente, les agents de bord de WestJet pourraient se retrouver en position de grève légale dès le début août – à moins que WestJet décide de déclencher un lock-out..

 

Des revendications de longue date

Le SCFP se plaint de l’impact des compressions et des coûts au sein du transporteur, ce qui affecte le travail des agents de bord.

« Ce sont surtout les personnes qui travaillent dans les allées des avions qui en subissent les conséquences, dit le SCFP  sur la page Facebook de sa composante WestJet. Les équipages, ceux qui assurent concrètement le fonctionnement de la compagnie, sont poussés à leurs limites. Les agents de bord enchaînent des horaires épuisants, à pleine capacité, pour combler les pénuries de personnel, tout en n’étant pas rémunérés pour une partie importante de leurs heures de travail. »

Le SCFP invite donc tous les membres d’équipage disponibles à se rendre à l’aéroport international Pearson de Toronto pour une journée d’action, le 12 août, et à faire de même à l’aéroport international de Calgary, le 14 août.

 

WestJet réplique

De son côté, le transporteur explique sur son site Web comment fonctionne son système de rémunération basé sur un système d’heures de crédit et il se défend donc de ne pas rémnumérer ses employés pour certaines tâches.

Selon le transporteur, ce « modèle standard en Amérique du Nord » implique que « les blocs d’heures commencent lorsque l’avion quitte la porte et se terminent lorsqu’il arrive à la porte à destination », tandis que les heures de crédit (équivalant à une heure de vol) sont des unités de rémunération utilisées dans l’industrie aérienne pour compenser l’ensemble des tâches effectuées, et non pas seulement le temps passé en vol. »

Plutôt que de verser un taux horaire plus faible pour chaque heure de service, le système d’heures de crédits combine donc le temps de vol, les tâches au sol, les retards et d’autres exigences opérationnelles en un seul taux horaire plus élevé. Ce taux est ensuite « crédité » sur l’ensemble de la journée de service.

« C’est pourquoi les taux d’heures de crédits sont plus élevés qu’un taux horaire standard : ils sont conçus pour couvrir plus d’une heure de travail », fait valoir WestJet.

 

Le fédéral prié de rester neutre

Le mois dernier, le SCFP 8125 a par ailleurs exhorté le gouvernement fédéral à ne pas intervenir et à respecter le processus de négociation collective en n’invoquant pas l’article 107 du Code canadien du travail.

« L’article 107 est réservé aux circonstances exceptionnelles; pourtant, il est de plus en plus invoqué dans les conflits de travail de ressort fédéral, ce qui soulève l’inquiétude du mouvement syndical quant à la possible ingérence du gouvernement dans les négociations collectives », estime le SCFP.

L’été dernier, le gouvernement fédéral avait invoqué l’article 107 pour interférer dans la grève des agent(e)s de bord d’Air Canada; il avait sollicité le Conseil canadien des relations industrielles pour empêcher les travailleurs d’exercer pleinement leur droit à la négociation, considère le SCFP.

« Au Canada, la négociation collective et le droit de grève sont protégés par la loi, rappelle Alia Hussain, présidente du SCFP 8125. Quand le gouvernement s’ingère pour empêcher l’exercice de ces droits, il risque de déséquilibrer le processus de négociation. »