La canicule perturbe les voyageurs en France et ailleurs en Europe

Tandis que certains musées et sites demeurent ouverts la nuit pour plus de fraîcheur, d’autres écourtent leurs journées pour éviter les coups de chaleur.


Ce mardi, des millions de personnes à travers l’Europe ont été exposées à des températures exceptionnellement élevées. En France, 40 décès par noyade ont été enregistrés au cours de la dernière semaine, alors que de nombreux habitants cherchent à se rafraîchir face à une chaleur accablante.

Les températures demeureront élevées jour et nuit en France, le pays européen jusqu’ici le plus touché par cette vague de chaleur précoce. Le service météorologique national, Météo-France, a placé 54 départements, soit environ la moitié du pays, en vigilance rouge canicule.

Les changements climatiques causés par l’activité humaine sont associés à des phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes. Selon les projections de l’agence climatique de l’ONU, les cinq prochaines années devraient battre de nouveaux records de chaleur.

 

Le Louvre et la tour Eiffel ferment plus tôt

Dans un pays où la climatisation demeure peu répandue, les écoles, les transports en commun et les événements sportifs subissent les effets de la chaleur.

À Paris, la tour Eiffel a adapté ses opérations aux températures caniculaires en fermant l’après-midi plutôt qu’en fin de soirée, comme c’est habituellement le cas. Le musée du Louvre a annoncé qu’il fermerait deux heures plus tôt que d’habitude du mercredi au samedi.

« Bien que certaines parties de son bâtiment historique résistent naturellement à la chaleur, le musée demeure vulnérable et n’est pas suffisamment adapté aux changements climatiques, a-t-on indiqué. L’accumulation de chaleur est particulièrement importante en fin de journée et est accentuée par le grand nombre de visiteurs. »

 

Encore des jours intenses

Ces conditions extrêmes devraient persister au moins jusqu’à la fin de la semaine, avec des températures maximales dépassant les 40 °C dans de nombreuses villes.

« D’autres records de température sont attendus, y compris certains qui pourraient surpasser tous les précédents records, peu importe la période de l’année », indique Météo-France.

Cette vague de chaleur est exceptionnellement intense et survient très tôt dans la saison estivale, « avec une durée encore incertaine », précise l’organisme météorologique.

Elle est déjà comparée à la canicule d’août 2003, lorsque les températures les plus élevées observées depuis plus d’un demi-siècle avaient causé environ 15 000 décès en France, principalement parmi les personnes âgées vivant dans des appartements ou des résidences non climatisés.

 

Un continent dans le rouge

L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde. Selon le service européen sur les changements climatiques Copernicus, les températures y augmentent deux fois plus vite que la moyenne mondiale depuis les années 1980.

Au cours des quatre dernières années, plus de 200 000 personnes en Europe sont décédées de causes liées à la chaleur. Selon le bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé, la majorité de ces décès auraient pu être évités.

De l’autre côté de la Manche, plusieurs écoles britanniques ont annoncé leur fermeture pour la journée, tandis que le trafic ferroviaire est perturbé.

Le Met Office, l’agence météorologique du Royaume-Uni, a émis une alerte rouge pour chaleur extrême mercredi et jeudi, alors que les prévisions laissent entrevoir un possible nouveau record absolu de température quotidienne pour un mois de juin.

Des températures d’environ 37 °C sont attendues dans le sud de l’Angleterre et jusqu’à 35 °C dans le sud-est du pays de Galles. Le pic de la vague de chaleur est désormais prévu mercredi et jeudi, avec des températures pouvant atteindre au moins 39 °C. Un retour à des conditions plus modérées est attendu vendredi.

Mardi, plusieurs compagnies ferroviaires britanniques ont annoncé l’annulation de certains services afin « d’assurer l’exploitation sécuritaire du réseau ». National Rail a demandé aux voyageurs de « ne se déplacer qu’en cas d’absolue nécessité » mercredi et jeudi.

 

Ayaye, que calor!

Plus au sud, l’Espagne est également confrontée à une vague de chaleur touchant plusieurs régions de la péninsule Ibérique.

L’agence météorologique nationale espagnole, Aemet, a émis mardi des alertes rouges pour des températures atteignant 44 °C en Andalousie, dans le sud du pays. Des avertissements ont aussi été publiés pour des températures de 40 °C dans les régions habituellement tempérées de la Cantabrie et du Pays basque, sur la côte atlantique nord.

Le météorologue d’Aemet, Rubén del Campo, a explique que l’Espagne, qui connaît déjà des étés de plus en plus torrides, continuera de se réchauffer sous l’effet des changements climatiques. Les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus longues et surviennent désormais en dehors de la période traditionnelle de juillet et août.

 

L’ère des canicules

Parmi la douzaine de vagues de chaleur enregistrées par Aemet au mois de juin depuis le début des relevés en 1975, la moitié se sont produites depuis 2015.

Selon lui, les changements climatiques d’origine humaine réchauffent à la fois l’atmosphère au-dessus de l’Espagne et les eaux marines environnantes.

L’agence européenne Copernicus a établi que 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, tant en Europe qu’à l’échelle mondiale. Le continent a également connu son deuxième plus grand nombre de journées de « stress thermique ».

Les scientifiques avertissent que les changements climatiques aggravent la fréquence et l’intensité des épisodes de chaleur et de sécheresse, particulièrement dans le sud-est de l’Europe, rendant la région plus vulnérable aux problèmes de santé et aux feux de forêt.

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Image à la une : Lille, France, le 22 juin 2026 (AP Photo/Jean-Francois Badias).