Le Belize, de plus en plus durable

Au printemps dernier, la Conférence des Caraïbes sur le développement du tourisme durable a mis en lumière les splendeurs du Belize, tout en déclinant plusieurs façons de les protéger, excursions à l’appui. Notre journaliste y était.


En avril, la Caribbean Tourism Organization (CTO), en collaboration avec l’Office de tourisme du Belize, a mis en lumière les attraits de ce petit pays au gros potentiel touristique, dans le cadre de la 17eConférence des Caraïbes sur le développement du tourisme durable.

Pendant quatre jours, cet évènement organisé à San Pedro, une petite localité de cette contrée anglophone d’Amérique centrale, a rassemblé quelques 350 délégués, dont 55 conférenciers provenant de 29 pays : décideurs et acteurs politiques, chefs d’entreprise, experts, chercheurs, économistes, sociologues ainsi que des représentants de grands voyagistes internationaux.

En référence à la thématique de l’événement, Tourism in full Color, chaque conférence présentée était placée sous l’égide d’une couleur : bleue pour les aires marines, vert pour la forêt, orange pour la culture.=

On y a parlé de conservation de la biodiversité, de gestion économique, de modèle d’affaires, de formation, de secteurs en essor, de patrimoine, de tourisme autochtone et de marchés ciblés. La volonté d’inscrire le tourisme dans une réelle perspective durable était bien là; reste à savoir si elle sera suivie d’actions politiques concrètes.

 

Un pays prometteur

Coincés entre le Mexique, au nord, et le Guatemala, au sud, les 386 km de côtes du Belize baignent dans le bleu limpide de la mer des Caraïbes.

Le pays est notamment réputé pour ses plongées spectaculaires et pour sa barrière de corail  – la deuxième au monde après celle de l’Australie –, qui s’étend sur 1000 km du Mexique jusqu’au Honduras, dont une bonne portion en face de son littoral.

En marge de la Conférence, l’Office de tourisme a présenté plusieurs participants à explorer certains des plus beaux attraits du pays qui compte des écosystèmes exceptionnels et de remarquables sites archéologiques; en voici un tour d’horizon.

 

Rando dans l’atoll Turneffe

Révélé par le commandant Cousteau dans les années 1970, le Great Blue Hole (le Grand Trou bleu), est l’une des curiosités naturelles du Belize, tout comme le sont ses 450 cayes  (îles et îlots sablonneux) et ses nombreux attols. L’un des plus célèbres : l’attol coralien Turneffe.

« Turneffe est le plus grand atoll de l’hémisphère ouest », clame Hubert Gillette, agent de conservation sénior à la Turneffe Attol Sustainability Association (TASA). Depuis 2013, cette ONG gère la Turneffe Attol Marine Reserve en partenariat avec le gouvernement du Belize.

Ses actions reposent sur quatre piliers : la recherche scientifique, la protection, l’éducation et le plein air. Tout comme dans les 11 réserves marines du pays, l’équipe de gestion a fort à faire pour lutter contre la pêche à la langouste illégale et pour protéger les habitats des phénomènes marins causés par les changements climatiques.

Depuis le petit centre d’accueil, le sentier Kalabash (Kalabash nature trail) invite à découvrir la forêt littorale dense qui pousse littéralement sur le sable et qui tolère l’eau salée.

Cette végétation composée d’arbustes, de conifères, de palmiers et de feuillus permet de fixer le sol durant les épisodes de submersion côtière causée par les ouragans. Il faut marcher d’un bon pas si on ne veut pas servir de lunch aux nuées de moustiques voraces qui y prolifèrent, mais au sommet du belvédère, au bout du sentier, quelle récompense! La vue sur la forêt et la mangrove qui se déploient à 360 degrés est tout simplement grandiose.

 

Où séjourner

  • Blackbird Caye Dive Resort: le complexe tout-inclus parfait pour les amateurs de plongée-bouteille ou en apnée. Forfaits disponibles avec nuit en cabane privée, les pieds dans l’eau.
  • Turneffe Flats : Les amateurs de pêche en mer aimeront ce complexe primé pour son approche durable. Nuitée en lodge et espaces communs pour rencontrer ses futurs partenaires de plongée.
  • Turneffe Island Resort : on y pratique la pêche à la mouche, la plongée avec ou sans bouteille et on se relaxe dans un décor de rêve.
  • Belize Sailing Vacations : des séjours sur voilier de luxe avec repas gastronomiques et activités de découverte inclus.

 

Apnée dans la réserve marine Hol Chan

Hol Chan, au large d’Ambergris Caye et de Caulker Caye, forme une brèche de 10 mètres de profondeur. C’est le tout premier parc marin du Belize, protégé depuis 1987.

 

Au départ de Belize City, une traversée sur le voilier Sirena Azul de 40 minutes suffit pour atteindre ce secteur niché au cœur de la barrière de corail, connu pour ses fonds exceptionnels.

Pendant une heure, la plongée guidée avec masque et tuba est incroyable. Tout autour, requins nourrices (pas très actifs!), raies pastenagues, tortues marines, mérous et une floraison de poissons tropicaux aux couleurs surréalistes jouent paisiblement de la nageoire.

Des bancs d’innombrables poissons jaunes, bleus, tachetés, rayés, tous scintillants, s’abritent autour des coraux. Quelques barracudas cuirassés, aux yeux glauques et à la mâchoire menaçante, défilent à la queue leu leu dans cet aquarium naturel. L’activité est offerte par le club de plongée de l’hôtel Blue Tang Inn, à San Pedro.

 

Où séjourner 

Blue Tang Inn : ce luxueux complexe, situé en bord de mer à San Pedro, offre un confort maximal dans un décor de rêve. Son centre de plongée propose la traversée sur le voilier suivie de l’activité guidée en plongée en apnée.

 

Visite à pied du site archéologique Lamanai

Le site archéologique Lamanai (« crocodiles submergés » en langue maya), à une heure de San Pedro, a été découvert en pleine forêt tropicale du Belize entre les années 60 et 70 par d’intrépides archéologues.

S’y rendre depuis San Pedro ressemble d’ailleurs à une (petite) aventure tant il faut enchaîner les transports collectifs jusqu’à l’ancien village maya (taxi bateau express, autobus, navette filant sur la surface plane de la lagune…).

Pour imaginer l’effet des trois temples de Lamanai, il faut les revêtir en pensée d’un pigment rouge vif et d’ornements scintillant dans la lumière du Belize. Il faut aussi resituer les lieux au cœur d’une communauté de 60 000 âmes, que l’eau pure de la lagune avait incitée à y édifier temples imposants et maisons modestes, entre 500 et 600 ans av J.-C.

 

Il reste à ce jour trois temples – dont le temple du jaguar et le temple des marques  –, un terrain pour le jeu de balle et quelques murailles pétrifiées dans la forêt luxuriante. Et gravir les marches des temples est très accessible aux bons marcheurs.

Où séjourner

Watermarck Hotel : sur la caye Ambergris, cet hôtel tout-confort de San Pedro est situé près de tout. Il compte des bars les pieds dans l’eau, des restaurants, des épiceries et des boutiques d’artisanat. Piscine sur le toit-terrasse en prime.

 

L’essor des croisières

De plus en plus de croisières antillaises incluent Belize City parmi leurs escales. C’est le cas de plusieurs itinéraires offerts par les MSC, Royal Caribbean, Norwegian Cruise Line, Carnival et Celebrity, pour n’en citer que quelques-uns.

Mais plutôt que de laisser ces entreprises faire comme bon leur semble, l’Office de tourisme du Belize réfléchit pour fixer de nouvelles règles afin qu’elles génèrent des emplois, notamment pour les jeunes Béliziens, ainsi que des retombées pour les commerçants, restaurateurs et hôteliers.

Des discussions s’organisent ainsi avec les écoles pour penser à la formation des jeunes en tourisme. Car au-delà de la mise en valeur et de la protection de l’environnement, le développement durable d’une destination implique aussi de se soucier des communautés locales.

« Il faut regarder ce qui se passe sur terre plus que sur l’eau, insiste Maria Fewell, spécialiste du tourisme à l’OECS Commission (Organization of Eastern Caribbean States). Les compagnies de croisière ont la responsabilité de s’assurer que la gouvernance de leurs produits inclut les résidents locaux ».

 

Le Bélize en un clin d’œil

Capitale : Belmopan (mais Belize City reste la métropole).

Le dollar bélizien = 0,71 dollar canadien. La vie est extrêmement chère (restaurants, hôtels continentaux, déplacements en taxi).

Transport : à San Pedro, on loue une voiturette de golf pour se déplacer, comme les résidents locaux.

Sécurité : l’état d’urgence a été déclarée en mai dernier dans certains secteurs de Belize City à cause de l’insécurité (mieux vaut éviter cette grande ville et séjourner dans les cayes).

Meilleure saison : pour éviter la saison des pluies, on y va surtout de février à avril.

Infos : belizetourismboard.org

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Toutes les photos sont une gracieuseté de Nathalie Schneider.