• vendredi le 18 juin, 2021

Les réceptifs au Canada souffrent aussi des restrictions : “35 années de croissance balayées” indique l’AITC et Destination Canada

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11 mai 2021 – Au cas où vous douteriez de l’importance du tourisme intérieur, considérez ceci: si les Canadiens dépensaient seulement les deux tiers de leur budget habituel de voyage au Canada plutôt qu’à l’étranger en 2021, cela pourrait accélérer la récupération de l’industrie du tourisme local en un an. Voici donc l’idée du gouvernement?

Cela est d’autant plus significatif que Destination Canada estime qu’il faudra encore quatre ans pour que l’industrie du tourisme au Canada atteigne les niveaux de 2019, si des changements importants et des interventions gouvernementales ne sont pas effectués.

Le secteur receptif au Canada souffre également des restrictions en place par le gouvernement.

« Les pertes de 2020 pour le secteur du tourisme au Canada sont les plus conséquentes jamais enregistrées ; les différents impacts de la pandémie mondiale ont en réalité balayé 35 années de croissance », a déclaré Marsha Walden, présidente et PDG de Destination Canada lors du dernier webinaire avec l’AITC (Association de l’industrie touristique du Canada). « Ainsi, le fait de capter une bonne partie de ces voyages habituellement sortants peut avoir un impact très positif sur notre industrie. »

Cette année, Destination Canada fera le plus gros investissement jamais réalisé dans le marketing du tourisme intérieur afin de motiver les Canadiens à voyager d’une province à l’autre, en travaillant avec les provinces, les territoires et les villes pour s’assurer qu’un programme associé sera en place pour aider à stimuler les revenus « dès que les restrictions seront levées », ajoute Marsha Walden.

LE CANADA A BESOIN DE PLUS DE FINANCEMENT POUR RESTER COMPÉTITIF

Beth Potter, la nouvelle présidente et PDG de l’AITC qui a co-animé le dernier webinaire, a déclaré qu’il est impératif que le Canada retrouve son élan et sa compétitivité à l’échelle mondiale. C’est pourquoi l’AITC a demandé au gouvernement fédéral de fournir à Destination Canada un financement complémentaire d’au moins 225 millions de dollars sur trois ans.

« Un soutien ciblé est nécessaire pour les entreprises touristiques afin de s’assurer qu’elles seront présentes lorsque les restrictions frontalières seront levées », a déclaré Beth Potter. « Avec le manque de voyages en 2020, il y a une opportunité d’injecter une partie de ces dépenses au Canada. La conversion de seulement 10 à 12 % de ces dépenses canadiennes pourrait rapporter 4 à 5 milliards de dollars supplémentaires, en plus des dépenses inter et intraprovinciales. »

Au nom des voyagistes du Canada, l’AITC s’engage aussi à faire pression pour obtenir ce qui suit :

  • Un incitatif fiscal pour les Canadiens pour les années d’imposition 2021/2022 pour voyager localement ou au Canada.
  • La réintroduction du Programme des manifestations touristiques de renom (PMTR) financé par le gouvernement fédéral pour soutenir les principaux festivals et événements au Canada.
  • Le développement d’un programme de financement pour le rétablissement des événements d’affaires et des villes et pour aider les offices de tourisme urbains dans leur efforts pour remplacer les réunions et les événements annulés et récupérer leurs pertes.
  • Rétablir le programme de TPS pour les visiteurs internationaux.
  • Un financement ciblé pour la recherche d’emploi et les programmes de formation en priorité pour le secteur tourisme.
  • Prolonger les visas de travail d’une année complète, dispenser de frais jusqu’en 2022, et veiller à ce que les programmes d’immigration répondent aux futures demandes de personnel dans le secteur du tourisme.

« Il est important que l’industrie soit en mesure d’offrir des services à ces visiteurs nationaux. Nous demandons donc un soutien qui permette au secteur de survivre et de redevenir compétitif pendant et après cette pandémie », a déclaré Beth Potter. « Sans ce soutien, les industries canadiennes du tourisme, de la culture et de l’accueil seront dévastées, tout comme notre économie, ce qui aura un impact sur tout le pays. »

« Comme nous ne le savons que trop bien, nos entreprises ont été les premières touchées par la pandémie, les plus durement touchées par les fermetures et seront les dernières à s’en remettre. »

SOUTIEN AUX ENTREPRISES LES PLUS TOUCHÉES DU CANADA

L’AITC apporte également son soutien au secteur de l’aviation du Canada, en demandant au gouvernement de fournir des liquidités immédiates aux transporteurs et aux aéroports, ainsi qu’un financement suffisant aux fournisseurs de services gouvernementaux tels que NavCan et l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA). Elle demande aussi de mettre en place des mesures incitatives pour que les compagnies aériennes maintiennent la desserte des communautés éloignées et de supprimer les loyers de baux fonciers des aéroports.

« Le soutien au secteur de l’aviation est essentiel à notre reprise; chaque itinéraire annulé ou avion cloué au sol retardera le rétablissement du secteur », a déclaré Beth Potter. « Sans soutien au secteur aérien et sans accès à des liquidités pour payer les coûts fixes, le rétablissement du secteur sera prolongé et le Canada pourrait perdre sa compétitivité mondiale. »

LES DEUX CHOSES NÉCESSAIRES AU BON RÉTABLISSEMENT DE L’INDUSTRIE

Selon Beth Potter, deux choses doivent se produire pour que l’industrie touristique canadienne puisse s’en sortir.

« D’une part, nous devons faire en sorte que les Canadiens se déplacent au sein du pays. Cela se fera peu à peu, quand ils se sentiront plus en sécurité pour voyager et quand les résidents se sentiront plus à l’aise pour accueillir des gens dans leurs communautés », a-t-elle déclaré.

« D’autre part, nous avons également besoin de temps pour organiser l’ouverture des entreprises. C’est la conversation que nous avons actuellement avec le gouvernement. Nous devons choisir une date, que ce soit cet été, une fois que tous les Canadiens aient reçu au moins une injection de vaccin, ou à l’automne, quand ils auront reçu les deux doses. »

« Nous devons communiquer avec nos clients pour leur dire à quoi ils peuvent s’attendre, car nous avons dû modifier quelque peu notre façon de faire, pour les entrées à temps limité ou les réservations à l’avance. Nous ne sommes pas un secteur qui peut changer en un clin d’œil », a-t-elle ajouté.

RÉOUVERTURE DES FRONTIÈRES ET PREUVE DE VACCINATION

La réouverture des frontières interprovinciales et internationales est essentielle au redressement de l’industrie, et Beth Potter croit que le gouvernement peut fournir des conseils à cet égard. Notant que « l’incertitude n’assure pas une reprise réussie » , elle a ajouté que des pays du monde entier ont déjà modifié leurs conditions d’entrée en utilisant des données factuelles qui soutiennent une quarantaine réduite et une augmentation des tests comme moyen plus efficace de protéger les populations.

La quarantaine de trois jours dans les hôtels imposée par le Canada aux voyageurs internationaux, annoncée le 29 janvier, n’a pas encore de date de levée, mais le gouvernement fédéral a affirmé que toutes les mesures relatives aux voyages resteraient en place aussi longtemps que nécessaire.

« Nous pensons que le Canada doit repenser les règles de quarantaine et investir dans les tests rapides et la détection de cas contact », a déclaré Beth Potter. « Le Canada doit fonctionner selon une approche unie en matière de voyage et avoir une seule politique de voyage pour le pays, et non 13 politiques individuelles. »

En ce qui concerne la preuve de vaccination, l’AITC recommande que le Canada adopte cette mesure, estimant qu’elle devrait devenir un document de voyage commun à tous les voyageurs à l’avenir. Beth Potter a précisé qu’il existe déjà un système, utilisé par les compagnies aériennes et les agents frontaliers du monde entier pour valider les preuves de vaccination ou les visas, et que la meilleure façon de mettre en œuvre cette nouvelle mesure serait de s’appuyer sur le système existant.

« Nous avons facilité les conversations avec le gouvernement fédéral et nous nous sommes assis à la table des négociations avec des pays du monde entier parce que nous voulons nous assurer que la solution du Canada est compatible avec celle des autres pays », a déclaré Beth Potter. Mais nous devons comprendre que tout le monde ne sera pas vacciné. Nous devrons donc trouver un moyen pour que ceux qui ne sont pas vaccinés puissent également voyager. Un régime de tests rigoureux et le traçage des cas contact sont les deux solutions qui semblent les plus logiques, qui ne compliquent pas trop le processus et qui sont facilement accessibles et réalisables par les voyageurs. »

Pour revoir le dernier webinaire dans son intégralité, cliquez ici.

Source : Cindy Sosroutomo pour le groupe Travelweek/Profession Voyages

Traduction : Emmanuelle Bouvet

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