Les prix du carburant augmentent mais les voyageurs continuent de réserver

Le prix d’un gallon de carburant d’aviation est monté à 3,93 $ mardi, contre 2,50 $ la veille du déclenchement de la guerre.


Les principales compagnies aériennes états-uniennes affirment ne pas s’attendre à une baisse significative de leurs bénéfices trimestriels, malgré l’envolée des coûts du carburant d’aviation liée à la guerre au Moyen-Orient, qui ajoute des centaines de millions de dollars en dépenses.

Des dirigeants de Delta Air Lines, American Airlines et United Airlines ont déclaré mardi aux investisseurs que la forte demande en billets aide à compenser ces coûts plus élevés, les trois transporteurs affichant des réservations records cette année.

Les prix du carburant d’aviation ont bondi depuis le début de la guerre, le 28 février, qui a perturbé l’approvisionnement mondial en pétrole, en particulier autour du détroit d’Ormuz, un étroit passage par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.

 

De la volatilité dans l’air

La volatilité du prix du brut, qui fait grimper les prix de l’essence, a le même effet sur le carburant d’aviation, l’une des plus grandes dépenses du secteur aérien, représentant typiquement près du quart des coûts d’exploitation.

Le prix d’un gallon de carburant d’aviation est monté à 3,93 $ mardi, contre 2,50 $ la veille du déclenchement de la guerre, selon Argus Media. Le PDG de Delta, Ed Bastian, a indiqué que cela représente environ 400 millions de dollars de coûts supplémentaires jusqu’ici.

Les dirigeants d’American et de United ont rapporté des chiffres similaires lors de leur intervention mardi à la conférence annuelle J.P. Morgan Industrials Conference.

 

La demande est toujours là

Pour l’instant, la plupart des grandes compagnies aériennes états-uniennes estiment que la forte demande en voyages aériens permet d’absorber ces coûts additionnels.

« Cela touche tous les segments, du corporatif à l’international, du loisir haut de gamme à la cabine principale, en passant par notre réseau domestique, » indique Ed Bastian. « On observe de la vigueur dans tous les marchés que nous regardons. »

Le PDG a ajouté que huit des dix meilleures journées de ventes de billets de Delta ont eu lieu cette année, dont cinq depuis le début de la guerre.

Le PDG de United, Scott Kirby, explique pour sa part que les dix premières semaines de l’année ont été les dix meilleures semaines de ventes de billets de la compagnie, les deux dernières étant les plus fortes jamais enregistrées.

Robert Isom, PDG d’American, rapporte quant à lui que huit des dix meilleures journées et semaines de réservations de la compagnie ont également eu lieu cette année, et il s’attend à ce que la forte demande se poursuive en avril et en mai.

 

Acheter pour sécuriser les prix

Les déclarations des dirigeants suggèrent que les voyageurs achètent maintenant pour verrouiller des tarifs plus bas avant que les transporteurs n’ajustent encore leurs prix à l’approche de la haute saison estivale.

Les analystes du secteur affirment que la question n’est pas de savoir si les tarifs aériens augmenteront en raison des coûts plus élevés du carburant, mais quand, pour combien de temps et dans quelle mesure.

L’impact pourrait être ressenti surtout sur les liaisons internationales long-courrier, qui consomment beaucoup plus de carburant que les vols courts.

Un certain nombre de transporteurs non états-uniens ont déjà introduit des surtaxes carburant ou augmenté leurs prix de billets.

Les compagnies états-uniennes, quant à elles, sont plus susceptibles d’intégrer ces coûts aux tarifs de base ou d’ajuster les frais pour les options additionnelles, comme les surclassements de siège, puisqu’elles n’utilisent généralement pas de surtaxe carburant.

 

Avec ou sans hedging?

Certaines compagnies sont partiellement protégées contre les hausses soudaines grâce au « hedging » du carburant, une stratégie qui fixe les prix des mois, voire des années à l’avance.

Mais toutes ne le font pas, et celles qui le font ne sont généralement protégées que pour une partie de leurs besoins, ce qui signifie que des hausses prolongées pourraient pousser davantage de transporteurs à relever leurs tarifs.

Si les prix du carburant restent élevés, les compagnies pourraient aussi ajuster leurs horaires ou réduire certaines liaisons pour limiter les coûts.

« Nous allons certainement rester agiles en matière de capacité afin de maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande, » de conclure Robert Isom.

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Légende de l’image principale: Un avion d’American Airlines atterrit tandis qu’un appareil de United Airlines attend l’autorisation de décoller à l’aéroport international de Denver International Airport, le 12 mars 2026 — Crédit AP Photo/David Zalubowski.