Parallèlement, les inquiétudes sur l’approvisionnement en carburant d’aviation s’amplifient.
Les surtaxes carburant sont désormais la nouvelle normalité, alors que les compagnies aériennes du monde entier font face à une hausse rapide du prix du carburant d’aviation, en plus des inquiétudes encore plus sérieuses concernant l’approvisionnement.
Les mesures à court terme du groupe WestJet face à la crise mondiale du carburant comprennent ainsi une surcharge carburant sur les forfaits vacances de Vacances Sunwing et de Vacances WestJet Québec.
Tel que rapporté hier, une surtaxe carburant temporaire s’applique également aux bons de compagnon du programme WestJet Rewards. Le groupe WestJet a aussi combiné certains vols sur des dessertes à plus faible demande, réduisant le nombre de vols d’environ 1 % en avril et de 3 % en mai. Selon la compagnie aérienne, la plupart des clients ont reçu des options de réacheminement à la suite de ces consolidations.
« La fermeture du détroit d’Ormuz a mis sous pression l’offre mondiale de pétrole et entraîné une flambée des prix du pétrole, ainsi qu’une hausse encore plus marquée du prix du carburant d’aviation, qui représente généralement environ 20 % des coûts d’une compagnie aérienne », indique le groupe WestJet.
La surtaxe carburant temporaire de 60 $, imposée sur toutes les réservations effectuées avec un bon de compagnon WestJet Rewards, continuera d’être évaluée et ajustée selon l’évolution de la situation.
« Le carburant est le principal facteur des coûts d’exploitation d’une compagnie aérienne, et une surtaxe temporaire nous aide à gérer la récente hausse des prix du carburant, explique l’entreprise. »
Surtaxe pour Vacances Sunwing et Vacances WestJet Québec
Par ailleurs, une surtaxe carburant de 50 $ par personne sera appliquée à toutes les nouvelles réservations de Vacances Sunwing et Vacances WestJet Québec effectuées à partir du 14 avril. Les voyageurs qui ont déjà réservé ne seront pas touchés. La surtaxe sera incluse dans les taxes et frais habituels au moment de la réservation, et elle s’appliquera à toutes les réservations Sunwing et Vacances WestJet Québec.
« Nous apprécions la compréhension de nos invités alors que nous faisons face à cette pression de coûts sans précédent, et nous demeurons engagés à offrir des expériences de voyage exceptionnelles », déclare le groupe WestJet.
D’autres surtaxes en cours
La semaine dernière, VAC a annoncé une surtaxe carburant de 50 $ par passager, déjà en vigueur, sur toutes les nouvelles réservations de forfaits soleil. Ce montant apparaît dans les taxes et surtaxes lors de la réservation.
Chez Porter Airlines, une surtaxe temporaire de 40 $ appliquée aux périodes de pointe a été ajoutée pour les vols réservés avec VIPorter, le programme de fidélité haut de gamme du transporteur. La surtaxe est en vigueur depuis le 23 mars pour les nouvelles réservations, mais les réservations existantes ne sont pas affectées.
Air Transat a également ajusté ses tarifs, introduisant une surtaxe de 50 $ sur les segments de vol quittant le Canada et de 25 € sur les segments partant d’Europe.
L’approvisionnement, l’autre grande préoccupation
Même si les surtaxes agacent les voyageurs et l’industrie, la préoccupation majeure pour les compagnies aériennes est désormais la disponibilité du carburant, explique l’expert en aviation John Gradek, interviewé à CTV.
« Environ 25 à 30 % du carburant d’aviation mondial provient du Moyen-Orient, dit-il. Cela représente donc un impact majeur pour les compagnies aériennes. »
« Oui, les prix augmentent, mais je pense que la grande vague qui arrive concerne l’approvisionnement, poursuit-il. Nous allons probablement commencer à manquer de carburant d’aviation d’ici environ une semaine dans certaines régions du monde. »
L’Asie dans la mire
John Gradek estime que les pays d’Asie du Sud-Est seront touchés en premier. Des vols ou certaines routes seront annulés pour faire face à la pénurie de carburant.
Dan McTeague, analyste pétrolier et président de Canadians for Affordable Energy, a déclaré à CTV que la situation actuelle, avec la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, constitue « probablement la plus grande crise énergétique d’une génération ».
Selon John Gradek, les vols intérieurs au Canada ne devraient pas être affectés, mais les retours de destinations internationales pourraient être compliqués.
« L’Asie, l’Europe occidentale, l’Europe centrale, ce sont les zones où l’on doit s’inquiéter, à la fois pour l’approvisionnement et pour les prix du carburant d’aviation, estime-t-il : les services internationaux sont à risque. »
Selon lui, les routes pourraient être modifiées ou certains voyages internationaux annulés entièrement, possiblement dès la mi-avril.