L’industrie du voyage ne s’inquiète pas pour les croisières, même en cas d’éclosion

Un expert en tourisme de l’Université Dalhousie affirme que les croisières ont su rebondir après la pandémie de COVID-19 et qu’il s’attend au même scénario advenant une autre éventuelle éclosion de virus.


Même si deux éclosions très médiatisées sur des navires de croisière risquent de refroidir temporairement les ardeurs, les acteurs de l’industrie prédisent que l’appel des océans ramènera rapidement les voyageurs à bord.

Lorn Sheehan, expert en tourisme à l’Université Dalhousie, rappelle que les croisières ont réussi à se remettre de la COVID-19 et il s’attend au même résultat après l’éclosion de hantavirus qui a mis en quarantaine un navire d’expédition en route vers l’Antarctique, rendant malades 11 passagers et membres d’équipage, dont trois sont décédés.

Il estime que l’industrie du voyage est résiliente et que la croissance du tourisme de croisière surpasse celle du secteur dans son ensemble.

 

Des modèles trop appréciés pour être boudés

Selon lui, les voyageurs apprécient les croisières pour leur côté pratique et ils les considèrent comme des « complexes hôteliers itinérants » qui vous transportent d’une destination à l’autre.

L’expert ajoute que même si certains pourraient être rebutés par la perspective d’éclosions, chacun évalue les risques différemment.

Si l’épidémie de hantavirus à bord du MV Hondius constitue un cas rare – et qui n’est pas à craindre, faut-il le rappeler –, d’autres maladies, comme le norovirus, sont beaucoup plus fréquentes sur les navires de croisière.

 

Gare aux gastros

C’est justement une éclosion de gastroentérite qui a rendu malades des dizaines de personnes à bord de l’Ambition, un navire britannique dont les 1700 passagers n’ont pu temporairement débarquer à Bordeaux en raison de la situation.

Affaires mondiales Canada a indiqué jeudi être au courant de la présence de trois Canadiens à bord, précisant qu’ils n’étaient pas malades.

La compagnie exploitant le navire, Ambassador Cruise Line, a déclaré que les passagers non malades avaient été autorisés à débarquer jeudi et que le bateau reprendrait sa route vers sa prochaine escale vendredi.

 

Plusieurs cas aux États-Unis

Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis signalent que 22 éclosions ont eu lieu l’an dernier sur des navires relevant de leur Vessel Sanitation Program, lequel couvre tous les navires transportant plus de 13 passagers et faisant escale aux États-Unis ainsi qu’au moins un port étranger. La plupart de ces éclosions étaient du norovirus.

Mais Lorn Sheehan soutient que la possibilité de propagation de virus n’est pas suffisante pour décourager la majorité des croisiéristes potentiels. « Je pense que les gens se disent que nous vivons déjà avec des risques au quotidien, donc ce n’est peut-être pas si grave », dit-il.

 

Une promesse clé en main

Les croisières attirent les voyageurs grâce à la promesse de vacances clé en main et d’une multitude d’activités.

« Ce que les passagers obtiennent, c’est ce que vous retrouveriez dans un complexe hôtelier, sauf que ce complexe se déplace d’un endroit à l’autre », rappelle Lorn Sheehan.

Pendant ce temps, Dave Wentworth, propriétaire de l’agence de voyages DestinationWhatever.com, affirme que même si certains internautes discutent de l’idée d’éviter les navires, sa clientèle passionnée de croisières n’a pas changé ses habitudes.

Il ajoute même qu’il doit lui-même embarquer pour une croisière la semaine prochaine. « Je ne pense pas une seconde à l’annuler, dit-il. Parce qu’au fond, beaucoup de gens voient cela comme un événement extrêmement isolé, presque un coup du sort en vase clos », dit-il à propos de l’éclosion du hantavirus.

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Légende de la photo principale : Le navire de croisière MV Hondius quitte le port de Praia, au Cap-Vert, le 6 mai 2026 — Crédit : AP Photo/Misper Apawu