Crédit: (AP Photo/Matias Delacroix)

Moyen-Orient : voyageurs bloqués, gouvernements dépassés

La semaine s’annonce longue pour des milliers de passagers coincés à l’étranger, tandis qu’on tente de les rapatrier. 


Tandis que le conflit vient de s’étendre au Liban, les gouvernements s’activent pour aider les voyageurs à rentrer chez eux après que l’attaque contre l’Iran menée par les États-Unis et Israël ait interrompu les vols traversant le Moyen-Orient.

Des touristes et voyageurs d’affaires se sont retrouvés coincés à l’improviste dans des hôtels, des aéroports ou sur des navires de croisière, sans aucune indication sur la réouverture des aéroports ni sur la reprise des vols à destination ou en transit par la région. Les gouvernements ont demandé à leurs ressortissants bloqués de rester sur place.

 

Des aéroports toujours fermés

La fermeture des aéroports de Dubai, Abu Dhabi et Doha, dont l’aéroport international de Dubai, l’un des plus fréquentés au monde, perturbe gravement les liaisons entre l’Europe, l’Afrique et l’Occident vers l’Asie. Les trois infrastructures ont été directement touchées par les frappes.

Qatar Airways a indiqué lundi que ses vols demeurent suspendus, une nouvelle mise à jour étant prévue mardi matin, tandis que la Jordanie a annoncé une fermeture partielle de son espace aérien.

Environ 30 000 touristes allemands sont présentement bloqués sur des navires de croisière, dans des hôtels ou dans des aéroports fermés au Moyen-Orient et ne peuvent pas rentrer chez eux en raison du conflit.

Les gouvernements qui voudraient rapatrier leurs ressortissants se butent ainsi à cette réalité : une évacuation militaire est pour le moment impossible en raison de la fermeture de l’espace aérien.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, examine ainsi d’autres options pour rapatrier ses citoyens, tout en rappelant que chacun devait suivre les conseils des agences de voyage et des autorités locales.

L’Association allemande du voyage reprend par ailleurs un conseil largement répandu dans les circonstances : exhorter les touristes à « rester de toute urgence dans les hôtels où ils ont réservé » et à ne pas « tenter de se rendre par leurs propres moyens à l’aéroport ou dans un pays voisin ».

 

Des avions militaires mobilisés

La République tchèque envoie deux avions en Égypte et en Jordanie pour rapatrier ses ressortissants, a déclaré le premier ministre Andrej Babiš. L’un d’eux récupérera 79 Tchèques dans la station balnéaire égyptienne de Sharm El Sheikh, qui souhaitent rentrer d’Israël. Ils voyagent d’Israël vers l’Égypte en bus. L’autre avion évacuera des citoyens tchèques à Amman, en Jordanie. Babiš a précisé qu’environ 6 700 Tchèques se trouvent dans la région. Quatre autres avions doivent se rendre à Mascate et Salalah, à Oman, pour rapatrier des touristes tchèques.

En Asie, des milliers de voyageurs se sont retrouvés coincés sur l’île touristique de Bali, en Indonésie, en raison de l’annulation des vols internationaux. L’aéroport international de Bali a indiqué qu’au moins 15 vols, dont huit départs et sept arrivées, à destination de Dubai, Doha et Abu Dhabi, avaient été annulés lundi après-midi.

 

Annulations en série

Air France a annulé ses vols à destination et en provenance de Tel Aviv, Beyrouth, Dubaï et Riyad, tandis que des compagnies aériennes comme Air India ou KLM ont suspendu leurs vols et publié des avis.

Les compagnies aériennes américaines ont publié des avis aux voyageurs et la perturbation du transport mondial a secoué le secteur du voyage sur les marchés financiers lundi matin, faisant chuter les actions des transporteurs opérant à l’international.

United, Delta et American ont toutes perdu entre 5 et 6 % de leur valeur en bourse, et les grands groupes hôteliers ont également reculé. Les compagnies de croisière comme Carnival ont davantage chuté.

Avec les informations de Profession Voyages.