Alors que l’industrie canadienne du voyage se prépare à l’éventualité d’une nouvelle grève majeure dans le transport aérien, des conseillers témoignent sur leur façon de réagir.
Et c’est reparti : pour la deuxième fois en deux étés, les conseillers en voyages sont de nouveau confrontés à l’éventualité d’une grève de l’un des principaux transporteurs au pays.
La bonne nouvelle, c’est qu’il reste encore du temps pour que WestJet et ses agents de bord parviennent à une entente. Des conseillers interrogés indiquent d’ailleurs que, jusqu’à présent, seuls quelques clients ont exprimé des inquiétudes, sans toutefois céder à la panique.
La moins bonne nouvelle, c’est que le temps presse. Une grève pourrait débuter dès le 2 août, soit dans à peine un peu plus de deux semaines. Cette date tombe un dimanche de long week-end dans plusieurs régions du pays. Comme un préavis de 72 heures est requis, le syndicat pourrait annoncer le déclenchement de la grève dès les premières heures du 30 juillet, ce qui entraînerait une réduction progressive des opérations aériennes.
Comme nous le rapportions mercredi, les agents de bord de WestJet ont voté à 99 % en faveur d’un mandat de grève. Plus de 97 % des membres de la composante WestJet du SCFP ont participé au scrutin tenu du 8 au 15 juillet. WestJet et le SCFP négocient une nouvelle convention collective depuis la fin de 2025, à la suite de l’expiration du précédent contrat. Parmi les principaux points de discorde figure notamment le travail non rémunéré dénoncé par les agents de bord.
Être prêt à toute éventualité
« Jusqu’à présent, seulement une poignée de clients m’ont interrogée au sujet de la situation, indique Heidi Hurst, de Heidiway Travel. Je les rassure en leur disant que les informations dont nous disposons nous permettent de nous préparer à tous les scénarios »,
Selon elle, l’important est de prévoir des solutions de rechange plutôt que de prendre des décisions précipitées sous le coup de l’émotion.
« J’aide mes clients à réfléchir à ce qu’un plan B pourrait être, plutôt que de modifier leurs réservations de façon préventive ou à la dernière minute. »
Heidi Hurst ajoute qu’il est également essentiel de respecter les droits des travailleurs.
« Il est primordial de soutenir le droit des employés à négocier de bonne foi, estime-t-elle. Personne ne devrait être tenu d’effectuer du travail non rémunéré, quel que soit son secteur d’activité. »
Les leçons de la grève d’Air Canada en 2025
Il s’est écoulé moins d’un an depuis la grève des agents de bord d’Air Canada, en août 2025, elle aussi largement motivée par la question du travail non rémunéré.
Cette grève semblait improbable jusqu’à ce que les négociations échouent à la toute dernière minute. Les vols d’Air Canada avaient alors été suspendus pendant trois jours, après plusieurs jours d’annulations progressives précédant le 16 août.
Cette expérience mouvementée a démontré toute la valeur d’un conseiller en voyages.
« Ce que j’entends le plus souvent de mes clients, c’est à quel point ils sont heureux d’avoir une vraie personne vers qui se tourner dans ce genre de situation, plutôt qu’un robot conversationnel ou une ligne téléphonique impossible à joindre », se rappelle Heidi Hurst.
L’industrie comme les voyageurs ont également retenu qu’une grève, même lorsqu’elle semble peu probable, peut bel et bien se produire et entraîner d’importantes perturbations.
Les gens réalisent peu à peu ce qui se passe
Lesley Keyter, de South Travel Inc., indique qu’elle n’a pas encore reçu un grand nombre d’appels concernant une éventuelle grève chez WestJet. Elle s’attend toutefois à une augmentation des demandes maintenant que le mandat de grève a été adopté.
« Quelques personnes qui doivent voyager à la mi-août ou en septembre m’avaient posé des questions lorsque la grève n’était encore qu’une rumeur, souligne-t-elle. Maintenant que les membres ont voté en faveur du mandat de grève, je suis certaine que nous recevrons davantage d’appels. Je pense que les gens commencent seulement à réaliser ce que cela implique. »
Trois conseils pour les voyageurs
Les conseils que Lesley Keyter donnait à ses clients avant la grève d’Air Canada en 2025 demeurent les mêmes aujourd’hui face à la menace d’une grève chez WestJet.
- Si votre voyage est déjà réservé, vous pouvez protéger votre départ en achetant un billet entièrement remboursable auprès d’une autre compagnie aérienne. Cette solution demeure toutefois coûteuse.
- Si vous n’avez pas encore réservé, vous pouvez choisir un autre transporteur, même si l’itinéraire est moins pratique. Il faut cependant garder à l’esprit que si vous achetez un billet non remboursable et que la grève n’a finalement pas lieu, vous demeurerez lié à cette réservation.
- Les assurances voyage ne couvrent pas les événements considérés comme une condition préexistante. Autrement dit, une fois qu’une menace de grève est connue, il est généralement trop tard pour souscrire une assurance en espérant être couvert contre cette éventualité.
Malgré tout, Lesley Keyter demeure optimiste. « Les compagnies aériennes ont tout intérêt à régler ce type de conflit le plus rapidement possible, dit-elle. D’un point de vue économique, elles ne peuvent pas se permettre d’annuler des vols pendant des semaines, ni même pendant plusieurs jours. »
Comme les voyageurs, toute l’industrie touristique espère maintenant qu’une entente sera conclue rapidement.