Que s’est-il vraiment passé à bord du vol de FlyDubai?

Une semaine avant le triste anniversaire de l’attentat du 7 octobre, une catastrophe aérienne et un autre attentat ont été évités de justesse, hier au Moyen-Orient.


Lors d’un vol du transporteur dubaïote FlyDubai, le copilote a poignardé son commandant de bord et tenté de faire s’écraser un avion reliant les Émirats arabes unis à Israël. Les passagers, dont beaucoup étaient Israéliens, ont craint pour leur vie alors que l’appareil de FlyDubai a perdu la moitié de son altitude en environ une minute.

Israël a dépêché des avions de chasse, craignant un possible détournement, alors que la situation évoluait mercredi. Le pilote blessé est parvenu à ouvrir la porte du poste de pilotage, puis un passager et un membre d’équipage se sont précipités à l’intérieur pour maîtriser l’agresseur, un ressortissant omanais.

D’autres membres d’équipage ont repris le contrôle de l’appareil, qui s’est posé sans encombre en Arabie saoudite.

Voici ce que l’on sait, et ce qu’on ignore encore, au sujet de ce qui s’est produit à bord du vol FZ1073 de FlyDubai.

 

Une altercation, une alerte et une descente vertigineuse

L’appel de détresse a été lancé à 8 h 44, heure locale, environ deux heures et demie après le décollage de l’appareil de Dubaï, aux Émirats arabes unis. Le vol transportait quelque 170 passagers et se dirigeait vers Tel-Aviv, en Israël.

Des responsables ont indiqué par la suite qu’une altercation avait éclaté dans le poste de pilotage lorsque le copilote avait tenté de poignarder le pilote et de faire s’écraser l’appareil.

L’avion a rapidement perdu de l’altitude, passant de 33 000 pieds à 17 000 pieds, soit d’environ 10 000 mètres à 5 100 mètres, en l’espace d’une minute environ.

 

Des passagers et des membres d’équipage à la rescousse

Selon des témoins et les autorités israéliennes, le commandant a réussi à ouvrir la porte du poste de pilotage, ce qui a permis à un passager et à un membre d’équipage d’y entrer et de laisser d’autres membres d’équipage prendre les commandes et faire atterrir l’avion en toute sécurité.

L’avion a ensuite effectué des cercles près de la frontière jordanienne avant d’atterrir à Tabuk, en Arabie saoudite, environ une heure plus tard.

Après l’atterrissage à l’aéroport international Prince Sultan bin Abdulaziz de Tabuk, les autorités saoudiennes ont arrêté le copilote.

Le pilote blessé, le commandant Smit Machchhar, a été salué comme un héros dans son pays, l’Inde. Des passagers ont raconté comment celui-ci, couvert de sang, était parvenu à ouvrir la porte du poste de pilotage pour les laisser entrer.

 

Quels contrôles de sécurité les pilotes doivent-ils subir ?

L’une des questions soulevées par cet incident est de savoir comment une personne à bord de l’avion, et particulièrement un pilote, a pu avoir un couteau à bord. On ignore quelle était la taille de l’arme utilisée lors de l’attaque, voire s’il s’agissait effectivement d’un couteau.

Dans une entrevue accordée à Sean Hannity, de Fox News Channel, le premier ministre israélien Netanyahu a déclaré que l’agresseur pourrait avoir frappé le commandant de bord avec une hache. Les compagnies aériennes sont généralement tenues de disposer de haches de secours dans le poste de pilotage. Elles peuvent servir, en cas d’urgence, à briser une fenêtre pour permettre une évacuation ou à ouvrir un panneau afin d’accéder à un incendie.

Les pilotes sont soumis à des contrôles rigoureux, notamment au passage par des détecteurs de métaux aux points de contrôle de tous les aéroports. Les compagnies aériennes vérifient également habituellement les antécédents de leurs pilotes, notamment leurs antécédents criminels et professionnels, leur état de santé physique et mentale, et leur font subir des contrôles de sécurité et de renseignement.

 

Les contrôles israéliens parmi les plus stricts

Israël applique certaines des mesures de sécurité aérienne les plus strictes au monde. Les passagers des vols à destination d’Israël sont régulièrement conduits à l’écart pour être interrogés et faire fouiller leurs bagages après avoir franchi les contrôles de sécurité habituels de l’aéroport. On ignore si les pilotes du vol de FlyDubai avaient été soumis à des contrôles aussi poussés.

Rappelons que la porte du poste de pilotage de tous les avions est verrouillée pendant le vol pour des raisons de sécurité. Cette mesure est devenue la norme dans l’industrie après les attentats du 11 septembre 2001, au cours desquels des pirates de l’air ont pénétré dans les postes de pilotage de quatre vols intérieurs aux États-Unis.

Les journalistes de l’Associated Press David Rising, à Bangkok, en Thaïlande, et Sheikh Saaliq, à New Delhi, ont contribué à ce reportage.