Dans le cadre du dévoilement de ses plus récents résultats financiers, Air Canada annonce des produits d’exploitation de 5,8 G$ mais demeure prudente dans ses prévisions à long terme, malgré une forte demande.
C’est hier, jeudi le 30 avril, qu’Air Canada a dévoilé les résultats de son premier trimestre de 2026. De façon générale, on en retient d’abord ceci :
- Des produits d’exploitation records de 5,8 milliards de dollars, stimulés par une forte demande à l’échelle du réseau;
- Un bénéfice d’exploitation de 117 millions de dollars et un BAIIDA ajusté record de 623 millions de dollars;
- Des flux de trésorerie nets provenant des activités d’exploitation de 1,8 milliard de dollars et flux de trésorerie disponibles de 1,6 milliard de dollars.
Cela dit, face à la volatilité du marché en raison des fluctuations du coût du carburant, le transporteur a dû suspendre ses prévisions pour l’ensemble de l’exercice 2026 et présenter ses prévisions financières uniquement pour le deuxième trimestre de 2026, offrant une visibilité à court terme.
Heureusement, la demande demeure toujours solide et résiliente, malgré le contexte d’instabilité géopolitique accrue.
Les priorités du PDG
Le PDG d’Air Canada, Michael Rousseau, a déclaré que la priorité de la compagnie aérienne est de « rester flexible, prendre des décisions réfléchies et gérer l’entreprise de manière à privilégier les rendements et protéger les flux de trésorerie ainsi que la solidité du bilan ».
En raison de l’imprévisibilité de la guerre en Iran et de son impact sur le prix du pétrole, ainsi que sur les coûts et l’approvisionnement en carburant d’aviation, la compagnie aérienne préfère retirer ses prévisions pour l’exercice 2026 et se limiter aux prévisions du deuxième trimestre de 2026.
Celles-ci reflètent l’objectif de compenser entre 50 et 60 % des coûts supplémentaires estimés liés au carburant grâce à des mesures commerciales et de réduction des coûts, a indiqué Michael Rousseau.
Une demande toujours forte
« Malgré les hausses tarifaires liées au carburant, nous continuons de constater une forte demande sur l’ensemble du réseau et tout au long de la courbe de réservation », d’ajouter le PDG.
Les résultats du premier trimestre 2026 annoncés hier faisaient ainsi état de revenus d’exploitation de 5,8 milliards de dollars, en hausse de 11 % d’une année sur l’autre.
Le résultat d’exploitation s’est pour sa part établi à 117 millions de dollars, et le BAIIA ajusté a atteint un niveau record de 623 millions de dollars pour un premier trimestre. Le bénéfice net a été de 48 millions de dollars, contre une perte nette de 102 millions à la même période l’an dernier.
Lors de l’appel sur les résultats, M. Rousseau a noté que la situation au Moyen-Orient et la hausse des prix du carburant d’aviation ont créé un choc externe pour l’ensemble du secteur.
« La rapidité de cette hausse met à l’épreuve la résilience de la demande dans l’aviation commerciale et renforce la nécessité d’une grande discipline, d’expliquer le PDG. Ce phénomène n’est pas propre à Air Canada; c’est un défi à l’échelle de l’industrie, qui influence la manière dont les transporteurs abordent la capacité, la tarification et la gestion des risques. »
L’effet Ormuz
Avec les tensions persistantes dans le détroit d’Ormuz qui perturbe l’acheminement du pétrole, les compagnies aériennes du monde entier appliquent des surcharges carburant, augmentent les tarifs et réduisent leur capacité, tandis que plusieurs acteurs du secteur mettent en garde contre des pénuries potentielles de carburant d’aviation, voire des faillites de transporteurs.
Air Canada a réduit sa capacité pour l’été et l’automne entre Vancouver et Halifax, Québec et Miami, ainsi qu’entre Toronto et Saint-Martin. Le transporteur a également suspendu la liaison Toronto–Yellowknife à la fin août, ainsi que celle entre Fort McMurray et Vancouver à la fin mai.
Vers les États-Unis, Air Canada suspendra sa liaison YYZ–Salt Lake City à compter du 30 juin, avec l’intention de la rétablir l’an prochain. À l’international, Air Canada a annulé son nouveau service sans escale de Montréal vers Guadalajara, retiré le lancement de sa liaison Montréal–Alger de son calendrier, et suspendra temporairement les vols entre Toronto et Montréal vers l’aéroport JFK, du 1er juin à la fin octobre.
Air Canada a aussi augmenté ses frais de bagages enregistrés, rapidement suivie par WestJet. Plusieurs compagnies aériennes canadiennes ont procédé à des réductions de capacité, dans la foulée des mesures prises par les transporteurs du monde entier.
Une géopolitique mouvante
Mark Galardo, chef des affaires commerciales d’Air Canada, a déclaré que la compagnie « gère avec diligence un paysage géopolitique et macroéconomique en constante évolution; Air Canada a été l’un des premiers transporteurs à appliquer des hausses tarifaires lorsque la crise a éclaté. »
Malgré les turbulences que traverse l’industrie aérienne, Air Canada demeure résiliente. « Nous continuons de constater une demande soutenue sur l’ensemble du réseau et tout au long de la fenêtre de réservation pour la seconde moitié de l’année », de poursuivre Michael Rousseau.
« Je crois qu’Air Canada est très bien positionnée d’un point de vue financier, ainsi que pour ce qui est de sa flotte et de son réseau, a ajouté le PDG. Comme l’illustrent nos deux trimestres consécutifs record, la compagnie performe bien et l’équipe met constamment en œuvre notre stratégie à long terme. »
Avec les informations de La Presse Canadienne.
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Légende de la photo principale: Un employé ravitaille un avion d’Air Canada à l’aéroport international DFW, le 14 avril 2026 (AP Photo/LM Otero, dossier).