Shutdown : des files d’attente interminables dans les aéroports états-uniens

La paralysie gouvernementale partielle, qui affecte présentement plusieurs aéroports des États-Unis, entraîne des conséquences fâcheuses pour les passagers.


Les files d’attente de plusieurs heures, observées cette semaine dans certains aéroports états-uniens, illustrent les problèmes potentiels lorsqu’une paralysie du gouvernement, même partielle, coïncide avec la très achalandée saison des vacances de relâche.

Dimanche et lundi, le deuxième aéroport de Houston a ainsi connu la pire des situations, avec des files dépassant régulièrement trois heures. Les passagers ont aussi dû attendre plus d’une heure pour passer les contrôles de sécurité dans plusieurs autres aéroports, notamment à La Nouvelle-Orléans et à Atlanta.

L’afflux de millions de voyageurs à l’occasion des congés scolaires exercerait une pression même sur un réseau aéroportuaire pleinement opérationnel. Alors avec les problèmes de personnel qui accompagnent une paralysie gouvernementale, certains aéroports commencent à ressentir davantage de tension. La plupart, toutefois, n’ont pas connu de longues files significatives.

 

Des agents de la TSA impayés

Plus les agents de la Transportation Security Administration (TSA) doivent travailler sans être payés pendant cette fermeture partielle, plus il devient probable que certains s’absentent pour occuper un deuxième emploi afin de payer l’essence, la garde d’enfants et d’autres obligations.

Beaucoup tentent encore de se remettre financièrement de la fermeture de 43 jours survenue l’automne dernier, la plus longue de l’histoire.

Johnny Jones, secrétaire-trésorier de l’unité de négociation du syndicat de la TSA, a indiqué que les travailleurs manqueront leur premier chèque de paie complet ce week-end, depuis le début de la fermeture le 14 février. Selon lui, leur moral « a pris un sacré coup ».

« Au cours des 15 derniers mois, les agents de la TSA ont eu droit à trois fermetures du gouvernement », a-t-il déclaré à The Associated Press.

Johnny Jones, qui travaille aussi comme agent TSA, a précisé qu’il lui avait fallu des mois pour se remettre financièrement de la fermeture de 43 jours.

« J’avais réussi à remplir mes seaux d’eau et je recommence à les vider. Certains n’ont même pas eu la chance de les remplir à nouveau », dit-il.

 

L’immigration au cœur du différend

La fermeture actuelle ne touche que le Department of Homeland Security (DHS), qui gère la TSA. Les démocrates du Congrès ont refusé de financer le département parce qu’ils contestent ses méthodes en matière d’application de l’immigration.

Selon eux, le DHS ne sera pas financé tant que de nouvelles restrictions ne seront pas imposées aux opérations fédérales d’immigration, à la suite des fusillades mortelles d’Alex Pretti et de Renée Good par le tristement célèbre ICE à Minneapolis, plus tôt cette année.

De leur côté, la TSA et le DHS ont constamment blâmé les démocrates pour les longues files de sécurité. Chris Sununu, président-directeur général du groupe professionnel Airlines for America, a ainsi réitéré son appel au Congrès pour mettre fin à la fermeture.

 

Les démocrates renvoient la balle aux républicains

Mais les démocrates du comité de la sécurité intérieure de la Chambre ont rejeté l’idée qu’ils soient responsables de l’absence de rémunération des agents TSA.

« Voici les faits : les démocrates ont présenté un projet de loi clair pour financer entièrement la TSA sans condition; les républicains l’ont bloqué, a déclaré le groupe Homeland Democrats sur X. Les républicains préfèrent perturber nos déplacements plutôt que d’encadrer ICE. C’est honteux. »

 

Les retards semblent s’atténuer

Les plus longues files ont été signalées à l’aéroport William P. Hobby Airport à Houston, avec des attentes dépassant trois heures. Une vidéo tournée dimanche à La Nouvelle-Orléans montrait la file de sécurité s’étendant hors du terminal et traversant un stationnement, alors que l’attente atteignait 77 minutes.

Les files dans ces deux aéroports s’étaient atténuées lundi après-midi, mais à William P. Hobby, on affichait encore une attente de deux heures et les autorités exhortaient les voyageurs à arriver au moins trois ou quatre heures avant leur vol. À New Orleans, l’attente n’était plus que de 10 minutes en fin d’après-midi.

D’autres problèmes pourraient toutefois surgir si une équipe de sécurité manque de personnel en période de pointe.

Ni l’autorité aéroportuaire de Houston ni la TSA n’ont répondu lundi aux questions concernant la propension de l’aéroport William P. Hobby à subir de tels retards pendant la fermeture.

Ce dernier est plus petit que l’aéroport George Bush Intercontinental Airport, qui traite environ les trois quarts des passagers de la région. Mais Hobby a quand même accueilli près de 15 millions de passagers en 2024.

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Image à la une: Des passagers attendent pour passer le contrôle de sécurité de la TSA à l’aéroport William P. Hobby de Houston, le 8 mars 2026 — Crédit Brett Coomer/Houston Chronicle via AP