Malgré les tarifs élevés et les tensions géopolitiques, la demande de voyages reste solide. Résultat : les prix des billets d’avion pourraient rester élevés jusqu’au début de l’automne, selon une nouvelle analyse de Signal49.
L’organisme, qui a récemment remplacé le Conference Board of Canada, vient de publier son rapport « Industry Lens – Air Transportation August 2026 », qui analyse notamment les intentions de voyage des Canadiens, les prix des billets, les coûts du carburant, les suppléments carburant, les grèves et les enjeux de main-d’œuvre dans le secteur aérien.
Voici les principaux constats du rapport.
1. Les billets d’avion restent particulièrement chers
« Les Canadiens paient des prix décevants pour les voyages aériens », constate Signal49. Selon l’organisme, la structure oligopolistique du marché canadien favorise des tarifs élevés. Dans le contexte de la guerre entre les États-Unis et l’Iran et de la multiplication des suppléments carburant, les tarifs intérieurs en classe économique sont demeurés 11 % plus élevés qu’un an auparavant. Les tarifs internationaux sont, quant à eux, restés relativement comparables à ceux de l’année précédente.
2. Les frais aéroportuaires alourdissent la facture
Les Canadiens doivent composer avec des frais d’utilisation des aéroports élevés, intégrés au prix des billets. Si ces coûts sont généralement refacturés aux voyageurs, le gouvernement fédéral a indiqué dans sa mise à jour économique du printemps qu’il entendait examiner cette structure tarifaire.
3. Les prix devraient encore augmenter en 2026
Les prix du transport aérien pour les consommateurs avaient diminué de 6,9 % en 2025, sous l’effet d’une demande plus faible et de la baisse du prix du pétrole. La situation s’est toutefois inversée cette année avec la remontée des prix du pétrole et la forte progression des salaires. Signal49 prévoit ainsi une hausse de 3,5 % des prix des billets d’avion en 2026. La croissance devrait toutefois ralentir en 2027, à 1,6 %, grâce à une baisse anticipée du prix du pétrole et à une modération des hausses salariales.
4. Une concurrence accrue pourrait faire baisser les tarifs
Une plus grande concurrence sur le marché canadien pourrait exercer une pression à la baisse sur les tarifs, estime Signal49. Une étude du Bureau de la concurrence publiée en 2025 proposait notamment dix mesures pour stimuler la concurrence, dont l’ouverture accrue du marché aux transporteurs étrangers. Un comité parlementaire a ensuite étudié ces propositions et formulé huit recommandations. Malgré l’opposition de l’industrie, Signal49 estime que certaines d’entre elles pourraient être adoptées. Selon l’organisme, ces changements contribueraient à ramener la croissance annuelle des prix du transport aérien à environ 2 % entre 2028 et 2030.
5. La demande demeure résiliente
Même si la demande globale pourrait rester modérée, Signal49 observe que les incertitudes économiques et internationales « sont de moins en moins présentes dans les préoccupations des Canadiens ». L’enquête révèle que 70 % des répondants prévoyaient effectuer un voyage d’agrément cet été. La proportion de Canadiens planifiant un voyage à l’étranger est également passée de 25 % à 29 % en un an.
6. Les commandes d’avions se poursuivent
Les grands transporteurs canadiens continuent d’investir dans leur flotte. Air Canada doit recevoir 35 appareils cette année, provenant de Boeing et d’Airbus. Le transporteur a également commandé huit Airbus supplémentaires et pris des options sur huit autres appareils. De son côté, WestJet dispose d’un carnet de commandes ferme de 123 avions, dont les livraisons s’échelonneront au cours des prochaines années. Porter Airlines a récemment reçu son 50e appareil et prévoit en acheter au moins 75 autres.
7. La main-d’œuvre demeure un enjeu
« L’industrie du transport aérien est… en difficulté », estime Signal49. Le secteur doit notamment composer avec un nombre important de départs à la retraite chez les pilotes. Les contrôleurs aériens sont également 200 employés sous les niveaux ciblés. Plusieurs mesures sont actuellement mises en place pour tenter de corriger ces problèmes de main-d’œuvre.
8. Les grèves représentent toujours un risque
Les conflits de travail survenus récemment pendant les périodes de pointe ont fortement perturbé les déplacements des voyageurs. Signal49 estime que les relations de travail pourraient s’améliorer à mesure que les salaires progressent, mais prévient que le risque de nouvelles grèves demeure un frein potentiel à la croissance du secteur. Les gains obtenus lors des négociations collectives ont fait progresser les salaires dans le transport aérien de 12,8 % en 2025, soit leur plus forte hausse en quatre ans et une progression nettement supérieure à celle de 2,7 % enregistrée pour l’ensemble des secteurs.
Des tendances à surveiller pour les agents
Dans l’ensemble, Signal49 dresse donc le portrait d’un marché canadien confronté à plusieurs vents contraires — coûts élevés, pénurie de main-d’œuvre, tensions géopolitiques et capacité limitée — mais où la demande des voyageurs demeure étonnamment solide.
Pour les agences de voyages, le maintien de tarifs élevés et la réorientation d’une partie de la demande vers l’Europe et les destinations soleil constituent notamment des tendances à surveiller au cours des prochains mois.