Un commissaire européen craint une pénurie de carburéacteur à long terme

La guerre en Iran a fait plus que doubler le prix du carburant aviation sur certains marchés depuis la fin février.


Hier, le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, a déclaré qu’il n’existe aucune menace immédiate pour l’approvisionnement en carburéacteur, mais qu’une pénurie à plus long terme ne peut être exclue.

Le commissaire a ainsi indiqué que toute éventuelle pénurie dépendra de l’évolution de la guerre en Iran et de la situation dans le détroit d’Ormuz, ainsi que de la réaction des compagnies aériennes. Récemment, le Groupe Lufthansa a ainsi annulé 20 000 vols intra-européens.

Don Jørgensen a précisé que « nous n’en sommes pas encore là », mais il a ajouté que l’exécutif européen entamera des discussions avec les États membres « sur la meilleure manière de gérer la situation », sans fournir de détails.

 

Une guerre coûteuse

La guerre en Iran a fait plus que doubler le prix du carburant aviation sur certains marchés depuis la fin février, et les compagnies aériennes sont particulièrement vulnérables, le carburant représentant une part majeure de leurs coûts d’exploitation.

Le mois dernier, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a déclaré à l’Associated Press que l’Europe disposait « d’environ six semaines » de réserves de carburéacteur. Il a également averti que des annulations de vols pourraient survenir « bientôt » si les approvisionnements pétroliers restent bloqués en raison de la guerre.

Le commissaire a souligné que le fait que l’Union européenne ait dû payer 35 milliards d’euros (41 milliards de dollars) de coûts additionnels pour la même quantité de carburant depuis le début de la guerre en Iran démontre la nécessité d’une transition rapide hors des énergies fossiles.

 

Une situation précaire

« Ce n’est vraiment pas une crise de l’énergie; c’est une crise des énergies fossiles », a déclaré Don Jørgensen, ajoutant que même si l’UE a diversifié ses sources d’approvisionnement, amélioré son efficacité énergétique et ajouté davantage d’énergies renouvelables depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, la situation reste précaire.

Michael Damianos, le ministre de l’Énergie de Chypre, qui exerce actuellement la présidence tournante de l’UE, a indiqué que les combustibles fossiles comme le gaz naturel continueront de faire partie de l’éventail énergétique européen dans un avenir prévisible, même si l’objectif d’une réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040 demeure inchangé. Il a ajouté que le gaz naturel provenant des gisements situés au large de la côte sud de Chypre pourrait atteindre les marchés européens d’ici la fin de l’année prochaine ou le début de 2028.

 

Moins de GES, plus de diversification

Don Jørgensen a aussi affirmé que l’UE reste « très déterminée » à réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre, car « la crise climatique ne disparaîtra pas ».

À plus long terme, le commissaire a déclaré que l’UE est en discussions avec les pays du Golfe pour déterminer comment rétablir les flux énergétiques en provenance de la région une fois qu’une paix négociée avec l’Iran sera en place.

Le mois dernier, le président du Conseil européen, Antonio Costa, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont déclaré que l’Union était prête à collaborer avec les pays du golfe Persique pour de nouveaux projets permettant d’acheminer l’énergie vers les marchés mondiaux sans être pris en otage par des conflits ou des tensions géopolitiques.

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Légende de la photo principale : Dan Jørgensen, commissaire européen à l’Énergie et au Logement, lors d’une conférence de presse à Chypre, le 13 mai 2026 — CRÉDIT Photo AP / Petros Karadjias