Cette vente d’actifs publics mettrait des services vitaux entre les mains d’investisseurs dont le seul objectif est de maximiser les profits, assure ce syndicat qui représente 320 000 travailleurs.
Alors qu’on apprend aujourd’hui que Mark Carney veut aller de l’avant avec la privatisation des quatre grands aéroports canadiens – dont Montréal- Trudeau –, le Conseil de l’aviation d’Unifor adresse un message clair au gouvernement fédéral : les aéroports canadiens ne sont pas à vendre.
Lancé lors d’une action de protestation organisée au Sommet canadien de l’investissement 2026 de Toronto, ce cri de protestation de ce syndicat qui représente 320 000 travailleurs intervient dans le cadre de ce sommet de deux jours qui a réuni des investisseurs mondiaux, des chefs de direction canadiens et des représentants du secteur public afin de discuter des investissements dans les industries, les infrastructures et d’autres actifs canadiens, y compris les infrastructures qui sont encore publiques.
La crainte de conséquences négatives
« Les travailleurs aéroportuaires savent par expérience que la privatisation a des conséquences négatives pour eux et pour les voyageurs, et qu’elle entraîne une détérioration des conditions de travail dans l’ensemble du secteur de l’aviation » assure la présidente nationale d’Unifor, Lana Payne.
Selon elle, l’externalisation et le transfert de contrats font déjà baisser les salaires, les avantages sociaux et les conditions de travail; de nouvelles ventes d’actifs publics ne peuvent qu’aggraver cette crise pour les travailleuses et travailleurs aéroportuaires. « Nous avons constaté à maintes reprises comment la vente d’infrastructures publiques nous rend plus vulnérables sur le plan économique, ajoute-t-elle. S’il y a bien un moment où il faut tenir bon et construire davantage d’infrastructures publiques, c’est maintenant. »
Les aéroports relevant du Service national des aéroports (SNA) n’étaient pas directement mentionnés dans les documents préparatoires à la conférence, probablement parce que le gouvernement ne dispose pas actuellement de l’autorité législative nécessaire pour le faire.
Cependant, le gouvernement fédéral a clairement exprimé son intention de céder ces biens publics essentiels par tous les moyens possibles, y compris en apportant des modifications législatives.
Hausse de frais appréhendée
La privatisation des aéroports canadiens risque d’entraîner une hausse des frais pour les passagères et passagers et les entreprises, menace les liaisons et les correspondances desservant les collectivités rurales, éloignées et nordiques, et accentue souvent le recours à l’externalisation, au transfert de contrats et à l’emploi précaire.
Elle contribue également à aggraver la situation en matière de salaires, d’avantages sociaux et de conditions de travail des travailleurs aéroportuaires, affaiblit la reddition de comptes et la surveillance publique, et sape le contrôle public sur les infrastructures essentielles à un moment où les chaînes d’approvisionnement du Canada doivent être défendues.
« Les aéroports du Canada constituent des infrastructures publiques essentielles qui relient les collectivités, soutiennent les économies régionales et assurent la circulation des personnes et des marchandises, estime Tammy Moore, présidente du Conseil de l’aviation d’Unifor.
Le profit avant tout
« La vente d’actifs publics n’est pas la voie à suivre pour que le Canada aille de l’avant. Elle mettra des services vitaux entre les mains d’investisseuses et investisseurs dont le seul objectif est de maximiser les profits, poursuit-elle. Nous nous joignons à ce mouvement pour défendre la propriété publique, protéger les bons emplois et veiller à ce que les décisions concernant notre avenir commun soient prises par le plus grand nombre, et non par l’argent. »
Un rapport du Congrès du travail du Canada, dont nous parlions hier, abonde dans le même sens.
Unifor demande donc au gouvernement fédéral de protéger la propriété publique, de renforcer la reddition de comptes et de veiller à ce que les décisions touchant l’infrastructure de transport du Canada accordent la priorité aux travailleuses et travailleurs, aux passagères et passagers et aux collectivités plutôt qu’au profit privé.
Unifor attire depuis longtemps l’attention sur l’amélioration des conditions de travail dans les aéroports grâce à sa campagne en faveur d’une Charte sur les droits et libertés des travailleuses et travailleurs du transport aérien.