La NDC, de plus en plus utilisée chez les transporteurs aériens, sera lancée au milieu de l’année chez WestJet. On fait le point avec le transporteur.
WestJet n’est peut-être pas le premier transporteur à lancer son offre NDC (la « nouvelle capacité de distribution »). Mais observer ce qui a fonctionné — et ce qui n’a pas fonctionné — dans les déploiements des autres compagnies aériennes pourrait bien jouer en sa faveur.
Comme le dit Todd Lindey, directeur des ventes du transporteur, « le savoir, c’est le pouvoir ». Voir comment d’autres compagnies aériennes ont géré leurs débuts avec la norme NDC a donné un avantage à WestJet.
« Nous savons que beaucoup de concurrents sont déjà entièrement intégrés à la NDC, dit-il. Nous avons adopté une approche vraiment axée sur nos partenaires. Nous construisons ce système avec nos partenaires du secteur du voyage, pas pour eux ».

Todd Lindey, directeur des ventes chez WestJet
Cette approche consiste notamment à rejoindre les conseillers en voyage là où ils en sont. « Nous voulons faciliter le plus possible la transition pour les agents », dit Todd Lindey.
Le NDC de WestJet sera accessible via trois canaux :
• Connexion directe (Direct Connect) avec Accelya
• GDS (Sabre, Travelport et Amadeus)
• Une option agrégateur.
« Ce qui rend notre approche unique, c’est que nous arriverons sur le marché dans les trois verticales dès le premier jour, indique Todd Lindey. Nous ne cherchons pas à lancer quelque chose trop tôt. »
Incitatif NDC et surcharge DCR
WestJet a régulièrement tenu ses partenaires conseillers en voyage informés grâce à des mises à jour fréquentes en vue du lancement de cette année.
En février, les agents ont appris qu’une nouveauté arrivait avec la version 11.5 d’Accelya : l’échange involontaire automatisé. Les agents pourront effectuer un Reshop pour proposer des options alternatives en cas de modification d’horaire d’un client.
L’amélioration vise à aider les agents à gérer les perturbations plus efficacement, rationaliser le service et offrir une meilleure expérience aux clients, indique la compagnie aérienne.
Autres points clés sur la NDC
- Les tarifs proposés dans les canaux NDC seront alignés avec ceux de WestJet.com. Les agents auront accès aux meilleurs tarifs disponibles de WestJet et à des rabais exclusifs via la NDC;
- Des incitatifs concurrentiels seront offerts aux agents utilisant les API NDC Direct Connect et SPRK;
- Le forfait tarifaire le moins cher de WestJet sera disponible exclusivement dans les canaux NDC;
- Des tarifs modernisés seront proposés pour les services additionnels, comme les bagages enregistrés et la sélection de sièges à l’avance.

Jorge Rozo, vice-président directeur chargé des recettes et de la distribution chez WestJet et directeur commercial adjoint
Comme toujours avec la NDC, il y a la carotte et le bâton. Pour les agences, la carotte, ce sont les incitatifs favorisant les réservations NDC. Le bâton, c’est la distribution cost recovery (DCR), une surcharge que de nombreuses compagnies appliquent encore aux réservations traditionnelles.
« Nous nous sommes engagés à verser des incitatifs aux agences qui se connectent directement avec nous, et ils seront compétitifs », assure Jorge Rozo, vice-président principal, Revenus et distribution et chef adjoint de la direction commerciale de WestJet.
Quant au bâton, WestJet appliquera une surcharge aux méthodes de réservation traditionnelles afin d’encourager l’adoption de la norme NDC. « Nous essayons de trouver le bon équilibre, explique Jorge Rozo. Il y aura un coût, une surcharge pour les réservations non-NDC, sur nos classes les plus basses par cabine, entre 20 et 22 $ US. »
Faciliter les choses à long terme
La NDC — la norme de transmission de données de l’industrie aérienne menée par l’IATA, officiellement appelée New Distribution Capability — existe depuis plus de dix ans, mais son adoption continue de susciter des réticences chez de nombreux détaillants en voyages.
Introduit en 2012, et largement adopté à partir de 2015 par les plus grandes compagnies aériennes mondiales, la NDC est présentée par l’IATA et les transporteurs comme la voie de modernisation de la distribution aérienne.
En s’éloignant du standard EDIFACT, trop rigide, et du modèle uniforme de vente, alors que les tarifs se fragmentaient en de multiples catégories et que les services ancillaires devenaient une immense source de revenus, la NDC permet aux compagnies de personnaliser leurs offres tarifaires, d’intégrer les services additionnels et de les rendre faciles à réserver par les agents dans un format standardisé.
Au fil des années, les critiques des conseillers en voyage ont surtout porté sur la fragmentation du contenu, et sur la difficulté à gérer les modifications après réservation.
Un travail de longue haleine
Changer les systèmes internes et la manière dont une agence réserve l’aérien ne se fait ni facilement, ni du jour au lendemain.
Comme les compagnies aériennes paient les GDS par segment, elles ont tout intérêt à développer un système alternatif. Avec une logique « s’adapter ou disparaître », les GDS ont fini par adopter le contenu NDC.
Bonne nouvelle pour les agences qui ne voulaient pas renoncer à leurs contrats GDS. Sur le papier tout semble prêt, sauf que beaucoup d’agences disent que la NDC ne fonctionne tout simplement pas avec leur modèle de travail.
Todd Lindey connaît bien le problème. « Quand on parle de NDC avec les détaillants, leurs yeux commencent à tressaillir, dit-il. La NDC n’est pas une nouvelle technologie. Elle existe depuis plusieurs années. Nous avons construit une infrastructure pour soutenir nos partenaires. Ce n’est pas un abandon du GDS. En fait, les GDS ont fait un travail remarquable pour intégrer la NDC à leurs systèmes. Le standard EDIFACT est extrêmement rigide quant aux tarifs que nous pouvons mettre en marché. La NDC est une meilleure façon de fournir du contenu aérien à nos partenaires. Il s’agit de moderniser le produit. »
Concernant la difficulté majeure des agents à modifier une réservation après coup, Todd Lindey insiste. « Nous voulons que le dépannage des réservations problématiques soit facile à régler, et que les agents puissent offrir facilement un soutien après réservation. Les clients veulent changer ou ajouter quelque chose, ça arrive tout le temps. Oui, dès le premier jour, cette fonctionnalité a été une priorité. »

Rien ne sert de courir…
Jorge Rozo dit que le message de WestJet aux conseillers reste inchangé. « Nous construisons cette technologie avec eux. Nous ne l’imposons pas. Il n’y aura pas de surprises. Pour nous, la NDC est synonyme de valeur, pas seulement de coûts. Ce n’est pas une course et nous ne nous précipitons pas. »
Entre octobre et décembre 2025, plus de 1 000 cas d’essai ont été réalisés dans le cadre des tests de mise en marché. De plus, au lancement, WestJet indique que sa NDC offrira des capacités de service comparables à l’EDIFACT, notamment les échanges et remboursements automatisés (CAT 31/33) et True Reshop. Une liste complète des fonctionnalités est disponible ici.
Jorge Rozo est catégorique : la NDC de WestJet ne sera lancée que lorsque les trois options d’accès seront prêtes pour les agents.
« Nous n’obligeons personne à utiliser Direct Connect, dit-il. Nous ne lancerons rien tant que les trois options ne seront pas disponibles. Nous attendons que toutes les connexions GDS — Sabre, Travelport et Amadeus — soient prêtes. Si les agents veulent travailler avec leur GDS, ils doivent pouvoir le faire. Quand vous n’offrez pas ce choix, les partenaires refusent. Je ne voulais pas nous placer entre nos partenaires GDS et le réseau des conseillers. Bref, c’est le canal du choix des conseillers; c’est l’un de nos principes directeurs. »