Affaires mondiales Canada indique qu’il y a un peu moins de 19 000 Canadiens au Mexique en ce moment, dont près de 5 000 dans l’État de Jalisco.
Alors que des violences ont éclaté dimanche dans plusieurs régions du Mexique, de nombreux Canadiens ont dû se mettre à l’abri pour rester en sécurité, tandis que d’autres, comme Wendy Buelow, se sont retrouvés coincés après la fermeture des aéroports et l’annulation des vols.
Les autorités mexicaines ont averti les résidents que l’État de Jalisco, y compris la populaire destination touristique Puerto Vallarta, n’était pas sûr pour les déplacements après que le chef d’un important cartel de la drogue aurait été tué lors d’une opération gouvernementale.
Situation tendue
Wendy Buelow et son mari, Dave, devaient rentrer à Winnipeg dimanche matin. À la place, ils ont été séparés dans l’aéroport lorsque l’armée a fermé et sécurisé les lieux.
« Nous avons entendu des bruits qui auraient pu être des coups de feu, a raconté Mme Buelow. Nous avons plongé par-dessus le tapis à bagages et nous nous sommes cachés derrière, puis le personnel de l’aéroport nous a conduits dans un couloir… On était juste assis là à attendre. Tout le monde avait vraiment peur, des gens pleuraient, l’ambiance était très tendue. »
Wendy Buelow a expliqué que pendant qu’elle se cachait, son mari, qui avait déjà passé la sécurité, avait été poussé vers le tarmac et avait dû s’éloigner du bâtiment sur environ un demi-kilomètre. Peu après, le personnel de l’aéroport a fait venir des autobus pour ramener les passagers à l’intérieur.
Le couple a été réuni et sécurisé dans le bâtiment avec des militaires armés, mais ils n’avaient aucune idée du moment où ils pourraient partir, ni même vers où.
Affaires mondiales Canada a averti les personnes dans la région que des groupes criminels avaient érigé des barrages routiers avec des véhicules en feu dans tout l’État. L’agence indique qu’il y a un peu moins de 19 000 Canadiens au Mexique en ce moment, dont près de 5 000 dans l’État de Jalisco. Toutefois, elle précise que ces chiffres restent des estimations issues d’un registre volontaire des Canadiens à l’étranger.
Vols annulés et suspendus
WestJet, Air Canada, Flair Airlines, Air Transat et Porter Airlines ont tous annulé ou dérouté leurs vols à destination de la région.
Dans un communiqué, WestJet a indiqué avoir dérouté sept vols en route vers Puerto Vallarta et annulé 24 vols à destination et en provenance de la ville, ainsi que de Guadalajara et Manzanillo.
« Au fur et à mesure que la situation évolue, d’autres annulations pourraient s’avérer nécessaires pour assurer la sécurité de tous », indiquait le communiqué.
Des scènes déstabilisantes
La Canadienne Melanie Osmack se trouvait avec ses enfants dans un restaurant de la Zona Romantica de Puerto Vallarta dimanche matin, en train de regarder le match de hockey masculin pour la médaille d’or olympique lorsqu’elle a aperçu la fumée.
« C’était très visible, le ciel était très noir et on pouvait la sentir », a-t-elle raconté. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux semblent montrer d’épaisses colonnes de fumée noire s’élevant dans le ciel à divers endroits, provenant de véhicules incendiés.
C’est alors que des messages et alertes ont commencé à arriver dans le restaurant, demandant aux gens de retourner à leur hôtel ou résidence, et de s’y abriter.
« Certains n’ont même pas pu retourner là où ils logeaient parce que les routes étaient bloquées », a indiqué Mme Osmack. Affaires mondiales Canada a précisé que tous les services de taxi et de transport par application avaient été suspendus dans la région.
Melanie Osmack possède un condo en bord de mer où elle et sa famille se sont réfugiés en sécurité. Elle dit qu’ils visitent la région depuis Vancouver chaque année depuis près de 30 ans, et qu’ils n’ont jamais vécu quelque chose de semblable. « C’est très déstabilisant. »
David McNamara, un snowbird de la Colombie-Britannique, a qualifié la scène d’« étrange ». Il a expliqué que plus tôt dimanche matin, le ciel était rempli de panaches de fumée distincts alors que des voitures et des autobus étaient incendiés dans les rues, bloquant les intersections. La fumée s’est depuis dissipée pour ne laisser qu’une « brume ».
Des consignes à suivre
Les autorités locales n’ont donné aucune autre consigne que de rester sur place et de charger tous les appareils électroniques, a-t-il dit. Il se dit inquiet de ce qu’il adviendra si les confinements se poursuivent plus d’un jour ou deux.
« Les épiceries vont manquer de nourriture assez vite. Les complexes hôteliers aussi. Ils ont probablement trois ou quatre jours de denrées périssables, tous ces tout-inclus. »
Le gouvernement fédéral a déclaré qu’il y avait également eu des fusillades et des explosions, sans qu’on sache s’il y avait eu des blessés. Affaires mondiales Canada a conseillé aux Canadiens sur place de garder le profil bas, de rester abrités et de suivre les médias locaux et internationaux pour s’informer.
À l’origine du tumulte
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Pablo Lemus Navarro, gouverneur de Jalisco, a indiqué que les forces fédérales avaient mené dimanche matin un raid à Tapalpa, une ville située à environ 400 kilomètres à l’intérieur des terres de Puerto Vallarta.
Ce raid, a écrit Navarro, a conduit à des « affrontements » dans tout l’État. Le chef du cartel de Jalisco Nouvelle Génération, Nemesio Rubén Oseguera Cervantes, a été tué lors de ce raid.
Le département d’État des États-Unis avait offert une récompense pouvant aller jusqu’à 15 millions de dollars pour toute information menant à l’arrestation d’El Mencho. Le cartel de Jalisco Nouvelle Génération est l’une des organisations criminelles les plus puissantes et en plus forte croissance du Mexique.
Plus tôt ce mois-ci, l’Administration Trump a désigné ce cartel comme organisation terroriste étrangère.