À l’approche du congé de printemps, certains voyageurs réévaluent leurs projets de vacances au Mexique après l’éruption, le week-end dernier, de violences liées aux cartels dans certaines régions du pays.
Les violences de représailles dans une vingtaine d’États, déclenchées après la mort du plus puissant chef de cartel du pays dimanche, surviennent au moment où de nombreuses familles et étudiants finalisent leurs plans pour le congé de printemps, habituellement en mars ou en avril.
Les experts en sécurité et en risques liés aux voyages indiquent que les touristes s’inquiètent à juste titre, mais précisent que les dangers potentiels dépendent beaucoup de la destination, des moyens de transport et des activités prévues.
Voyager comporte toujours une part d’incertitude, « parce qu’il y a toujours quelque chose qui peut arriver », explique Michael Johnson, président d’Ensemble Travel.
Les États-Unis et le Canada ont levé les avis « abritez-vous sur place » qu’ils avaient brièvement émis pour certaines zones de l’ouest du Mexique, notamment les villes de Guadalajara et Puerto Vallarta, dans l’État de Jalisco, où était basé l’ancien baron de la drogue Oseguera Cervantes, mieux connu sous le nom de « El Mencho ».
Les deux pays recommandent maintenant aux voyageurs d’être vigilants, de suivre l’évolution de la situation locale et de consulter régulièrement les mises à jour avant et pendant le séjour.
Le U.S. State Department déconseille tout voyage dans six États mexicains et suggère de reconsidérer les visites dans sept autres, y compris le Jalisco. Affaires mondiales Canada demande ainsi à ses citoyens d’éviter tout voyage non essentiel dans 13 États ainsi qu’au parc national Lagunas de Zempoala, dans l’État de Morelos, tout en précisant que « la situation est désormais stabilisée ».
Ce qu’il faut prendre en compte
Il est important de comprendre où les risques sont les plus élevés et de connaître les options disponibles si la situation évolue rapidement, souligne Michael Johnson. Plutôt que de prendre une décision radicale d’un coup, les voyageurs devraient « procéder étape par étape ».
- Recommandations officielles :Les avis d’Affaires mondiales Canada et du US State Department permettent de connaître les niveaux de risque généraux. Les voyageurs devraient également suivre les nouvelles locales sur la situation des régions qu’ils prévoient visiter, dit Johnson.
- Destination :Le Mexique fait environ trois fois la taille du Texas. D’autres destinations touristiques populaires comme Cancún ou Tulum se trouvent à plus de 1 900 km du Jalisco, épicentre des récents événements. Rester dans les grandes zones touristiques et les complexes hôteliers peut simplifier les déplacements et réduire les mouvements une fois sur place.
- Flexibilité :Les voyageurs devraient vérifier les politiques d’annulation des compagnies aériennes, hôtels et tours organisés. Ceux qui disposent d’une assurance voyage doivent lire attentivement les exclusions et les couvertures réelles.
- Tolérance au risque :Pour les voyageurs anxieux, il peut être sage d’annuler. « Ne partez pas en vacances si vous n’êtes pas à l’aise, dit Michael Johnson. C’est une chose d’arriver sur place, mais c’en est une autre de passer son temps à se retourner dans son lit », affirme Johnson.
Scott Leaf et sa femme, deux Canadiens de Vancouver, prévoient un voyage au Mexique dans deux semaines pour célébrer son 60e anniversaire, avec des arrêts à Mexico, Cancún et plus au sud, à Akumal. Après avoir entendu parler des violences, Scott Leaf dit qu’ils n’ont vu aucune raison d’annuler ce voyage dans un pays où ils passent des vacances chaque année depuis trente ans.
Ils ne se rendent pas près du Jalisco, dit-il, et « nous ne nous sommes jamais sentis en danger dans une zone touristique en 33 ans ».
« Annuler un voyage à Cancún, c’est comme annuler un voyage à Disneyland Resort à cause de ce qui se passe au Minnesota », dit Scott Leaf, en référence à la récente répression en matière d’immigration menée par l’administration Trump, qui a entraîné deux mois et demi de manifestations, 4 000 arrestations et deux fusillades mortelles impliquant des agents de l’immigration.
Ce qu’on peut faire pour se préparer
Rich Davis, conseiller principal en sécurité chez International SOS, affirme qu’une bonne préparation peut faire la plus grande différence pour ceux qui décident de maintenir leur voyage.
- Prévoir une marge :Les voyageurs qui ont besoin de médicaments essentiels devraient en apporter plus que nécessaire, au cas où leur séjour se prolongerait malgré eux.
- S’enregistrer auprès de son gouvernement : Les Canadiens peuvent s’enregistrer sur le site d’Affaires mondiales Canada (quand le service sera redevenu opérationnel.)
- Consulter un conseiller en voyages : Même si le voyage est déjà réservé, un conseiller peut être utile – (NDLR : ça tombe sous l’évidence!)
Une fois sur place
Une fois arrivés, quelques habitudes simples peuvent aider les voyageurs à se déplacer avec plus d’assurance, selon les experts.
- Se déplacer en duo ou en groupe :Voyager avec au moins une autre personne peut faciliter les déplacements et améliorer le confort, tout en aidant à rester vigilant.
- Informer quelqu’un : Partager l’itinéraire et les plans quotidiens avec un proche, et donner des nouvelles régulièrement.
- Utiliser l’hôtel comme base : Organiser les transports directement avec le concierge de l’hôtel ou du complexe ajoute de la prévisibilité, surtout pour les transferts et excursions. Avant d’embarquer, confirmer le nom du chauffeur, les détails et la destination. Éviter les trajets proposés de manière spontanée.
- Connaître les numéros d’urgence : Tous les pays n’utilisent pas le 911, mais le Mexique, oui.