Une route principale du centre-ville de Dubaï, le 3 mars 2026. (AP Photo/ Fatima Shbair)

Air Canada augmente sa capacité sur l’Inde pour aider au rapatriement

Pendant ce temps, des voyageurs paient des sommes exorbitantes pour avoir un siège sur de rares vols nolisés qui demandent le gros prix.


Air Canada vient d’augmenter la capacité sur ses liaisons vers l’Inde pour aider davantage de Canadiens à rentrer au pays, alors que les premiers jours de la guerre au Moyen-Orient se prolongent.

Du 7 au 21 mars, Air Canada ajoutera une fréquence supplémentaire pour offrir un service Toronto–Delhi biquotidien. La compagnie utilisera également des appareils plus gros sur certains vols Toronto–Londres–Mumbai « afin de fournir des options d’acheminement », indique Air Canada.

Emirates a également publié une mise à jour de ses activités. La compagnie aérienne, qui dessert normalement Montréal (YYZ) et Toronto (YYZ) vers Dubaï, avait initialement suspendu tous ses vols réguliers à destination et en provenance de Dubaï jusqu’à 23 h 59 (heure des ÉAU) le 4 mars. Cette date est maintenant repoussée au 7 mars à 23 h 59, heure des ÉAU. Entre-temps, Emirates continue de faire voler un nombre limité de vols.

La dernière mise à jour d’Etihad Airways indique que ses vols commerciaux réguliers au départ d’Abou Dhabi demeurent suspendus au moins jusqu’à 6 h (heure des ÉAU) le 6 mars. Un nombre limité de vols de repositionnement et de rapatriement est opéré.

 

Évacuations et rapatriements

Tel que rapporté hier, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, a indiqué avoir demandé à Oman l’utilisation de son espace aérien « si nécessaire, pour permettre aux citoyens canadiens de quitter » le Moyen-Orient. Toutefois, le bureau de la ministre Anand exhorte les Canadiens à quitter la région par leurs propres moyens et qu’il n’existe pour l’instant aucun plan pour qu’Ottawa coordonne des évacuations.

Des pays comme la Chine, l’Italie, la France et l’Allemagne ont déjà entrepris d’organiser des opérations d’évacuation pour leurs citoyens.

 

Vols nolisés exorbitants

Des informations font état de personnes payant jusqu’à 200 000 euros (232 000 $US) pour des vols nolisés afin de quitter la région vers des aéroports européens.

Elie Hanna, PDG du siège Moyen-Orient d’Air Charter Service, affirme que la majorité des vols quittent la région depuis Oman. Les prix atteignent ces sommets, dit-il, parce que très peu d’avions nolsiés sont disponibles, la plupart étant immobilisés dans des aéroports désormais fermés.

La clientèle qu’il voit est composée autant de voyageurs habitués à affréter des jets privés que de personnes qui voyagent normalement sur des vols réguliers mais tentent de mutualiser leurs ressources avec d’autres voyageurs ou familles afin de partager les coûts.

« Tout le monde est stressé », explique Hanna. « Pour être sincère, tout le monde essaie de faire au mieux. L’aéroport de Mascate est saturé de vols et tout le monde est à cran. »

 

Coûts d’exploitation et prix des billets en hausse

Les vols prévus dans les prochains jours et semaines pourraient continuer d’être perturbés, créant des effets en cascade à l’échelle mondiale, surtout alors que la guerre s’étend avec des frappes de représailles dans les États du Golfe, qui abritent d’importants hubs aériens comme Dubaï.

Les transporteurs qui annulent leurs vols ou modifient leurs itinéraires pour de plus longs trajets voient leurs coûts d’exploitation grimper, tout comme les prix des billets, qui pourraient continuer d’augmenter si la guerre se prolonge et que renchérit le prix du carburant.

Il est normal, dans l’industrie, que les transporteurs paient des « frais de survol » lorsqu’ils volent dans l’espace aérien d’autres pays. Ces frais pourraient augmenter, explique Hassan Shahidi, président et chef de la direction de la Flight Safety Foundation. Et bien sûr, des vols plus longs nécessitent plus de carburant.

« Ces coûts seront répercutés sur les passagers », explique Bryan Terry, directeur général chez Alton Aviation Consultancy. Si le conflit perdure, dit-il, les voyageurs devraient « s’attendre à ce que certains transporteurs imposent probablement des surtaxes carburant » ou augmentent les frais existants.

Le coût de ces itinéraires rallongés, combiné à la hausse des prix du pétrole depuis le début des attaques américaines et israéliennes, pourrait encore davantage se répercuter sur les consommateurs dans les mois à venir. Le prix du pétrole brut est un élément clé pour le carburant d’aviation, lequel représentait environ 30 % des coûts d’exploitation des compagnies aériennes en 2024, selon l’IATA.

Avec des nouvelles de l’Associated Press.