Face aux crises à Cuba et au Mexique, et vu les impacts de Melissa en Jamaïque, de nouvelles options sont apparues sur le radar des voyageurs pour la Relâche.
De nombreux voyageurs canadiens ont opté pour des destinations alternatives pour la relâche de mars, cette année, selon ce que constatent des agents de voyages.
L’incertitude économique et politique ainsi que la suspension des vols à Cuba, la crainte de la violence au Mexique et les conséquences de l’ouragan Melissa en Jamaïque ont incité de nombreux voyageurs à modifier leurs plans de vacances, certains choisissant de découvrir de nouveaux pays et d’autres décidant de rester chez eux.
« Même si Cuba et le Mexique sont des destinations prisées des voyageurs canadiens, surtout pendant la relâche, nous observons un changement dans les comportements de voyage de nos clients cette année », indique John Wood, président de Durham Travel.
Par rapport à l’an dernier, l’agence assiste ainsi à une baisse de 86 % des réservations pour Cuba ce mois-ci, mais aussi une diminution de 15 % des réservations pour le Mexique.
La Floride et la République dominicaine « absorbent la majeure partie de la demande redirigée », alors que les réservations vers ces destinations ont augmenté respectivement de 163 % et 142 %, a-t-il précisé. « Les destinations européennes comme la Grèce et le Portugal apparaissent aussi comme de nouvelles alternatives », d’ajouter John Wood.
Moins de destinations, plus de dépenses
« Fait à noter : les clients dépensent davantage par réservation pour ces destinations de remplacement, ce qui augmente les revenus globaux malgré un nombre total de réservations en baisse », précise John Wood.
Nova Parker, conseillère principale en voyages chez Total Advantage Travel and Tours à Toronto, affirme qu’elle a reçu des appels de clients demandant si voyager au Mexique était sécuritaire, après les violences à Puerto Vallarta, mais que ces demandes ont cessé après une semaine.
« Cancún et la Riviera Maya restent très fréquentées, beaucoup de gens s’y rendent, et la majorité des gens, même s’ils avaient des inquiétudes, ont choisi de ne pas annuler », souligne-t-elle.
Elle ajoute que les voyageurs qui ont immédiatement réservé ailleurs après la suspension des vols pour Cuba par plusieurs grandes compagnies aériennes canadiennes le mois dernier ont obtenu de bons prix.
« Mais je pense que beaucoup n’ont tout simplement pas trouvé la bonne offre et ont dû réserver à des dates ultérieures, car c’est l’une des périodes les plus chères de l’année pour voyager », souligne-t-elle.
Chercher les aubaines ailleurs
Cuba, la République dominicaine, le Mexique et la Jamaïque demeurent les quatre options tout-inclus les plus abordables, rappelle Nova Parker. Mais les Canadiens ont commencé à chercher ailleurs des forfaits avantageux.
Nova Parker indique ainsi que le Costa Rica devient une option de premier plan et que certaines personnes se tournent vers des îles des Caraïbes comme Aruba, la Barbade, la Martinique et la Guadeloupe. L’intérêt pour le tourisme au Canada augmente également, dit-elle.
« Je pense que les gens sont un peu nerveux face à ce qui se passe dans le monde, mais au final, l’hiver a été tellement horrible ici que les gens veulent juste partir », dit-elle.
Même si la Jamaïque se remet encore des dégâts causés par l’ouragan, les prix attractifs offerts ont suscité beaucoup d’intérêt, selon l’agente de voyages.
Janet Radley, agente de voyages chez St. Clair Travel à Toronto, affirme que la Jamaïque a en grande partie rouvert et pourrait attirer des touristes canadiens dont les plans pour Cuba ont été annulés. Elle ajoute que certaines personnes se rendent toujours au Mexique, y compris à Puerto Vallarta.
« Le seul endroit qui pose vraiment un problème, c’est Cuba », dit-elle sans surprise. Selon elle, le manque d’options intéressantes et la hausse des prix pourraient pousser certains Canadiens à annuler leurs voyages internationaux cette année.
« Mais beaucoup de gens partiront quand même parce qu’ils veulent s’évader, non?, s’interroge-t-elle. L’hiver a été mauvais, il a fait froid, il a neigé beaucoup, donc les gens sont prêts à payer le prix. »