Le navire avait à son bord 150 passagers partis pour un séjour de trois semaines entre l’Argentine et les îles Canaries.
L’éclosion présumée d’une rare infection liée au hantavirus, à bord d’un navire de croisière dans l’océan Atlantique, a causé la mort de trois personnes et rendu au moins trois autres passagers malades.
Dans une déclaration à l’Associated Press, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a indiqué qu’une enquête était en cours, mais qu’au moins un cas de hantavirus avait été confirmé. L’une des personnes touchées se trouvait aux soins intensifs dans un hôpital sud-africain, a précisé l’agence de santé de l’ONU, ajoutant qu’elle collaborait avec les autorités pour évacuer deux autres personnes symptomatiques du navire.
La compagnie néerlandaise qui exploite le paquebot visé a expliqué que le navire se trouvait désormais au large du Cap-Vert, un archipel situé au large de la côte ouest de l’Afrique, et que les autorités locales apportaient leur aide mais n’avaient autorisé aucun débarquement. Elle a précisé que les deux personnes à bord nécessitant des soins médicaux urgents étaient des membres d’équipage.
Des infections surtout transmises par les rongeurs
Les hantavirus, présents partout dans le monde, forment une famille de virus transmis principalement par contact avec l’urine ou les excréments de rongeurs infectés, comme les rats et les souris.
Ils ont attiré l’attention après le décès de Betsy Arakawa, l’épouse de l’acteur Gene Hackman, à la suite d’une infection au hantavirus au Nouveau-Mexique l’an dernier.
L’acteur est décédé à son tour une semaine plus tard d’une maladie cardiaque.
Selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies, les hantavirus provoquent deux syndromes graves : le syndrome pulmonaire à hantavirus, qui touche sévèrement les poumons, et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, qui affecte gravement les reins.
Bien que rares, les infections peuvent se transmettre entre humains, a indiqué l’OMS. Il n’existe aucun traitement spécifique ni remède, mais une prise en charge médicale rapide augmente les chances de survie.
Une croisière de plusieurs semaines
Le ministère sud-africain de la Santé a indiqué que le navire, le MV Hondius, battant pavillon néerlandais, avait quitté l’Argentine il y a environ trois semaines pour une croisière comprenant des visites en Antarctique, aux îles Falkland et d’autres escales. Le navire d’Antarctica Cruises devait ensuite se diriger vers les îles Canaries, en Espagne, de l’autre côté de l’Atlantique.
La première victime est un homme de 70 ans décédé à bord et dont le corps a été débarqué à Sainte-Hélène, territoire britannique du sud de l’Atlantique, a indiqué le ministère dans un communiqué.
L’épouse de l’homme s’est effondrée dans un aéroport en Afrique du Sud alors qu’elle tentait de prendre un vol vers les Pays-Bas, son pays d’origine, a-t-il ajouté. Elle est décédée dans un hôpital voisin.
Le ministère a précisé que le patient placé aux soins intensifs dans un hôpital de Johannesburg était de nationalité britannique. Cette personne serait tombée malade près de l’île de l’Ascension, autre île isolée de l’Atlantique, après le départ du navire de Sainte-Hélène, et aurait été transférée en Afrique du Sud depuis cet endroit.
Environ 150 passagers à bord
Environ 150 croisiéristes se trouvaient à bord au moment de l’éclosion, a indiqué le ministère. Plusieurs voyagistes en ligne précisent que le Hondius, décrit comme un navire de croisière spécialisé dans les régions polaires, transporte habituellement environ 70 membres d’équipage.
Oceanwide Expeditions, la compagnie qui opère la croisière, a précisé que le corps de la troisième victime se trouvait toujours à bord du navire au Cap-Vert et que sa priorité était d’assurer des soins médicaux aux deux membres d’équipage malades.
« Les autorités sanitaires locales ont visité le navire pour évaluer l’état des deux personnes symptomatiques, a déclaré l’entreprise. Elles n’ont pas encore pris de décision concernant leur transfert vers des soins médicaux au Cap-Vert. »
L’OMS a indiqué qu’elle travaillait avec les autorités nationales et les exploitants du navire pour mener une « évaluation complète des risques pour la santé publique » et apporter un soutien aux personnes toujours à bord.
Parallèlement, l’Institut national sud-africain des maladies transmissibles menait une recherche des contacts dans la région de Johannesburg afin d’identifier d’autres personnes potentiellement exposées aux passagers infectés lors de leur passage en Afrique du Sud.
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Légende de l’image à la une: MV Hondius ©Ivan Ivanisevic/Oceanwide Expeditions