Le transporteur et le SCFP se sont entendus, mais à quoi doit-on s’attendre au cours des prochains jours?
Comme nous le rapportions plus tôt aujourd’hui, WestJet et le syndicat représentant ses quelque 4 400 agents de bord ont conclu une entente de principe, lundi de tôt matin, mettant ainsi fin au conflit de travail qui avait paralysé les vols de la compagnie partout au pays et laissé de nombreux voyageurs dans l’incertitude.
« Depuis 4 h 15 du matin, le 3 août, nous ne sommes plus en grève, car nous sommes parvenus à une entente de principe avec l’entreprise », a indiqué la composante WestJet du SCFP sur sa page Facebook.
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a indiqué dans un communiqué que cette entente sera soumise à ses membres pour un vote de ratification. D’ici là, le préavis de grève du syndicat et le préavis de lock-out de la compagnie sont retirés, et les agents de bord reprendront le travail.
« Cette entente de principe représente une avancée significative », indique Alia Hussain, présidente de la section locale 8125 du SCFP. Elle a ajouté que le projet d’entente reconnaît « davantage le travail que les membres du personnel de cabine doivent accomplir, tout en prévoyant des augmentations générales de rémunération pour ce travail ».
« Plus important encore, cette entente a été conclue grâce à la négociation collective à la table de négociation », a-t-elle souligné.
De la grève à l’entente
Les agents de bord avaient déclenché une grève tôt dimanche matin après l’échec des négociations en vue d’une nouvelle convention collective. WestJet avait alors immobilisé l’ensemble de ses vols pendant un long week-end estival très achalandé dans plusieurs régions du Canada.
Les négociations se poursuivaient à Calgary depuis janvier. WestJet et la composante WestJet du SCFP s’opposaient notamment sur les augmentations salariales et sur la revendication syndicale concernant le travail au sol non rémunéré.
Lundi, aucun échéancier n’avait encore été annoncé quant au retour à un horaire normal. Dans un communiqué distinct, WestJet a indiqué qu’elle communiquerait davantage de détails dès qu’ils seraient disponibles.
« Nous savons que cette interruption a été frustrante pour nos passagers et nos employés, et nous en sommes désolés, de dire le président-directeur général de WestJet, Alexis von Hoensbroech. Nos équipes travaillent sans relâche pour rétablir les services et permettre à nos clients de rejoindre leur destination le plus rapidement possible. Nous remercions tout le monde de sa patience pendant le retour à la normale. »
Pas de détails disponibles
Ni WestJet ni le SCFP n’ont divulgué les détails de l’entente de principe. « Les renseignements concernant l’échéancier de la ratification, les modalités du vote et la documentation d’appui seront communiqués par les canaux officiels du syndicat dès qu’ils seront disponibles, a fait savoir la composante WestJet du SCFP sur son site Web. D’autres mises à jour seront publiées à mesure que les préparatifs en vue de la ratification progresseront. »
De son côté, Alexis von Hoensbroech a indiqué qu’il reconnaît le professionnalisme et le travail des membres du personnel de cabine.
Lundi matin, tous les vols de WestJet au départ de l’aéroport Toronto Pearson demeuraient annulés, selon une publication de l’aéroport sur la plateforme X. Les voyageurs étaient invités à communiquer directement avec la compagnie aérienne.
La ministre fédérale de l’Emploi et des Familles, Patty Hajdu, a indiqué avoir rencontré WestJet et le SCFP tout au long des négociations.
« Le gouvernement fédéral et les Canadiens accueillent favorablement la nouvelle selon laquelle les parties sont parvenues à une entente à la table de négociation », a-t-elle écrit lundi matin sur X.
En prévision de la grève, WestJet permettait déjà aux passagers devant voyager entre le 30 juillet et le 4 août de modifier ou d’annuler leur réservation une seule fois sans frais. Les voyageurs dont le vol a été annulé en raison de la grève avaient également droit à un remboursement.
La compagnie exploite plus de 600 vols par jour et transporte parfois plus de 70 000 passagers quotidiennement. Selon plusieurs experts, même un arrêt de travail de courte durée aurait coûté des millions de dollars à WestJet en pleine haute saison estivale.
Le travail au sol au cœur du conflit
Le conflit survient moins d’un an après que la question du travail au sol non rémunéré eut provoqué une grève de 10 000 agents de bord d’Air Canada.
Dans ce dossier, Patty Hajdu avait demandé au Conseil canadien des relations industrielles d’ordonner un retour au travail quelques heures seulement après le déclenchement de la grève.
Le syndicat avait refusé d’obtempérer, obligeant Air Canada à revenir à la table des négociations, où une entente de principe avait finalement été conclue.
Cette décision a créé un précédent inédit qui a servi d’avertissement aux transporteurs aériens canadiens lors des négociations subséquentes.
Selon le gouvernement fédéral, les compagnies aériennes au Canada et ailleurs rémunèrent généralement les agents de bord en fonction des heures de vol ou d’un système de « crédits d’heures », auquel s’ajoutent habituellement certaines indemnités pour les tâches effectuées au sol.
WestJet affirme sur son site Web qu’elle applique déjà ce modèle de rémunération bonifié, basé sur des crédits couvrant l’ensemble de la journée de travail.
Le salaire chez WestJet varie de 28,88 $ à 53,61 $ par heure-crédit. À raison de 80 heures-crédits par mois, soit un emploi à temps plein, cela représente un revenu annuel variant d’environ 27 700 $ à 51 500 $.
Le précédent de Delta
Même si ce mode de rémunération demeure courant dans l’industrie, Delta Air Lines a ouvert la voie à des changements en 2022 en devenant le premier transporteur nord-américain à rémunérer explicitement le travail effectué au sol.
American Airlines et Alaska Airlines lui ont ensuite emboîté le pas en versant une rémunération correspondant à 50 % du taux horaire normal pendant l’embarquement.
En février dernier, les agents de bord d’Air Canada ont obtenu une rémunération pour le travail au sol qui atteindra progressivement 70 % de leur taux horaire pour l’heure précédant le décollage, soit la période d’embarquement.
Une enquête fédérale toujours en cours
Ottawa a lancé une enquête sur le travail non rémunéré dans le secteur aérien en août 2025, alors que les négociations entre Air Canada et le syndicat représentant ses agents de bord s’envenimaient.
Dans la première phase de son enquête, le gouvernement a indiqué qu’il n’avait pas été facile d’obtenir les données nécessaires pour analyser les revendications des travailleurs et qu’il n’avait pas constaté de non-respect généralisé des normes salariales fédérales dans l’ensemble du secteur.
Les enquêteurs ont toutefois relevé certaines préoccupations concernant les agents de bord à temps partiel et les nouveaux employés, qui feront l’objet d’un examen plus approfondi.
En mai, le principal syndicat canadien des agents de bord a accusé les compagnies aériennes de présenter au gouvernement des données trompeuses, alors que le débat se poursuit sur la définition même de ce qui constitue du « travail » dans l’aviation.
Dans une lettre, le dirigeant de la division aérienne du SCFP soutenait que les autoévaluations salariales remises aux autorités reposaient sur une définition trop restrictive et « trompeuse » du travail, afin de démontrer que les membres du personnel de cabine sont rémunérés équitablement.
Avec les informations de Profession Voyages.
L’entente de principe sera maintenant préparée en vue d’être présentée aux membres. Ceux-ci auront l’occasion de prendre connaissance des détails de l’entente proposée, d’assister à des séances d’information et de participer à un vote de ratification.
Le comité de négociation estime qu’il est important que les membres prennent le temps d’examiner attentivement l’ensemble de l’entente avant de voter. Les renseignements concernant l’échéancier de la ratification, les modalités du vote et la documentation d’appui seront communiqués par les canaux officiels du syndicat dès qu’ils seront disponibles.
La meilleure entente est celle qui reflète les priorités et la voix des membres. La foire aux questions (FAQ) ci-dessous a été mise à jour afin de fournir de l’information sur le processus de ratification et continuera d’être bonifiée à mesure que de nouveaux détails seront disponibles.
Le comité de négociation estime qu’il est important que les membres prennent le temps d’examiner attentivement l’ensemble de l’entente avant de voter. Les renseignements concernant l’échéancier de la ratification, les modalités du vote et la documentation d’appui seront communiqués par les canaux officiels du syndicat dès qu’ils seront disponibles.
D’autres mises à jour seront publiées à mesure que les préparatifs en vue de la ratification progresseront. Le comité de négociation demeure déterminé à fournir aux membres toute l’information nécessaire pour leur permettre de prendre une décision éclairée concernant cette entente de principe.