Les revenus accessoires des compagnies aériennes explosent

Générer 1 milliard $ US ou plus grâce à ces suppléments est devenu monnaie courante;  à elle seule, Air Canada en a tiré 2,78 G$ US de revenus, en 2025.


Bagages enregistrés. Sélection préalable des sièges. Wi-Fi à bord, repas et collations. Partenariats avec des programmes de fidélisation.

Tous ces services accessoires, auxquels s’y ajoutent bien d’autres, représentent des milliards de dollars de revenus pour les transporteurs du monde entier – au point où les revenus accessoires dépassent maintenant les revenus globaux des compagnies aériennes.

Les nouvelles statistiques du bilan annuel d’IdeaWorksCompany sur les revenus accessoires – officiellement intitulé 2026 SeatMaps.com Yearbook of Ancillary Revenue by IdeaWorksCompany – montrent que le total des revenus accessoires a augmenté de 13,4 % sur un an, comparativement à une hausse de 7,2 % des revenus totaux.

« C’est presque deux fois plus rapidement », souligne Jay Sorensen, président d’IdeaWorksCompany, qui compile les statistiques et l’analyse du rapport, publié cette année pour la 19e fois.

 

Toutes les catégories de revenus accessoires

Les transporteurs à bas coûts ont perfectionné l’art de facturer séparément une multitude de services, au cœur de leur modèle d’affaires. Il n’est donc pas surprenant que ces compagnies aériennes dominent le classement de l’Annuaire selon les revenus accessoires exprimés en pourcentage des revenus totaux.

À l’échelle mondiale, Frontier Airlines arrive ainsi en tête, les revenus accessoires représentant 60,2 % de ses revenus totaux.

Jay Sorensen répartit les revenus accessoires dans les catégories suivantes.

  • Services à la carte, qui peuvent comprendre les ventes de nourriture et de boissons à bord, les bagages enregistrés et les excédents de bagages, l’attribution des sièges ou la sélection de sièges offrant davantage d’espace, comme ceux situés près des sorties de secours, l’assistance des centres d’appels pour les réservations, les frais associés aux achats effectués par carte de crédit ou de débit, l’enregistrement et le contrôle de sécurité prioritaires, l’embarquement prioritaire, les systèmes de divertissement à bord et l’accès à Internet sans fil. « La liste continue de s’allonger », affirme Jay Sorensen.
  • Programmes de fidélisation, qui comprennent principalement la vente de milles ou de points à des partenaires du programme, comme les chaînes hôtelières et les entreprises de location de voitures, les cartes de crédit comarquées, les centres commerciaux en ligne, les détaillants et les services de communication. Les milles ou les points vendus directement aux membres du programme sont également inclus.
  • Produits donnant lieu à des commissions, c’est-à-dire les commissions perçues par les compagnies aériennes sur la vente d’hébergements, de locations de voitures et d’assurances voyage, ainsi que sur la vente à bord de produits hors taxes et de biens de consommation.
  • Publicité vendue par la compagnie aérienne, y compris toute initiative publicitaire liée au voyage des passagers, comme les revenus provenant d’un magazine à bord, des messages publicitaires diffusés dans les avions ou sur ceux-ci, dans les passerelles d’embarquement, les zones d’embarquement et les salons d’aéroport, ainsi que du placement payant de produits de consommation et d’échantillons.
  • Forfaits tarifaires ou forfaits de produits, certaines compagnies aériennes pouvant attribuer aux revenus accessoires une partie du prix associé à un forfait tarifaire ou à un forfait de produits.

 

Un milliard en revenus, désormais une pratique courante

Jay Sorensen souligne que générer un milliard de dollars de revenus accessoires est désormais courant. Quelque 30 compagnies aériennes ont généré au moins 1 milliard $ US de revenus accessoires en 2025, contre 27 en 2024.

« La croissance des revenus accessoires au cours des cinq dernières années a été alimentée par l’adoption, par les compagnies aériennes, des frais d’attribution des sièges et par le recours accru aux tarifs assortis de différentes options », explique-t-il.

« Les revenus accessoires ont fait preuve d’une remarquable résistance aussi bien dans les périodes fastes que difficiles. Ils se sont adaptés de façon fiable aux défis économiques, souvent plus efficacement que les tarifs passagers, ce qui en fait véritablement un miracle économique pour le secteur aérien. »

 

Air Canada, United, Delta… même combat

United Airlines arrive en tête pour ce qui est du total des revenus accessoires. En 2025, ceux-ci se sont élevés à 11,5 milliards $ US, une hausse de 9,3 % par rapport à 2024.

Qu’en est-il des transporteurs canadiens? La seule compagnie aérienne canadienne à figurer régulièrement dans l’Annuaire est Air Canada. Le transporteur n’est évidemment pas le seul au pays à vendre des suppléments et autres services accessoires; il s’agit plutôt d’une question de volume, mais aussi de disponibilité des données sur les revenus accessoires.

En 2025, selon les recherches menées pour l’Annuaire, Air Canada a généré 2,78 milliards $ US de revenus accessoires, soit 17 % de ses revenus totaux.

Voici quelques comparaisons avec d’autres transporteurs : Air France-KLM, 3,49 milliards $ US (10,9 %); Alaska Air Group, 3,2 milliards $ US (22,6 %); American Airlines, 9,6 milliards $ US (17,7 %); Delta, 10,8 milliards $ US (18,6 %); Lufthansa, 3,6 milliards $ US (10,2 %); Ryanair Group, 5,8 milliards $ US (32,1 %); Southwest, 7,8 milliards $ US (27,8 %); United, 11,5 milliards $ US (19,5 %).

Selon Jay Sorensen, Air Canada affiche le plus faible pourcentage de revenus accessoires par rapport à ses revenus totaux, parmi ses homologues nord-américains – Alaska Airlines, American Airlines, Delta, Southwest et United.

Air Canada dispose-t-elle encore d’une marge de croissance en matière de revenus accessoires? Ou la compagnie aérienne fait-elle preuve d’« une certaine retenue », comme le formule Jay Sorensen?

« Je sais qu’il pourrait être controversé de l’affirmer et que les consommateurs canadiens pourraient être en profond désaccord », affirme-t-il.

L’édition 2026 de l’Annuaire comprend 63 compagnies aériennes pour lesquelles les recherches d’IdeaWorksCompany ont permis d’identifier des données complètes ou partielles sur les revenus accessoires. L’édition 2026 compte 110 pages et peut être téléchargée gratuitement.