Un sondage révèle que peu de Canadiens savent que les avis consulaires d’Affaires mondiales Canada peuvent invalider leur assurance voyage.
La plupart des voyageurs canadiens ignorent que les avis aux voyageurs émis par Ottawa peuvent invalider leur assurance voyage, et ils connaissent mal l’aide que les ambassades canadiennes peuvent leur offrir à l’étranger, selon un nouveau sondage commandé par le ministère des Affaires étrangères.
« La connaissance des services consulaires existe, mais le niveau de familiarité est souvent décrit par les répondants comme faible ou partiel », indique un rapport remis à Affaires mondiales Canada en mars.
Le rapport révèle que peu de Canadiens recherchent de manière proactive des renseignements sur la sécurité ou la santé lorsqu’ils planifient un voyage.
Un sondage pancanadien
Le ministère a confié à la firme de recherche Strategic Counsel le mandat de sonder 1 850 Canadiens en janvier afin d’évaluer leurs connaissances des services consulaires ainsi que des avis et renseignements publiés par Ottawa pour aider les voyageurs à se préparer.
Le sondage a été réalisé en ligne et les résultats ont été pondérés en fonction des caractéristiques démographiques. Comme l’échantillon n’était pas probabiliste, aucune marge d’erreur ne peut être calculée.
Le rapport indique que seulement 28 % des répondants savaient qu’un changement du niveau de risque attribué par Ottawa à une destination dans ses avis aux voyageurs peut modifier la validité de leur assurance voyage, amenant les assureurs à refuser totalement ou partiellement certaines réclamations. À l’inverse, 56 % n’en étaient pas conscients et 16 % étaient incertains.
« Cette lacune est importante, car une mauvaise compréhension des conséquences sur l’assurance peut exposer les voyageurs à des risques financiers et de sécurité imprévus », souligne le rapport.
Fausses perceptions
Le document ajoute que de nombreux Canadiens entretiennent « des idées fausses concernant l’admissibilité aux services, l’aide financière et les limites de l’intervention gouvernementale à l’étranger ».
Par exemple, seulement le tiers des répondants savaient qu’Ottawa peut offrir une aide financière dans des situations d’urgence et exceptionnelles, notamment sous la forme d’un prêt pour financer une évacuation d’une zone dangereuse. Quelque 43 % des personnes interrogées ont indiqué ne pas connaître la réponse.
De même, 42 % des répondants ne savaient pas si Ottawa prend en charge les frais d’inhumation ou de rapatriement d’une dépouille au Canada; seulement 39 % ont correctement répondu que ce service n’est pas offert par le gouvernement fédéral.
Par ailleurs, si 52 % des répondants savaient que les ambassades canadiennes n’aident pas les citoyens à trouver un emploi à l’étranger, 36 % étaient incertains et 12 % croyaient, à tort, qu’il s’agit d’un service offert par Ottawa.
Des pouvoirs fédéraux surestimés
« Les données suggèrent que les Canadiens surestiment souvent le mandat du gouvernement, par exemple en croyant qu’il peut intervenir dans les systèmes judiciaires étrangers au-delà de ce qui est possible, ou, à l’inverse, sous-estiment le soutien disponible en ignorant l’existence de mécanismes d’aide ou de soutien financier », précise le rapport.
« En situation de crise, ces perceptions inexactes, qu’elles exagèrent ou minimisent les capacités du gouvernement, peuvent entraîner de la frustration, retarder la prise de contact avec les autorités ou amener les voyageurs à compter sur une aide qui n’est tout simplement pas offerte. »
Le rapport conclut que, même si les Canadiens sont réceptifs aux conseils aux voyageurs, peu consultent de façon proactive les renseignements publiés par Ottawa ou s’inscrivent aux mises à jour.
« Bien que les voyages soient courants, la consultation des avis et renseignements gouvernementaux sur les risques liés aux voyages ne fait pas encore partie des habitudes de préparation de nombreux Canadiens et ne figure pas parmi leurs réflexes », peut-on y lire.
S’inscrire avant de partir
Le gouvernement fédéral recommande à tous les Canadiens qui voyagent à l’étranger de s’inscrire au service Inscription des Canadiens à l’étranger, qui permet aux ambassades de transmettre des renseignements de sécurité par courriel ou par message texte.
Ces messages peuvent contenir des informations allant des consignes à suivre après un attentat terroriste en Europe aux meilleures façons d’échapper à des frappes de missiles au Liban, en passant par des conseils pour se protéger des violences de gangs au Mexique.
La vision élargie du gouvernement libéral fédéral quant aux personnes devant être aidées lors de crises à l’étranger pourrait également influencer la perception du public concernant les services offerts par les ambassades.
Lors d’évacuations d’urgence sous les gouvernements de Mark Carney et de Justin Trudeau, des ministres ont demandé à Affaires mondiales Canada d’aider non seulement les citoyens canadiens, mais aussi les résidents permanents et les proches des citoyens évacués.
Le rapport de sondage indique d’ailleurs que 38 % des répondants « croient que les résidents permanents sont admissibles à recevoir des services consulaires ».
L’influence de l’instabilité mondiale
En mai 2025, Affaires mondiales Canada avait averti la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, que la détérioration de la stabilité mondiale entraînait une forte augmentation du travail consulaire et que les Canadiens pourraient devoir payer davantage tout en s’attendant à recevoir moins de services.
Le cahier d’information remis à la ministre indiquait que de nombreux Canadiens s’attendent à ce que les ambassades évacuent les citoyens et leur famille lors de crises comme des guerres civiles en Afrique, des troubles au Moyen-Orient ou des catastrophes naturelles dans des endroits comme Hawaï.
En novembre 2025, Anita Anand avait toutefois affirmé devant un comité qu’elle était convaincue que les compressions budgétaires imposées à son ministère « n’auront aucune incidence sur les services dont les Canadiens dépendent lorsqu’ils se trouvent à l’étranger ».
Des responsables du ministère ont cependant indiqué qu’ils comptaient abolir certains postes liés à l’assistance consulaire en « modernisant » la prestation des services et en transférant les dossiers les moins complexes vers un portail en ligne.
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Légende de la photo : Un agent de sécurité portant un masque devant l’ambassade du Canada à Pékin, en Chine, le 6 août 2020. Crédit : AP Photo/Mark Schiefelbein, archives.