Grève chez Pascan : les agents de bord portent leur message aux Îles-de-la-Madeleine

Après 10 mois de grève, ce conflit de travail est maintenant le plus long dans l’histoire de l’aviation au Canada.


Les agentes de bord de Pascan Aviation, membres du SCFP 5490, étaient aujourd’hui aux Îles-de-la-Madeleine afin de sensibiliser la population à leur conflit de travail et aux préoccupations entourant le recours à du personnel de remplacement.

Les agents de bord ont tenu une conférence de presse à l’aéroport des Îles-de-la-Madeleine et se sont entretenus avec le député des Îles, M. Joël Arsenault, avant d’aller à la rencontre des Madelinots au cours de la journée. Ils souhaitaient notamment expliquer leur réalité après 303 jours de grève et rappeler le rôle essentiel du personnel de cabine en matière de sécurité à bord des avions.

 

Des inquiétudes pour le syndicat

Pour le syndicat, il est d’autant plus préoccupant de voir ce conflit s’étirer que le recours à du personnel de remplacement permet à l’employeur de poursuivre une grande partie de ses opérations et d’éviter de négocier pour arriver à un règlement.

« Tout porte à croire que ces personnes n’ont pas reçu la même formation que les agent(e)s de bord en matière de sécurité, une question sur laquelle devrait sérieusement se pencher le ministère fédéral du Transport », estime le SCFP.

« Nos membres se battent depuis près de dix mois pour obtenir une convention collective qui reconnaît pleinement la valeur de leur travail et de leur contribution, indique Jessé Vigneault, président du syndicat des agents de bord. Ils font toutefois face à un employeur intransigeant qui continue ses opérations en ayant recours à du personnel de remplacement. »

 

Un service crucial

Pascan joue un rôle particulièrement important dans la desserte aérienne des Îles-de-la-Madeleine, de la Gaspésie et de plusieurs communautés de l’est du Québec. Pour une communauté insulaire, un service aérien fiable constitue un lien essentiel avec le continent, notamment pour les personnes qui doivent se déplacer pour des rendez-vous médicaux.

« Partout au Canada, les agents de bord se mobilisent pour de meilleures conditions de travail, mais il n’y a que chez Pascan que les patrons agissent ainsi, estime Patrick Gloutney, président du SCFP-Québec. On n’accepterait jamais qu’une autre compagnie aérienne fasse durer un conflit de travail aussi longtemps ailleurs au pays. C’est un manque de respect non seulement envers les employés de la compagnie, mais aussi envers la clientèle des Îles. »

Les principaux enjeux de négociation touchent notamment les salaires, l’hébergement hors base, les affectations et la planification des équipages.