Selon la date à laquelle un billet WestJet a été acheté, la situation pourrait différer d’un client à l’autre, en cas de débrayage ou de lock-out au mois d’août.
Les Canadiens qui doivent voyager avec WestJet pendant le long week-end du mois d’août sont invités à vérifier attentivement leur couverture d’assurance voyage, car les polices souscrites après l’annonce d’une possible grève des agents de bord pourraient ne pas couvrir les perturbations découlant du conflit de travail.
Selon un reportage de CBC News, les assureurs voyage pourraient désormais considérer une éventuelle grève à compter du 2 août comme un « événement connu », ce qui signifie que certaines garanties liées à l’annulation ou à l’interruption de voyage pourraient ne plus s’appliquer aux nouvelles polices d’assurance.
Cette mise en garde survient après que les membres de la section locale 8125 du SCFP, qui représente les agents de bord de WestJet, aient voté à 99,4 % en faveur d’un mandat de grève. Le syndicat a indiqué qu’un débrayage pourrait débuter dès le long week-end du mois d’août si aucune nouvelle convention collective n’est conclue.
Une note transmise par Manuvie aux conseillers en voyages aurait précisé que les prestations « liées à cette éventuelle grève ne s’appliqueraient pas ».
Des nuances à saisir
Martin Firestone, président de l’entreprise torontoise Travel Secure, a expliqué à CBC que les polices achetées aujourd’hui continuent de protéger les voyageurs contre des événements couverts, comme une maladie ou un décès, selon les modalités de la police.
En revanche, les perturbations causées par une grève relèvent d’une tout autre situation. « Ce qui ne sera pas couvert, c’est le fait que vous n’ayez pas pu vous rendre à destination parce que les agents de bord de WestJet étaient en grève », a-t-il déclaré.
M. Firestone recommande également aux voyageurs de choisir une assurance qui protège l’ensemble de leur voyage, et non seulement le coût du billet d’avion.
Selon lui, les garanties d’annulation et d’interruption de voyage peuvent être particulièrement précieuses lorsque des croisières, des circuits ou d’autres prestations non remboursables ont été payés d’avance et risquent d’être manqués en raison d’un vol retardé ou annulé.
Vols déjà réservés
Pour les voyageurs qui détenaient déjà un billet de WestJet avant qu’on parle de grève, les experts rappellent que la compagnie aérienne demeure responsable de réacheminer les passagers ou de leur rembourser leur billet si un vol est annulé en raison d’un débrayage.
« Si vous avez déjà réservé un voyage avec WestJet, la compagnie a l’obligation de vous réacheminer ou de vous rembourser si elle n’est pas en mesure d’assurer le vol », a indiqué à CBC Nikola Bérubé, experte en voyages à l’Alberta Motor Association.
Elle souligne toutefois que les vols de remplacement pourraient ne pas correspondre à l’itinéraire initial ni aux heures de départ souhaitées par les voyageurs.
Mme Bérubé rappelle également que certains voyageurs souscrivent une assurance « annulation pour quelque raison que ce soit », laquelle peut parfois couvrir les situations liées à une grève. Toutefois, ces polices ne remboursent généralement qu’une partie des frais admissibles et doivent habituellement être achetées bien avant qu’une perturbation ne devienne prévisible.
Les négociations se poursuivent
Malgré le vote autorisant une grève, tant WestJet que le SCFP insistent sur le fait que les négociations se poursuivent.
Le président-directeur général de WestJet, Alexis von Hoensbroech, a rappelé qu’un vote de grève constitue une étape courante dans un processus de négociation collective et que « cela ne signifie pas qu’une grève aura lieu ».
Le SCFP a lui aussi réaffirmé que son objectif demeure la conclusion d’une entente négociée.
« La dernière chose que nous voulons faire, c’est déclencher une grève, d’expliquer Alia Hussain, présidente de la section locale 8125 du SCFP et agente de bord chez WestJet. C’est vraiment la toute dernière chose que nous souhaitons. »
À l’issue de la période obligatoire de conciliation, le syndicat devra transmettre un préavis de 72 heures avant le déclenchement d’une grève ou d’un lock-out. Ainsi, le plus tôt qu’un arrêt de travail pourrait survenir est le 2 août.