Les prix du carburant d’aviation baissent mais les tarifs aériens demeurent élevés

Fin juin, les tarifs aériens intérieurs en classe économique étaient 11 % plus élevés qu’un an plus tôt, alors que les transporteurs maintiennent des tarifs élevés malgré la demande.


Les Canadiens continuent de prendre l’avion cet été, même si les prix des billets restent bien au-dessus des niveaux de l’an dernier — et ce, malgré une récente baisse du coût du carburant.

À la fin juin, les tarifs aériens intérieurs en classe économique étaient encore 11 % plus élevés qu’un an auparavant, tandis que les tarifs internationaux étaient globalement comparables d’une année à l’autre, selon la plateforme de recherche de voyages Kayak.

Malgré cela, les grandes compagnies aériennes nord-américaines affirment que la demande en amont de la haute saison estivale s’est montrée résiliente, en dépit des conflits mondiaux et la baisse de l’intérêt des Canadiens pour les voyages vers les États-Unis.

 

Une croissance qui se vérifie

« Nous sommes en croissance depuis la majeure partie des deux derniers mois, dit Mark Galardo, chef des affaires commerciales d’Air Canada, en référence aux vols estivaux. Malgré plusieurs hausses de tarifs, nous n’avons pas observé de baisse de la demande. »

En mai, les volumes de voyages en Amérique du Nord sont restés stables, même si les chocs liés à l’énergie et au transport causés par la guerre en Iran secouaient l’économie mondiale, selon l’Association du transport aérien international (IATA). « La demande semble toujours largement résiliente face aux prix élevés du carburant et des billets d’avion », indique le directeur de l’IATA, Willie Walsh, dans un communiqué publié mardi.

La tendance est particulièrement vraie au Canada, où certains résidents font des sacrifices dans d’autres postes de dépenses pour pouvoir voyager.

 

Se serrer la ceinture… ailleurs

Environ 42 % des répondants canadiens à un sondage de la société de récompenses en argent Rakuten ont indiqué réduire leurs dépenses ailleurs tout en continuant à payer des billets d’avion plus chers.

« Malgré la hausse des coûts et la volatilité qui influencent la manière dont les gens dépensent, beaucoup font des compromis intentionnels ailleurs pour préserver les voyages, ce qui reflète un désir croissant de se reconnecter et de se ressourcer », constate la directrice générale de Rakuten, Jennifer LaForge, dans un communiqué.

 

À demande stable, prix élevés

Tant que la demande reste stable, les compagnies aériennes ont peu d’incitatifs à réduire leurs tarifs, même si les prix du carburant redescendent, explique Barry Choi, qui gère le site de finances personnelles et de voyages Money We Have.

« Je déteste le dire, mais une fois que les prix montent, les compagnies aériennes ont tendance à ne pas les faire redescendre », dit-il.

Un vol aller simple qu’il prévoit prendre de Los Cabos, au Mexique, vers Toronto, en décembre, est déjà affiché à environ 700 $, selon lui. « J’ai déjà volé vers l’Europe aller-retour pour moins cher que ça, dit-il. Il n’y a aucune raison pour que ce vol soit aussi cher en ce moment. Mais ils ont les algorithmes, ils ont les données. Ils savent exactement combien les gens sont prêts à payer et ce qu’ils vont acheter. »

À la fin de la semaine dernière, le prix du carburant d’aviation par baril était 24 % inférieur à celui d’un mois plus tôt, mais 30 % plus élevé qu’à la fin juin de l’an dernier, selon l’Association du transport aérien international.

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Légende de l’image principale : Un avion d’Air Canada décolle de l’aéroport Trudeau de Montréal le 13 septembre 2024 — Crédit : The Canadian Press / Christinne Muschi