New York tend la main aux Québécois

Une délégation du New York City Tourism + Conventions était de passage, cette semaine à Montréal, pour rappeler aux Québécois qu’ils sont plus que jamais les bienvenus.


Maintenant que Trump est trop occupé à tenter de débloquer/bloquer le détroit d’Ormuz, à parachever sa salle de bal anti-balles et à apposer sa tronche sur les passeports états-uniens, il a moins de temps pour nous bassiner avec une énième hausse de tarifs ou avec le 51e État du Gouverneur Carney.

Le momentum serait-il donc propice pour une reprise tranquille des voyages entre le Québec et New York, ville qui ne nous a finalement jamais rien fait (mis à part autoriser l’érection d’une tour Trump)?

Plusieurs le pensent, à commencer par Julie Coker, PDG de New York City Tourism + Conventions (NYCTC), qui était de passage à Montréal avec une délégation, mardi soir dernier.

 

Une première sortie à Montréal

Pour son premier séjour officiel à l’international, Mme Coker a choisi Montréal et son très cool hôtel Honeyrose, qui dresse sa superbe directement à côté du quartier des spectacles – un possible clin d’œil à une effervescence toute newyorkaise.

But de cette visite : renforcer les liens entre Big Apple et le Québec, mais aussi dévoiler toutes sortes de nouveautés culturelles, sportives, hôtelières et autres, le tout en la présence d’une trentaine de conseillers en voyages et divers acteurs de l’industrie et des médias.

Entre deux délicats canapés et une bouchée de fin fromage du Québec, Mme Coker a dévoilé plusieurs statistiques et données factuelles qui expliquent l’attrait historique qu’exerce New York chez nous, ainsi que les raisons qui militent en faveur d’un retour des Québécois de l’autre côté de la frontière, dont des nouveautés.

 

Quoi de neuf à New York?

En termes d’attractions, plusieurs nouveautés ont vu ou verront le jour sous peu dans la Grosse Pomme, et l’événement de mardi s’est avéré tout indiqué pour en parler. Il s’agit notamment

 

Une floppée de nouveaux hôtels

New York compte déjà 123 600 chambres, mais d’ici la fin de l’année, elle en comptera 2238 de plus, que ce soit au terme d’inaugurations, passées ou à venir, ou d’améliorations au sein d’établissements déjà existants. Celles-ci touchent principalement :

Dans un proche registre, New York a aussi récemment hérité de deux nouveaux espaces pour la tenue d’événements de toutes sortes :

  • le Summit Events, qui met en vedette le chef multiétoilé Daniel Boulud (un autre point commun avec Montréal)
  • le Javits Center.

 

Les participants à la tournée présents à Montréal

  • Empire State Building Observatory
  • Hotel Indigo Lower East Side
  • Hudson Yards Experiences
  • Mercer Labs Museum of Art & Technology
  • MoMA
  • New York Yankees
  • Rockefeller Center
  • The Westin New York at Times Square
  • Walker Hotels

 

6 questions à Julie Coker

Dans la foulée de l’événement de mardi dernier, nous avons pu nous entretenir brièvement avec Julie Coker à propos de l’état des lieux du tourisme à New York, de la relation entre les États-Unis et le Canada et des conseils qu’elle aimerait adresser aux agents de voyages québécois.

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Profession Voyages : Quel est le principal objectif de votre visite à Montréal cette semaine?

Julie Coker : Plusieurs raisons expliquent notre présence ici. Il est d’abord crucial pour nous de venir à votre rencontre afin de réaffirmer que votre marché est extrêmement important pour nous. Nous voulons rappeler aux Québécois et aux Canadiens que nous sommes ouverts aux affaires et que nous voulons qu’ils reviennent aux États-Unis en général, et à New York en particulier.

Le Canada est notre deuxième marché international, juste après le Royaume-Uni et avant la France. Il est donc essentiel pour nous : avant la pandémie, nous accueillions un peu moins d’un million de visiteurs canadiens. En 2024, ceux-ci ont aussi dépensé 1 milliard de dollars.

PV : Quel est votre bilan touristique des 12 derniers mois, de façon globale et par rapport au Canada?

JC : Entre 2024 et 2025, nous avons connu une baisse de 19 % de visiteurs canadiens, et nous avons aussi assisté à une diminution générale des arrivées internationales. Mais nous avons mieux encaissé le coup que d’autres destinations au pays, comme la Floride par exemple. Si nous tenons compte des marchés domestiques, les chiffres restent légèrement en dessous de la normale. L’an dernier, nous avons ainsi accueilli 65 millions de visiteurs en tout, dont 12,5 millions provenant de l’international. Les arrivées hors frotières restent toutefois en deçà des niveaux prépandémiques.

PV : Prévoyez-vous une reprise en 2026, et pourquoi?

JC : Oui, nos prévisions globales s’établissent à 66 millions de visiteurs cette année, dont 840 000 visiteurs canadiens, ce qui nous ramènerait au niveau d’avant la pandémie. Plusieurs facteurs nous permettent d’afficher cet optimisme.

D’abord, même si les fluctuations liées au taux de change persistent et que les voyageurs sont toujours en quête de séjours abordables, nous voulons rappeler que New York compte cinq boroughs qui offrent des itinéraires adaptés à tous les budgets. Les préoccupations liées aux coûts trouvent donc toujours des solutions, par exemple en séjournant dans le Bronx, le Queens ou Brooklyn au lieu de Manhattan.

Nous constatons aussi une stabilisation des vols en provenance du Canada. Même si Air Canada a suspendu ses liaisons sur JFK au départ de Montréal et Toronto pour l’été, il y a toujours 34 vols entre le Canada et les trois aéroports de New York, dont ceux de Porter Airlines, qui a entamé ses liaisons cette année depuis le Québec notamment.

Nous prévoyons également un regain du tourisme en lien avec la Coupe du monde, car à elle seule, New York accueillera huit matchs, dont ceux de la finale. Ceci devrait assurément stimuler les visites.

PV : Croyez-vous que les Québécois et les Canadiens vont garder leurs distances encore longtemps, en lien avec l’attitude de Trump?

JC : Je pense que le mois d’avril de cette année n’a rien à voir avec celui de l’année dernière, en ce qui a trait aux grands titres des journaux.

Pour notre part, notre message demeure le même : un voyage à New York représente toujours l’une des expériences les plus dynamiques qu’on puisse vivre dans les Amériques, avec une offre extrêmement variée.

Nous avons aussi élu un nouveau maire très sympathique et accueillant, qui envoie des messages très chaleureux à l’égard des touristes. C’est une personne authentique et accessible, qu’on peut croiser à vélo, dans le métro ou devant une popote roulante. Ça ajoute sans aucun doute à l’image d’ouverture de la ville.

PV : Quels conseils donneriez-vous aux agents de voyages québécois pour qu’ils incitent leurs clients à revenir à New York?

JC : Je leur dirais d’abord de faire appel à nous, de nous utiliser comme ressource. Notre équipe est disponible pour répondre à toutes les questions des conseillers et pour formuler des recommandations : nous sommes vraiment des experts sur le terrain.

Outre la grande variété d’itinéraires à différents niveaux de prix, il existe aussi de nombreuses activités gratuites que nous pouvons suggérer aux agents pour qu’ils en parlent à leurs clients.

Je dirais aussi aux agents d’encourager leurs clients à séjourner chez nous durant la basse saison, soit en janvier et en février, mais aussi en juillet et en août, quand les Newyorkais sont partis en vacances. Nous offrons alors quatre programmes phares avec des offres spéciales sur les restaurants, les spectacles de Broadway, les hôtels et les attractions. L’été, la Restaurant Week implique environ 800 établissements qui offrent chacun divers avantages, dont des rabais alléchants.

Certains partenaires proposent aussi des rabais ou des offres à valeur ajoutée pour des aspects précis du voyage. Nous facilitons les connexions avec les conseillers en voyages et pouvons les mettre en relation avec les bonnes ressources.

Enfin, je dirais aux conseillers que peu importe la période de l’année, un voyage à New York continue d’être une expérience marquante, que ce soit pour une première visite ou une cinquième, en groupe, en famille ou en couple. Les Canadiens tendent d’ailleurs à venir à New York en famille et à demeurer à l’hôtel, et ils font souvent appel aux conseillers en voyages.

PV : Comment les conseillers peuvent-ils parfaire leurs connaissances sur New York, pour mieux vendre la destination à leurs clients?

Nous avons mis sur pied la Travel Trade Academy, avec une formation disponible en français. C’est un ensemble de huit modules de 50 minutes chacun qui forment un cours en ligne autonome conçu pour aider les professionnels du tourisme à devenir des spécialistes de New York.

Les cinq premiers modules présentent jusqu’à 50 lieux incontournables dans chacun des cinq arrondissements de la ville et sont organisés par catégories, de la géographie aux options de transport en passant par les attractions, parcs, restaurants et hôtels. Les autres modules sont consacrés au sport et au luxe.

Par ailleurs, nous avons également lancé deux robots conversationnels alimentés par l’IA et destinés aux consommateurs et aux organisateurs de réunions, eux aussi disponibles en français.

Info : business.nyctourism.com/fr