Pénurie de carburant: des signaux d’alarme de plus en plus forts

Le secteur aérien est aux prises avec des inquiétudes liées à l’approvisionnement en carburant aviation, qui sont en train de se transformer en sérieuses préoccupations.


La décision de quatre aéroports italiens – Venise (VCE), Milan Linate (LIN), Trévise (TSF) et Bologne (BLQ) – d’imposer des restrictions sur le carburant d’aviation depuis le début du mois pourrait commencer à se répercuter dans d’autres aéroports européens, dans les semaines à venir, avec des conséquences importantes pour les voyages du printemps et de l’été, selon un expert aérien.

On le sait, le secteur aérien est aux prises avec des problèmes d’approvisionnement en carburant d’aviation alors que la guerre États-Unis–Israël avec l’Iran rend le détroit d’Ormuz, essentiel au transport régulier du pétrole, extrêmement instable.

Dans le Toronto Star, l’expert en aviation John Gradek indique que « certaines régions d’Europe de l’Ouest pourraient être à court de carburant plus tôt que prévu, dans les trois à quatre prochaines semaines ».

 

Partir… et peiner à revenir?

« Se rendre du Canada vers l’Europe ne posera pas problème, précise l’expert. Le problème pourrait surgir au moment de revenir d’Europe. Vous pourriez partir d’un aéroport soumis à des restrictions parce qu’on y rationne le carburant. »

Selon lui, « la situation est très évolutive et la boule de cristal est plutôt brouillée aujourd’hui. »

John Gradek s’est également entretenu avec CBC News au sujet des réductions de capacité chez les compagnies aériennes canadiennes et ailleurs.

Ces derniers jours, Air Canada a annoncé la suspension temporaire de plusieurs routes. WestJet a réduit sa capacité d’environ 1 % en avril, 3 % en mai et près de 6 % en juin, en consolidant des vols sur les routes à plus faible demande et en ajustant la période de voyage de certaines liaisons saisonnières. Air Transat a réduit de 6 % sa capacité prévue entre mai et octobre 2026. Pendant ce temps, Lufthansa Group supprimera 20 000 vols cet été.

« Ce n’est que le début pour les compagnies aériennes, qui cherchent vraiment à examiner les réservations estivales dont elles disposent, explique l’expert. De plus en plus de vols vont être scrutés à la loupe et pourraient être annulés en raison du coût élevé du carburant. »