Tout comme un cycliste devient plus prudent après une chute, les gens réalisent souvent l’importance d’être protégés seulement après qu’un problème survienne.
Ils réservent des aventures dans plusieurs villes, poursuivent des expériences figurant sur leur liste de rêves et utilisent des outils d’intelligence artificielle pour planifier chaque détail de leurs voyages. Pourtant, lorsqu’il s’agit de protéger ces investissements, de nombreux voyageurs des générations Z et Y continuent de partir sans assurance.
Dans l’une de nos récentes publications, des experts en assurance voyage se sont penchés sur les raisons pour lesquelles les jeunes voyageurs figurent parmi les Canadiens les moins susceptibles de souscrire une couverture.
Pas plus tard que ce matin, Milesopedia révélait par ailleurs que selon les résultats d’une enquête menée auprès de 150 personnes entre le 15 et le 30 juin, 81 % des répondants prévoient partir en vacances cet été, mais 46 % n’achètent jamais d’assurance voyage, contre 42 % qui le font systématiquement. En outre, 63 % des répondants considèrent les soins médicaux d’urgence comme la protection la plus importante.
Dans cette perspective, nous nous sommes entretenus avec Croix Bleue et Allianz Global Assistance Canada afin d’examiner de plus près les habitudes de voyage actuelles des jeunes voyageurs, les risques accrus associés à ces comportements et la façon dont les conseillers en voyages peuvent mieux présenter l’assurance à une génération soucieuse de maximiser chacune de ses expériences.
Voyager risqué
Selon Croix Bleue, plus de trois voyageurs sur cinq des générations Z et Y utilisent des outils numériques, y compris l’IA, pour planifier des voyages de plus en plus personnalisés, qu’il s’agisse du choix de la destination, du budget ou de la création de l’itinéraire. Par ailleurs, des données du secteur citées par Allianz Global Assistance Canada indiquent que près des deux tiers des milléniaux voyagent présentement sans assurance.
Les deux assureurs identifient la sensibilité aux coûts et la perception d’un faible niveau de risque comme les principales raisons expliquant cette faible adhésion. « Les jeunes voyageurs sont très attentifs à leur budget et cherchent à maximiser leurs dépenses de voyage, ce qui peut les amener à considérer l’assurance comme une dépense facile à éliminer », explique Tayjua Squire, gestionnaire des communications corporatives chez Allianz Global Assistance Canada.
De son côté, Croix Bleue souligne que, même si l’intérêt pour l’assurance voyage est en hausse chez les jeunes Canadiens, beaucoup continuent de sous-estimer les risques. « Malgré des taux d’achat inférieurs à ceux des générations plus âgées, les jeunes voyageurs manifestent un intérêt croissant pour l’assurance voyage, dit un porte-parole de Croix Bleue. Les Canadiens de la génération Z qui souscrivent une assurance affirment se sentir plus confiants lorsqu’ils partent en voyage. »
« Toutefois, comme de nombreux Canadiens perçoivent les coûts de voyage comme étant en hausse, l’assurance peut être vue comme une dépense facultative, particulièrement par ceux qui n’ont jamais été confrontés à des problèmes médicaux à l’étranger ou à des perturbations de voyage de dernière minute », de poursuivre Croix Bleue.
L’assureur ajoute que cette perception change souvent seulement après un incident. « Tout comme un cycliste devient plus prudent après une chute, les gens réalisent souvent l’importance d’être protégés seulement après qu’un problème survienne, alors que les assureurs cherchent à sensibiliser le public avant qu’il ne soit trop tard. »
Des habitudes de voyage qui augmentent l’exposition aux risques
Même si les jeunes voyageurs sont plus nombreux à faire l’impasse sur l’assurance, les deux assureurs estiment que leurs comportements rendent cette protection encore plus nécessaire.
Croix Bleue note que les générations Z et Y voyagent non seulement plus souvent, mais qu’elles planifient également des voyages plus complexes et axés sur les expériences, grâce à l’IA et aux plateformes numériques.
« Selon les sondages, plus de trois voyageurs sur cinq des générations Z et Y utilisent des outils d’IA pour planifier leurs voyages, explique Croix Bleue. Ils peuvent ainsi, plus que jamais, trouver des destinations correspondant parfaitement à leurs préférences, respecter leur budget et tirer le maximum de chaque expérience. »
Ces voyages personnalisés comportent souvent plusieurs destinations, des correspondances serrées et une plus grande exposition aux perturbations. Les voyageurs des générations Z et Y effectuent également « davantage de voyages internationaux, souvent avec des itinéraires complexes conçus pour respecter un budget, comprenant des correspondances plus serrées ou plusieurs réservations distinctes », précise Tayjua Squire.
« Ils privilégient aussi les voyages expérientiels et hors des sentiers battus, qui peuvent inclure des activités à plus haut risque ou des destinations offrant un accès limité aux soins de santé, poursuit l’experte. En même temps, ils continuent de voyager vers des destinations comme les États-Unis, où les coûts médicaux peuvent être considérablement plus élevés. »
Ces tendances rendent la protection pertinente non seulement pour le remboursement des dépenses, mais aussi pour l’assistance en cas de problème. « Qu’il s’agisse d’obtenir rapidement des soins médicaux d’urgence à l’étranger ou de recevoir une aide en temps réel dans une destination inconnue, l’assurance voyage permet aux voyageurs de se remettre plus rapidement d’un imprévu et de poursuivre leur séjour en toute confiance », ajoute-t-elle.
Repositionner la valeur de l’assurance
Pour les conseillers en voyages, les deux assureurs estiment que le défi ne consiste pas seulement à vendre de l’assurance, mais à en démontrer la valeur d’une manière qui trouve écho auprès des voyageurs axés sur les expériences.
« Pour les générations Z et Y, le message doit être concret, pertinent et centré sur l’expérience », affirme Mme Squire, qui recommande plusieurs approches. « Mettez l’accent sur la protection de l’expérience, dit-elle. Les jeunes voyageurs investissent dans des expériences significatives. Présentez l’assurance comme un moyen de protéger l’ensemble du voyage, et non seulement comme un outil de remboursement si quelque chose tourne mal. »
Elle suggère également de mettre en avant l’assistance offerte. « Cette génération valorise le service et l’immédiateté, de poursuivre Mme Squire. Soulignez l’accès à une assistance médicale et voyage 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, l’aide pour naviguer dans les systèmes de santé étrangers et le soutien en temps réel lors de perturbations. »
Enfin, expliquer les risques de manière concrète est particulièrement efficace auprès de cette clientèle. « Les exemples réels ont un fort impact, dit-elle. Des soins médicaux d’urgence à l’étranger peuvent coûter des milliers de dollars, voire beaucoup plus dans des destinations comme les États-Unis. De même, des perturbations imprévues peuvent entraîner des frais supplémentaires d’hébergement, de transport ou de modification de réservation. »
Pourquoi la couverture est plus importante que jamais
Les assureurs s’entendent pour dire que le besoin d’assurance voyage s’est accentué à mesure que les voyages internationaux deviennent plus imprévisibles et plus coûteux. « Voyager aujourd’hui est plus complexe, plus cher et moins prévisible qu’il y a seulement quelques années, ce qui augmente à la fois la probabilité et l’impact financier des perturbations », souligne Mme Squire.
Elle cite notamment la hausse des coûts et l’instabilité mondiale. « L’augmentation des coûts de voyage signifie que les voyageurs ont davantage à perdre, qu’il s’agisse de réservations non remboursables ou de dépenses plus élevées pour les vols et l’hébergement. Parallèlement, les incertitudes mondiales, comme les tensions géopolitiques et les changements dans les avis aux voyageurs, peuvent rapidement perturber les itinéraires. »
Les perturbations opérationnelles entraînent également des coûts imprévus. « Nous constatons aussi une augmentation des perturbations dans l’ensemble de l’écosystème du voyage, ce qui peut générer des dépenses imprévues liées aux retards, aux changements de réservation ou aux séjours prolongés, ajoute-t-elle. À cela s’ajoute le fait que les frais médicaux à l’étranger demeurent l’un des risques financiers les plus importants pour les voyageurs canadiens. »
Croix Bleue partage ce constat et souligne que la flexibilité est désormais essentielle dans la planification des voyages. « Dans un monde où les événements imprévus et l’instabilité géopolitique deviennent de plus en plus fréquents, particulièrement au cours des derniers mois, la flexibilité est devenue indispensable lorsqu’on planifie un voyage à l’avance », indique l’assureur.
En résumé
L’assurance voyage n’est plus seulement un filet de sécurité pour des situations exceptionnelles. Elle est devenue un outil pratique pour composer avec les réalités du voyage moderne.
Comme le résume Tayjua Squire, « pris dans leur ensemble, ces facteurs signifient que l’assurance voyage n’est plus simplement une protection contre des situations rares. C’est un outil concret qui aide les voyageurs à faire face à l’incertitude et à protéger leur investissement en toute confiance. »