Les coûts de carburant de Transat au troisième trimestre de 2026 ont augmenté de 105 M$ sur une base brute par rapport à l’an dernier, soit une hausse de 56 %.
Transat recevra 250 millions $ supplémentaires en financement d’urgence du gouvernement fédéral alors qu’elle doit composer avec les prix élevés du carburant, en plus des 150 millions $ qu’elle a déjà reçus, tel qu’annoncé hier.
L’annonce survient alors que Transat a dévoilé ce matin ses résultats du troisième trimestre de 2026.
Merci, Trump
Les coûts élevés du carburant ont constitué le principal facteur expliquant la perte de 106,6 millions $ enregistrée par Transat au troisième trimestre, comparativement à un bénéfice de 399,8 millions $ au troisième trimestre de 2025. À l’époque, la société avait comptabilisé un gain de 345,1 millions $ lié à sa dette à long terme.
Les revenus du trimestre se sont établis à 792,7 millions $, en hausse de 3 % par rapport aux 766,3 millions $ enregistrés un an plus tôt, malgré une baisse de 35 millions $ attribuable à la suspension limitée de vols vers Cuba. La hausse des revenus s’explique notamment par une augmentation de 6 % du trafic.
« Nos résultats du troisième trimestre ont été fortement touchés par la persistance des prix élevés du carburant, qui sont demeurés bien supérieurs aux prévisions et qui ont constitué le principal facteur expliquant la baisse de notre rentabilité », explique Annick Guérard, présidente et cheffe de la direction de Transat.
Rétablir la rentabilité
« Nous demeurons concentrés sur le rétablissement de la rentabilité de Transat, poursuit-elle. Nous continuons de prendre des mesures concrètes pour réduire les coûts et améliorer la productivité, tout en accordant une attention particulière à deux initiatives stratégiques majeures : le lancement de notre programme de fidélisation d’ici la fin de 2026 et la modernisation de nos cabines, qui permettra d’accroître considérablement notre offre Premium à compter du deuxième semestre de 2027. »
Dans l’ensemble du réseau, la capacité de Transat a augmenté de 6 % sur un an, tandis que la capacité transatlantique a progressé de 8 %.
L’entreprise continue de composer avec des problèmes persistants touchant les moteurs GTF2 de Pratt & Whitney. Ces difficultés pèsent toujours sur la gestion des revenus, tout comme les inefficacités découlant du redéploiement partiel de la capacité qui était initialement prévue pour Cuba.
Concurrence et contexte économique
Dans le cadre de la publication de ses résultats du troisième trimestre, Transat a également indiqué que la croissance de ses revenus avait été freinée « par une concurrence qui demeure intense et par le contexte économique plus large ».
Sur l’ensemble de ses marchés, Transat a affiché un coefficient de remplissage de 84,7 %, en légère baisse par rapport aux 85 % enregistrés un an plus tôt.
Jean-François Pruneau, chef de la direction financière, indique que les coûts de carburant ont augmenté de 105 millions $ sur une base brute au troisième trimestre par rapport à l’an dernier, ce qui reflète une hausse de 56 % des prix du carburant. L’impact cumulatif estimé depuis le début de la crise du carburant atteint ainsi environ 175 millions $.
Bien que les revenus aient progressé grâce à l’ajout de la capacité, les conditions concurrentielles du marché ont limité la capacité de Transat à refiler aux clients la hausse des coûts du carburant, ce qui s’est traduit par une baisse du coefficient de remplissage et du rendement, d’ajouter Annick Guérard.
Le soutien financier reçu dans le cadre du Fonds d’urgence pour les entreprises du Canada (FUEC) « procure des liquidités supplémentaires et une plus grande souplesse financière alors que nous traversons cette période difficile », conclut la présidente de Transat.