Mais nous sommes tous rassurés : le président assure qu’il aime les Canadiens français et que jamais l’idée lui est venue de s’immiscer dans leur réalité culturelle.
Après le Golfe du Mexique, voici encore un lieu géographique sur lequel Trump croit avoir de l’emprise pour le renommer à sa guise.
Mardi matin, le président états-unien a poursuivi sa guerre des mots contre le Canada, affirmant d’abord que les États-Unis « envisagent sérieusement » de rebaptiser le lac Ontario « lac de l’Amérique » (lake America), avant d’accuser le premier ministre Mark Carney de mentir.
Dans une publication sur les réseaux sociaux mardi, Trump affirme aussi que les États-Unis ne s’attendent pas à poursuivre leurs échanges commerciaux avec l’Ontario « encore bien longtemps ».
Le président a enchaîné avec une autre publication dans laquelle il affirme qu’il ne s’immiscerait jamais dans le fait que les Canadiens parlent français et qu’il n’a jamais tenté d’affaiblir les protections linguistiques dans le cadre des négociations commerciales. Il a qualifié Mark Carney de premier ministre faible et impopulaire.
Mentir comme un arracheur de dents
Selon plusieurs sondages, le taux d’approbation de Mark Carney s’est situé entre 50 % et 60 % au cours de l’été, tandis que celui de Donald Trump aux États-Unis oscille autour de 33 %, son plus bas niveau au cours de ses deux mandats à la présidence.
Un sondage Angus Reid réalisé au cours de la fin de semaine révèle par ailleurs un large appui à la décision du gouvernement canadien de se retirer des négociations commerciales selon les conditions proposées par les États-Unis.
Le sondage en ligne, auquel aucune marge d’erreur ne peut être attribuée, indique que 76 % des répondants canadiens, et 85 % des Québécois, estiment que le Canada a pris la bonne décision en se retirant des discussions.
Trump est revenu à la charge mardi. « Les États-Unis envisagent sérieusement de changer le nom du lac Ontario pour celui de lac de l’Amérique, puisque nous ne prévoyons plus faire beaucoup d’affaires avec l’Ontario », a-t-il écrit.
Un vrai francophile
Il a ensuite contesté l’affirmation de Mark Carney selon laquelle les États-Unis auraient voulu s’attaquer aux protections du français au Canada lors des récentes négociations commerciales.
« Je ne m’immiscerais jamais dans le fait que les Canadiens parlent français! », a écrit Trump, rejetant les accusations selon lesquelles son administration aurait cherché à porter atteinte à la langue et à la culture françaises dans le cadre des négociations commerciales.
Mark Carney a déclaré samedi que les négociateurs états-uniens avaient tenté d’obtenir des mesures qui auraient réduit la visibilité des contenus francophones en ligne. « Je n’ai jamais envisagé de faire une chose aussi stupide », a assuré Trump.
« Ce mensonge a été inventé par un premier ministre faible et inefficace dans le but d’obtenir un soutien politique qu’il a complètement perdu auprès des Québécois. J’aime les Canadiens français! »
Des demandes inacceptables
Au printemps dernier, le rapport annuel des États-Unis sur les préoccupations commerciales avec les autres pays faisait état du projet de loi 109 du Québec, qui oblige les plateformes de diffusion en continu en ligne à s’assurer que des contenus en français sont disponibles et mis de l’avant sur leurs sites.
Les dernières tirades de Trump surviennent après la suspension des négociations commerciales vendredi, le Canada ayant accusé les États-Unis d’avoir formulé, à la dernière minute, des demandes inacceptables relativement à une entente conclue quelques jours auparavant.
Les États-Unis ont imposé de nouveaux droits de douane au Canada samedi, tandis que le cabinet de Mark Carney doit annoncer mardi les mesures tarifaires de représailles du Canada.
Avec les informations et commentaires éditoriaux de Profession Voyages.
*****
Légende de la photo principale : Le président Donald Trump s’exprime lors d’un événement de rentrée scolaire dans la roseraie de la Maison-Blanche, le 24 août 2026, à Washington. — Crédit : AP Photo/Alex Brandon