• vendredi le 7 mai, 2021

Voici pourquoi sauver la saison des croisières en Alaska pourrait avoir de graves conséquences pour le Canada

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16 mars 2021- Les mesures temporaires ont tendance à devenir permanentes.

C’est dans cet esprit que l’ACTA se joint à la CLIA et à la Tourism Industry Association of British Columbia (TIABC) dans leurs efforts pour inciter le gouvernement fédéral à protéger l’avenir du programme de croisières en Alaska sur la côte ouest du Canada (Canada’s West Coast Alaska cruise program).

Lorsque l’interdiction des navires de croisière en vigueur au Canada a été prolongée jusqu’au 28 février 2022, un comité du Congrès américain a suggéré que les navires de croisière puissent naviguer dans les eaux canadiennes sans faire débarquer (ou embarquer) de passagers dans les ports canadiens.

Une autre solution possible, proposée début mars par deux sénateurs américains, pourrait exclure complètement le Canada de la saison des croisières en Alaska et potentiellement compromettre toutes les saisons de croisière à venir, selon l’ACTA.

Pourquoi un port étranger change la donne

Les navires non immatriculés aux États-Unis ne peuvent pas faire embarquer ni débarquer leurs passagers dans plus d’un port américain, à moins que l’itinéraire ne comprenne également un port étranger éloigné.

La plupart des compagnies de croisière américaines immatriculent leurs navires dans des ports non américains (comme au Panama) et sont donc soumises à cette règle.

Tout cela fait partie de la loi américaine sur les services des navires à passagers (Passenger Vessel Services Act, PVSA), souvent appelée Jones Act.

Pour les croisières dans les Caraïbes et la Méditerranée, avec de nombreux ports dans de nombreux pays, ce n’est pas un problème.

En revanche, les choses se compliquent pour les croisières en Alaska (et à Hawaï aussi, d’ailleurs). C’est à cause du Jones Act et du PVSA que les itinéraires de croisières à Hawaï sont souvent des croisières de repositionnement au départ de Sydney, d’Australie ou de Vancouver.

L’un des seuls grands navires de croisière américains immatriculés aux États-Unis est le NCL’s Pride of America, et peut effectuer des itinéraires hawaïens sans avoir besoin de passer par un port étranger. Ce navire est immatriculé à Honolulu.

Sauver la saison des croisières en Alaska pourrait poser problème pour le Canada

L’ACTA rapporte que deux sénateurs américains, Lisa Murkowski et Dan Sullivan, tous deux originaires d’Alaska, s’efforcent de sauver l’industrie des croisières en Alaska grâce à une nouvelle législation, l’Alaska Tourism Recovery Act.

Si elle est adoptée, cette loi permettra aux navires de croisière de se rendre en Alaska sans devoir faire escale au Canada.

La présidente de l’ACTA, Wendy Paradis, déclare que l’ACTA et le secteur des croisières considèrent que la santé et la sécurité des Canadiens sont primordiales. Alors que la vaccination se déploie au Canada et aux États-Unis, il faut absolument que le secteur des croisières reste indemne pour l’avenir et qu’il puisse envisager des départs plus tard en 2021.

La solution de contournement de la PVSA proposée par les sénateurs de l’Alaska pourrait avoir de graves répercussions sur l’avenir de l’industrie des croisières au Canada, dit-elle.

« Le risque que cette modification temporaire de la loi américaine devienne permanente nous inquiète beaucoup », a déclaré Wendy Paradis.

« En 2021, le gouvernement canadien devrait autoriser une escale opérationnelle ou “technique” à Victoria afin de se conformer au Jones Act et ainsi permettre aux croisières en Alaska basées à Seattle de faire une escale obligatoire au Canada. Cela permettrait de maintenir la continuité des activités portuaires et d’assurer une reprise plus rapide lorsque l’ordre d’interdiction des croisières sera levé. »

Des conséquences dévastatrices

Si les navires de croisière ne sont plus tenus de faire escale dans les ports canadiens, « cela pourrait avoir des conséquences dévastatrices à long terme sur l’économie de la Colombie-Britannique et l’industrie canadienne du voyage. »

En 2019, les répercussions économiques positives de la saison des croisières en Alaska pour la Colombie-Britannique  étaient de 2,72 milliards de dollars et de 17 384 emplois.

L’ACTA a récemment abordé le sujet de l’incidence de l’interdiction des croisières sur l’économie de la Colombie-Britannique avec le député Tako Van Popta, pour Langley (Aldergrove, en Colombie-Britannique). Le député Van Popta a soulevé ce point, ainsi que les risques engendrés par le contournement des États-Unis, en adressant certaines questions au ministre des Transports lors de la période de questions du 9 mars 2021 à la Chambre des communes.

Wendy Paradis souligne que toute modification de la loi américaine sur les services des navires à passagers (PVSA) pourrait aussi engendrer des répercussions importantes et négatives sur le marché des croisières de la côte Est et de l’Atlantique.

L’incidence économique globale pour le Canada (y compris l’industrie des croisières de l’Atlantique) est de 4,278 milliards de dollars (directe et indirecte).

« Cette incidence économique inclut également les pertes des agences de voyages et des agents de voyages. Cette problématique est importante et souligne bien la nécessité urgente pour les gouvernements de commencer à travailler avec ce secteur pour une reprise de l’activité qui protégera à la fois les emplois et l’infrastructure de l’industrie du voyage canadienne », a déclaré la présidente de l’ACTA.

Source : Kathryn Folliott pour le groupe Travelweek/Profession Voyages

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