20 ans de Porter : croissance future et plan quinquennal en cours

Le président de Porter Airlines, Kevin Jackson, ainsi que son vice-président principal et chef des affaires commerciales, Eddy Eldebs répondent à nos questions sur l’avenir de ce transporteur en plein essor.


Plus de croissance. Plus de fréquences. Plus d’avions. Alors que Porter Airlines célèbre ses 20 premières années d’existence, la compagnie aérienne se projette déjà jusqu’en 2031.

Son président, Kevin Jackson, nous confie que le plan quinquennal de Porter devrait accentuer encore davantage son expansion, déjà exponentielle.

Il peut sembler un peu prématuré de demander « quelle est la prochaine étape? » lors d’une fête célébrant deux décennies d’activité, mais M. Jackson s’est volontiers prêté à l’exercice.

« Nous avons un plan quinquennal, dit-il. Nous savons donc où nous voulons être à notre 25e anniversaire, et cela signifie beaucoup plus d’avions. Une flotte plus importante ouvre la porte à de nombreuses autres possibilités de croissance. Nous savons ce que nous voulons faire. »

Nous avons échangé avec Kevin Jackson tandis que des collègues, des amis et des partenaires de l’industrie faisaient la fête avec l’équipe de Porter au Radisson Blu, à quelques pas du siège social de la compagnie aérienne, situé à l’aéroport Billy Bishop.

Les célébrations se sont poursuivies à YTZ, avec la découpe d’un gâteau et des allocutions de Robert Deluce, fondateur et président exécutif de Porter, ainsi que de RJ Steenstra, de l’Administration portuaire de Toronto, et de Jennifer Quinn, de Nieuport Aviation. La liaison YTZ-YOW a été le tout premier trajet de Porter, inauguré le 23 octobre 2006.

L’est et l’ouest

Porter entend d’abord combler les lacunes de son réseau dans l’est du Canada. « À nos débuts, nous nous sommes implantés dans les grands marchés : Toronto, Ottawa et Montréal, explique Kevin Jackson. À cette étape de notre croissance, nous nous tournons maintenant vers les marchés secondaires de l’est du Canada, notamment Hamilton, London et MET à Montréal. »

Ces nouveaux marchés secondaires permettent à Porter de se faire connaître auprès « de collectivités que nous ne desservions pas auparavant, ajoute le dirigeant. Vous verrez une croissance importante dans ces collectivités à court terme. Elle sera certainement visible en 2027 ».

L’un des conseillers en voyages présents à la fête de la veille était venu de Winnipeg spécialement pour l’occasion. Les appareils E195-E2 et l’expansion du réseau à l’échelle du continent ont valu à Porter de nombreux adeptes dans l’Ouest canadien. La compagnie envisage-t-elle d’y établir des plateformes secondaires?

« Les gens nous demandent constamment quand nous arriverons dans l’Ouest, particulièrement nos clients, indique M. Jackson. Nous sommes très heureux d’avoir lancé cet hiver des vols directs entre certaines villes de l’Ouest canadien et des destinations situées plus au sud. Nous proposons ces liaisons au départ de Vancouver, Calgary et Edmonton. Mais je dirais que, pour les prochaines années, notre priorité demeure de densifier notre réseau dans l’est du Canada. »

Cela signifie notamment davantage de destinations au départ de London (YXU), de Hamilton (YHM) et de Saint-Hubert, à Montréal (YHU).

La concurrence est évidemment forte dans l’Ouest. Kevin Jackson ne se laisse toutefois pas intimider. « Nous continuerons à tester le marché de l’Ouest, dit-il Nous n’avons pas peur de l’Ouest ni de sa dynamique concurrentielle. Mais notre force se trouve dans l’Est, et nous continuerons à renforcer notre présence dans l’Ouest. »

 

Partenariats et fidélisation

Les partenariats joueront également un rôle clé dans le plan quinquennal. Le plus important de Porter est celui conclu avec Air Transat. Ce qui avait commencé par une entente de partage de codes s’est transformé en coentreprise en 2023.

« Nous continuons à élargir notre offre de vacances grâce à Air Transat, avec des vols assurés par Porter, poursuit Kevin Jackson. À mesure que nous étendrons notre réseau vers les destinations soleil, vous en verrez de plus en plus. »

Porter collabore également avec plus d’une douzaine d’autres compagnies aériennes.

« Prenez American Airlines, Alaska Airlines et British Airways, ajoute le dirigeant. Ces compagnies contribuent à accroître l’apport de passagers dans notre réseau, mais vous nous verrez aussi développer notre programme de fidélité dans ce domaine. »

Justement, l’an dernier, Porter a lancé sa carte de crédit VIPorter en partenariat avec BMO. Cette initiative a créé une plateforme.

« Dans cinq ans, nous voulons pouvoir regarder le programme VIPorter et constater qu’il est devenu un programme de fidélité voyage canadien permettant aux membres d’accumuler des points de multiples façons et de les échanger partout dans le monde, avance M. Jackson. Nous pouvons y parvenir grâce à nos partenaires, même si notre réseau se concentre sur l’Amérique du Nord. L’expansion de VIPorter constitue donc un autre axe de développement essentiel. »

 

Les enjeux du moment : le carburant et « Elbows Up »

Créer des occasions de croissance tout en composant avec la flambée des prix du carburant aviation et le mouvement « Elbows Up », qui encourage les Canadiens à privilégier leur pays face aux tensions commerciales avec les États-Unis : les compagnies aériennes canadiennes doivent jongler avec ces différents enjeux.

Comme ses concurrentes, Porter a réduit certaines capacités et ajusté son réseau. Sa surcharge temporaire de 40 $ US sur les vols réservés avec des points VIPorter est également toujours en vigueur, après une brève réduction à 20 $ US.

« Globalement, la capacité du secteur aérien entre le Canada et les États-Unis est en baisse par rapport à l’an dernier, mais la nôtre est en hausse, affirme Kevin Jackson. Nous continuons de croître parce que nous lançons de nouveaux marchés cette année. En 2026, nous avons inauguré des liaisons vers Boston et Nashville. Nous avons également commencé à développer notre offre entre Montréal et Boston. Nous continuons donc à pénétrer de nouveaux marchés. »

Après les répercussions immédiates du mouvement « Elbows Up » l’an dernier, les liaisons vers les États-Unis se portent beaucoup mieux cette année, ajoute-t-il, particulièrement dans l’Ouest américain.

« Nous constatons une forte demande dans la plupart de nos marchés transfrontaliers, la Floride et l’ouest des États-Unis étant de loin les secteurs les plus performants, dit le dirigeant. Nous ajouterons des fréquences l’été prochain et continuerons à étendre notre réseau aux États-Unis. »

Cela ne signifie pas que la demande globale pour les voyages entre le Canada et les États-Unis a retrouvé son niveau antérieur. « Mais nous comblons le vide laissé par nos concurrents, dit M. Jackson. Nous répondons à cette demande et nous croissons, et nous sommes très satisfaits des résultats obtenus dans tous ces marchés. »

 

Plus de destination soleil

Eddy Eldebs, vice-président principal et chef des affaires commerciales de Porter, nous explique que le mouvement « Elbows Up » et le ralentissement généralisé des voyages transfrontaliers avaient incité la compagnie à accélérer l’expansion de son réseau vers les destinations soleil.

« La situation aux États-Unis l’an dernier nous a certainement obligés à réagir rapidement, dit-il. Nous avons développé notre réseau vers le sud environ un an plus tôt que prévu, en raison de cette situation. »

Porter a reçu son premier appareil E195-E2 au début de 2023, ce qui lui a permis d’étendre son réseau non seulement vers l’Ouest, mais aussi vers le sud.

La compagnie aérienne dessert maintenant 33 destinations et exploite 131 liaisons dans toutes les provinces canadiennes, aux États-Unis ainsi que dans les destinations soleil du Mexique, des Caraïbes et de l’Amérique centrale.  Sa flotte en service compte actuellement quelque 56 appareils E2 et 29 turbopropulseurs De Havilland Dash 8-400.

Dans l’Ouest états-unien, les marchés les plus performants de Porter comprennent notamment Los Angeles, San Francisco, Las Vegas et Phoenix. Pour l’hiver qui approche, les nouvelles destinations soleil de la compagnie comprennent Aruba, le Costa Rica, Los Cabos et les Turks & Caicos.

« Nous avons annoncé cinq nouvelles liaisons l’hiver dernier, lors de notre première saison hivernale au Mexique, en Amérique latine et dans les Caraïbes, souligne Eddy Eldebs. Les résultats nous ont beaucoup satisfaits, au point que nous avons de nouveau élargi notre réseau cette année. »

L’expansion de Porter à l’aéroport international Pearson de Toronto a également constitué un important levier de croissance. « Pearson se porte très, très bien », assure Eddy Eldebs avec un sourire.

 

L’avenir des avions turboréactés à YTZ

Nous avons également interrogé Eddy Eldebs sur le débat entourant l’autorisation des avions à réaction à l’aéroport Billy Bishop de Toronto. Porter milite depuis longtemps en faveur de l’utilisation de ce type d’appareil à YTZ.

« Nous sommes toujours prêts si l’occasion se présente, dit-il. Nous sommes tout à fait favorables à l’exploitation d’avions à réaction depuis cet aéroport. Les appareils modernes de plus petite taille y seraient très bien adaptés. »

En 20 ans, Porter est passée de deux à 85 appareils. « Nous avons ajouté 131 liaisons, poursuit-il. Notre équipe est passée de 115 personnes en 2006 à plus de 4 413 aujourd’hui. »

« Aujourd’hui, nous sommes devenus la troisième compagnie aérienne en importance au Canada, alors que nous étions une petite compagnie régionale; à 20 autres années! », dit Eddy Eldebs en levant son verre.

 

De l’importance des conseillers

Près de la moitié des réservations de Porter proviennent des conseillers en voyages.

« Porter est très populaire auprès des voyageurs d’affaires, qui aiment réserver leurs déplacements par l’intermédiaire d’agences de voyages, explique Kevin Jackson. Les agences jouent donc un rôle très important auprès de ce segment de clientèle, qui représente une part appréciable de notre clientèle. »

Il ajoute que les agences sont également essentielles pour faire connaître la compagnie dans les marchés où elle vient de s’implanter.

« Lorsque nous lançons autant de nouvelles liaisons et pénétrons de nouveaux marchés, les agences de voyages jouent un rôle déterminant pour informer les voyageurs que Porter est une option, même dans les marchés où ils ne nous connaissent pas encore. »

Selon lui, les conseillers comprennent ce qui distingue Porter de ses concurrentes.

« Les agences de voyages sont excellentes à cet égard, dit-il. Lorsqu’elles proposent Porter dans un marché où les consommateurs ne nous connaissent pas nécessairement, les conseillers leur expliquent qui nous sommes, ce que nous représentons et quel service nous offrons. Ils jouent un rôle essentiel dans la commercialisation de notre produit. Nous accordons donc une très grande valeur aux conseillers en voyages. »