600 vols de WestJet annulés; l’AITC presse Ottawa d’intervenir

L’AITC demande au fédéral « d’agir immédiatement » pour mettre fin au conflit de travail qui a déjà entraîné plus de 600 annulations de vols chez WestJet. 


Alors que ses 4 400 agents de bord sont en grève, WestJet a mis à jour le nombre total de vols annulés.

La liste comprend désormais 600 vols annulés, répartis comme suit :

  • Dimanche 2 août à 3 h (HAR) : 291 annulations
  • Samedi 1er août à 23 h (HAR) : 33 annulations
  • Samedi 1er août à 15 h (HAR) : 78 annulations
  • Samedi 1er août à 11 h (HAR) : 86 annulations
  • Samedi 1er août à 9 h (HAR) : 32 annulations
  • Vendredi 31 juillet à 21 h (HAR) : 80 annulations

De plus, la société d’analyse du secteur aérien Cirium indique que WestJet a également annulé 119 vols prévus pour demain, lundi 3 août, ainsi que trois vols jusqu’à présent pour le mardi 4 août. Ces statistiques ne comprennent pas les vols de WestJet Encore, qui ne sont pas touchés par la grève des agents de bord.

 

Réaction de la ministre de l’Emploi

La ministre de l’Emploi, Patty Hajdu, n’a pas indiqué si le gouvernement fédéral entendait intervenir. Dans une publication diffusée ce matin sur Facebook, elle a écrit que « Au cours des deux derniers jours, j’ai été sur le terrain à Calgary avec WestJet et le SCFP alors qu’ils poursuivaient leurs négociations en vue du renouvellement de leur convention collective. J’ai également rencontré séparément les deux parties tout au long du processus. »

« Nos principaux médiateurs travaillent sans relâche avec le SCFP et WestJet et demeurent disponibles pour les aider à conclure une entente le plus rapidement possible », poursuit-elle.

« À compter de 0 h 01 (HAR), les deux parties n’étaient pas parvenues à une entente et ont amorcé leurs moyens de pression, soit la grève et le lock-out, ajoute la ministre. Il s’agit d’un développement décevant. Une grève ou un lock-out ne signifie pas qu’une entente ne peut pas être conclue; les deux parties peuvent et doivent parvenir à une entente à la table de négociation. »

« Le gouvernement fédéral continuera de soutenir que les meilleures ententes sont celles conclues à la table de négociation, assure la ministre. Les Canadiens comptent sur les deux parties pour déployer tous les efforts nécessaires afin d’en arriver à une entente. »

 

L’AITC exhorte Ottawa à intervenir

Pendant ce temps, l’Association de l’industrie touristique du Canada (AITC) demande au gouvernement fédéral d’intervenir immédiatement afin de mettre fin au conflit de travail et de rétablir le service aérien.

Selon l’association, cette interruption, qui survient moins d’un an après le conflit de travail chez Air Canada, fait peser des risques importants sur les voyageurs, les collectivités, l’industrie touristique canadienne de 140 milliards de dollars ainsi que sur la réputation du Canada comme destination fiable.

Dans une lettre adressée à la ministre Hajdu, le président-directeur général de l’AITC, Sébastien Benedict, affirme que l’association « exhorte le gouvernement fédéral à agir immédiatement » pour favoriser un règlement du conflit.

« L’AITC respecte le droit à la négociation collective et appuie les parties dans leurs efforts pour conclure une entente équitable. Toutefois, la grève est maintenant en cours, les activités de WestJet sont interrompues et les conséquences pour les voyageurs, les entreprises, les travailleurs et les collectivités sont déjà graves », estime M. Benedict.

Tout en rappelant les perturbations causées l’été dernier par la grève des agents de bord d’Air Canada, il ajoute que « le Canada ne peut pas continuer à subir des interruptions répétées touchant ses plus grandes compagnies aériennes. »

« Le gouvernement fédéral doit agir de toute urgence et utiliser tous les outils à sa disposition pour rapprocher les parties, rétablir le service aérien et assurer un règlement équitable dans les meilleurs délais. Les enjeux sont trop importants, et les dommages économiques et réputationnels ne feront que s’aggraver tant que cette situation perdurera. »

 

Les leçons d’Air Canada

Lors de la grève d’Air Canada l’été dernier, le gouvernement fédéral avait invoqué l’article 107 du Code canadien du travail, afin de favoriser un retour au travail et de soumettre le différend à un arbitrage exécutoire.

Le syndicat avait d’abord refusé de se conformer à l’ordonnance de retour au travail, avant qu’une entente ne soit finalement conclue.